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La Fondation est mise en place. Ses responsables connus. Leurs salaires fixés. Mais l'allumage piétine. Les contacts encourageants établis depuis pour trouver l'argent sont infructueux. Que faire pour sauver les meubles ? Le camarade ministre de la Solidarité Nationale a une maxime débordante : il est là pour faire l'histoire et non la subir. Dans ce sens, ce ministre ne veut jamais passer inaperçu. Spécialiste des plans d'urgence, il sait inventer parfois dans le sens négatif. Juste pour faire l?histoire. Quelque temps après sa prise de fonction, il se rend compte que les hôpitaux de la CNSS sont mal gérés et sont déficitaires. Le ministre met en place un comité de pilotage dirigé par un fossile de la Caisse, le Cardinal Eugène Révangué. Ce comité travaille nuit et jour. Au bout du labeur, la naissance de la Fondation des Hôpitaux. Il faut absolument séparer ces derniers de la Caisse. Le ministre plaide ce dossier en conseil des ministres et séduit ses collègues. Puis, un décret est pris le 14 février 2004, scindant ces hôpitaux de la Caisse, et nommant les deux directeurs généraux de ces entités désormais distinctes. Le ministre a juré, la main sur le c?ur, qu'il trouvera les fonds nécessaires au fonctionnement de la Fondation. « (...) La CNSS ne serait pas sollicitée pour financer la rémunération de l'opérateur », écrit-il le 13 janvier 2004. En mettant en place cette Fondation, le ministre d'Etat, ministre des Finances, n'a pas été sollicité pour donner son avis. La CNSS, on le sait, vit grâce aux cotisations des salariés du secteur privé. Or, la situation économique est morose et plusieurs entreprises ne versent pas les cotisations de leurs employés. Les arriérés à recouvrer par la CNSS se chiffrent en centaines de milliards de FCFA. La Caisse étant l'affaire des salariés, on ne comprend donc pas pourquoi c'est à partir de leurs cotisations que l'on doit payer les salaires des responsables de la Fondation des hôpitaux, les frais liés à son fonctionnement, et la prise en charge du contrat de gestion de Vadem ! Les cotisants de la CNSS savent-ils qu'avec leur argent, sur injonction du ministre de tutelle, la Caisse a déjà payé depuis un an, la somme de 13 milliards de frais de personnel et 525 millions de frais de fonctionnement et d'administration pour les hôpitaux ? Savent-ils que pour le compte de la Fondation, la Caisse paye depuis un an, 250 millions de charges salariales, 425 millions de frais de fonctionnement et d'administration, et 2 milliards de contrat de gestion de l'opérateur VADEM HOSPITALLI, dont 300 millions non budgétisés ont été déjà versés à la demande de la tutelle ? A cause de toutes ces pesanteurs extérieures, la Caisse a dû commettre un péché diplomatique grave en suspendant le paiement des pensions aux retraités français et à d'autres expatriés jusqu'au 1er trimestre 2005. Fort heureusement, le découvert de 1,4 milliards de FCFA obtenu par la CNSS grâce aux banquiers de la place, est venu corriger ce manquement criard. A la lumière de tout ce qui précède, le ministre de tutelle est coincé. Pour n'avoir pas dit la vérité sur son vital projet, il met à mal le compte de gestion de la CNSS, contrainte de financer le fonctionnement des hôpitaux, les salaires des personnels, ainsi que la Fondation des hôpitaux. L'heure de la séparation entre la CNSS et la Fondation a pourtant sonné. Qu'attend le ministre de tutelle pour trouver les fonds, afin de libérer la Caisse ? Et qu'en pensent les cotisants, dont l'argent est utilisé à d'autres fins ? (A suivre)... La Démocratie N°7 Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire. SVP, connectez vous ou enregistrez vous.
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