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Tout était fin prêt pour occire le Directeur général de la CNSS. Le moyen choisi, le poison. Ainsi, cet empêcheur de tourner en rond allait déblayer enfin le plancher, et laisser la place à ceux qui veulent dépecer la Caisse dans la paix. Antoine D'Angouali Yalanzèle, tout le monde le sait, a un franc-parler. Il n'aime pas biaiser quand il s'agit de dire les choses. Certes, l'homme a des défauts. Mais aussi des qualités. Qui n'en a pas ? Mais il faut reconnaître que depuis son arrivée à la tête de la CNSS, bien des choses ont changé. Dans le bon sens pour certains, et dans le mauvais sens pour d'autres. Qu'importe, si la majorité s'accorde à reconnaître qu'il a impulsé une autre dynamique, en dépit de sa méthode de travail blâmable qui veut que ses collaborateurs travaillent tard et qu'il confonde ses charges politiques avec les fonctions qu'il occupe en ce moment. L'anti-chambre de son bureau est souvent assiégée par des camarades du parti, au point que ses collaborateurs sont contraints d'attendre des heures entières avant d'être reçus. D'où la nécessité pour ce néo pédégiste d'élaborer un calendrier de travail pointu, et d'aménager des jours spécifiques réservés aux questions de clientélisme politique, à la famille et aux amis... Tout le monde a suivi le déclenchement de la grève à l'hôpital pédiatrique d'Owendo. Les grévistes réclament des moyens de transport adéquats et des meilleures conditions de travail. Tout le monde a vu le Directeur Général de la Fondation des Hôpitaux se rendre à Owendo remettre deux bus au personnel, apaiser ses inquiétudes et réanimer ses espérances. Tout le priant de faire confiance aux autorités gabonaises qui ne vont pas les laisser tomber, d'autant que d'autres matériels allaient arriver. Tout le monde a entendu comment madame Nsiama-Ontsia qui dirige une aile du SYNA CNSS, s'est répandue dans les médias après ce geste, affirmant que ces bus étaient de seconde main. Tout le monde a entendu cette même dame déclarer que le Directeur Général de la CNSS a mis les bureaux sous scellé et refusé de les recevoir. Tout le monde a vu comment les autres hôpitaux ont pris le relais des grévistes d'Owendo. En recevant le SYNA CNSS, l'aile que dirige la présidente provisoire Viviane Maganga, M. Yalanzèle a apporté un démenti formel quant au gel des salaires des personnels des hôpitaux par lui. Il a donné des assurances pour ce qui est de la préservation des emplois de ces personnels. Le Premier ministre a même reçu le ministre de tutelle en compagnie du DG de la CNSS. On ignore ce qui s'est dit là-bas. Mais étant donné que Yalanzèle gêne, ceux qui savent pourquoi il constitue un obstacle ont décidé de le trucider. Au moyen d'un poison. Les exécuteurs étaient tapis dans son secrétariat. L'un d'eux qui a toujours servi d'interface a reçu des consignes fermes. Il devait verser le poison dans la tasse de thé que Yalanzèle boit avec une voracité à nulle autre pareille chaque jour. Il ne s'en passe jamais. Ce thé semble le doper. Et c'est par ce canal qu'ils ont voulu mettre fin à ses jours. Méthode barbare et lâche pour se débarrasser d'un adversaire qui argumente pour convaincre et s'appuie sur les textes. Mais qui doit savoir que ses jours sont comptés à la Caisse. D'où, à certains moments, il doit mettre du bémol dans ses agissements, et se montrer des fois modeste. Dieu n'a pas voulu que le projet apocalyptique se réalise. Le chargé de mission a été démasqué, selon nos sources. Reste à savoir ce que Yalanzèle va en faire. Reste à savoir si, après avoir échappé à cet empoisonnement, il va encore s'abreuver de thé chaque jour. Qu'il sache que l'assassin revient toujours sur le lieu du crime. Avec d'autres méthodes... La Démocratie N°7
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