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Hommes politiques et ministres, ils sont les premiers à entonner le vieux refrain de la nécessaire diversification de l'économie et de l'après pétrole tout en appelant au « civisme fiscal ». Et les derniers à montrer le bon exemple. Ce n'est plus un secret pour personne. Ceux qui prennent le temps de lire « une certaine presse », selon l'expression consacrée, savent que les concessions, les parcelles ou coupes familiales sont détenues par les tenants du pouvoir. Du moins ceux qui coquent comme on dit. Comme le pétrole qui est resté aux mains d'une petite nomenklatura, aujourd'hui l'immensité forestière a échu aux mêmes privilégiés. Certes, la tentation est forte pour beaucoup de délateurs de pointer du doigt les « ex-nouveaux colons », mais c'est un fait aujourd'hui avéré que ceux-ci sont avec nombre de barons du régime les seuls à avoir l'autorisation quasi exclusive d'exploiter la forêt de nos ancêtres. Les organismes qui luttent pour la préservation de l'environnement (WWF, GreenPeace, WCS?) en sont aujourd'hui à se demander si les grandes disponibilités protocolaires et les professions de foi des gouvernants ne sont pas là que pour masquer l'arbre qui cache la forêt. Désabusés, ces organismes se demandent jusqu'où ira la politique de coupes outrancières. Si déjà des dignitaires et non des moindres ont été cités comme les bénéficiaires de ce que l'on a appelé le « partage de la forêt gabonaise » (sic). Or notre pays est couvert à près de 90% de forêt. Une bonne partie a été tellement exploitée que, sous la contrainte des puissantes ONG environnementales, on a dû, la mort dans l'âme, mettre le holà. Les principaux coupeurs étant des dignitaires du régime, on imagine la douleur. Et là où le bât blesse, c'est que la surface exploitée de la forêt avoisine, selon des enquêtes, les 60%. Les taxes des plus gros exploitants forestiers, impayées jusqu'à aujourd'hui, s'élèveraient selon les mêmes enquêtes à prés de 8 milliards de FCFA. Le bois sur lequel on comptait pour relever le défi de la « lutte contre la pauvreté » ne profite qu'aux mêmes. Les noms de plusieurs hommes politiques-exploitants forestiers et débiteurs du fisc sont connus. Ces gens n'ont rien à se reprocher, encore moins à craindre. Puisque ceux sont eux-mêmes qui ont fabriqué le département chargé de la Lutte contre l'Enrichissement illicite. Premier de cordée, la famille du premier ministre Jean François Ntoutoume Emane qui pour leurs activités doivent prés de 279.743.200 FCFA au fisc, en raison des permis qu'elle s'est octroyée. Paulin Obame Nguéma, ancien premier ministre (96.916.400 FCFA), Louis-Gaston Mayila, président du Conseil économique et social (72.632.000 FCFA), Tengue François, qui doit rappeler quelque chose à Martin Mabala - (2.152.500 FCFA), Paul Mba Abessole, ancien opposant en carton, (13.008.800 FCFA), Ekoua Jean Claude ? « jumeau » de François Engongah Owono (2.810.250.FCFA). Depuis 2003, il est évident que la liste publiée par nos confrères n'est pas exhaustive. Mais on note que les grands chantres de la « bonne gouvernance » sont loin de montrer l'exemple, empêtrés qu'ils sont dans les dettes et le trafic d'influence. Avec la complicité des grands « déboiseurs » coloniaux tels que Rougier. Dans tous les cas, cette affaire met en lumière le malaise actuel dans lequel vit le pays. Du moins en ce qui concerne la répartition des revenus par habitant. Ce qui pourrait, en partie, expliquer l'inéligibilité du Gabon dans certains organismes financier internationaux... (A suivre) Source : © Le Nganga Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire. SVP, connectez vous ou enregistrez vous.
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