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Il faut absolument les occire pour retrouver la vraie paix au Gabon. A défaut de les abattre par les armes, l'heure est venue pour leur livrer une guerre mystique. Et le concours des sorciers et autres féticheurs invétérés a été sollicité. Qui sont passés à l?action, il y a une semaine. La politique dans ce pays équatorial qu'est le Gabon n'a pas fini de nous étaler ses multiples surprises et autres trouvailles. Tourner le dos à un parti est un crime, surtout quand on quitte le parti au pouvoir. Zacharie Myboto en sait quelque chose depuis le 11 janvier 2001, date à laquelle il a claqué la porte du gouvernement, puis créé son parti (UGDD), dont il annonça l'existence le 30 avril 2005. Mais peu avant cela, l'an dernier, il avait échappé aux tueurs à gage qui l'avaient pris en filature du côté de la Sablière. Certains de ses proches sont victimes de harcèlement. Cas de son fils Serge et sa compagne Ursula, de son collaborateur Jean-Valentin Léyama et de Charly Mandza. Qui vient de subir un interrogatoire particulier de la part des services. Pourquoi tant de cogitation, d'imagination, d'invention et de diabolisation pour régler la question Myboto ? A présent, il n'est plus seul. Sa fille Chantal, l'épouse de Paul-Marie est désormais dans le collimateur de la ligne liquidationniste. Déjà, en 2004, les informaticiens d'un service bien connu pour ses méthodes particulièrement brutales avaient fait irruption à Gabon Contacts pour passer au crible, tous les ordinateurs de cette entreprise. Parce que l'épouse de Gondjout était soupçonnée d'émission de tracts contre une certaine dame. Résultat, pas de grain à moudre. Mais comme il faut bien faire taire à jamais le père et la fille qui dérangent et empêchent de réaliser pleinement la vitale paix, décision a été prise par les ultras et autres fanatiques, de les occire tout simplement. Démarche puérile et rétrograde pour des gens ayant une intelligence à fausse équerre, et au rationnel atteint d'infantilisme. Du débat d'idées qu'appelle de tous ses v?ux Zacharie Myboto, on lui répond par une guerre mystique. Dont la matérialisation a eu lieu dans la nuit de 17 au 18 juillet, à 3 heures du matin. Cette nuit-là, des individus à bord d'un véhicule non immatriculé sont arrivés devant la résidence du président de l'UGDD. Après que le véhicule eut marqué un arrêt, l'un d'eux a balancé un sachet de couleur rouge devant le portail. L'un des vigiles attiré par le bruit du moteur a ajusté son arme et tenté de tirer. Mais il s'est ravisé, et le chauffeur de démarrer en trombe. Les mêmes sont allés accomplir le geste similaire devant l'entrée principale de la direction de Gabon Contacts. Le lendemain, les contenus des sachets ont été ouverts par quelques collaborateurs courageux et, dit-on blindés. Qu'y a-t-on trouvé ? Retenez votre souffle : 1 morceau de drap rouge teinté de Kaolin; 1 morceau de drap blanc teinté de charbon; Des plumes de hibou; 2 ?ufs; 1 bouteille de parfum Saint Michel; 1 cordon noir comportant plusieurs n?uds. Tel est l'arsenal chargé de potentiel mystique à même d'envoyer en enfer, deux citoyens qui ont pourtant le droit d'exprimer leur différence. Ainsi se porte la démocratie à la gabonaise, qui s'accommode de pratiques mystiques et apocalyptiques. Du débat d'idées qu'on refuse, on préfère la guerre mystique pour effacer les empêcheurs de tourner en rond. Tout un programme. Source : © La Démocratie N°10 Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire. SVP, connectez vous ou enregistrez vous.
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