| Dates | EVENEMENTS | DETAILS |
| 2 juillet 2003 | Arrestation des membres de la Coordination | Nous sommes à Akébé Ville, il est 23 heures. Lorsque nous décidons d’entreprendre l’opération Collage et Graffitis. Au moment de démarrer, Hughes Bessacque (HB) nous dit qu’il va changer de chaussures. Nous l’attendons. Jusqu’à minuit, ne le voyant pas revenir, nous définissons l’itinéraire à suivre. A 1h00 du matin, il nous appelle et demande notre position, nous lui disons que nous venons de terminer le premier trajet et que nous attaquons le second. A 2h30, il nous rappelle demande à nouveau notre position, nous lui disons que nous sommes à côté du bâtiment d’Ogar-Vie. Il nous demande de l’attendre, nous lui signifions de se dépêcher car il est déjà très tard. Cinq minutes après cette conversation au téléphone, les agents de la Direction Générale des Recherches en convoi de trois voitures dont deux roulaient vers le ministère des Affaires Etrangères et une vers l’Hôtel de Ville, s’arrêtent à notre niveau arme au poing. Ils nous embarquent. Nous subiront plusieurs interrogatoires après des violences et des tortures. |
| 7 juillet 2003 | Hugues BESSACQUE rend visite aux membres de la Coordination Nationale en garde à vue à la DGR | Alors que nos parents ne peuvent pas nous voir, nous sommes appelés au bureau du capitaine KANGA Hubert, où nous attend Hugues BESSACQUE. Il a en mains un paquet qui contient des fruits. En présence du capitaine et de ses collègues, il nous dit que tout est rentré dans l’ordre et que nous allons être libérés. Il nous remet les fruits et les croissants qu’il avait apporté. Après cette information, nous sommes ramenés en cellule. |
| 9 juillet 2003 | Visite du procureur de la République | Au cours de son inspection, le procureur demande à rencontrer les militants du BDP. Constatant que H BESSACQUE n’était pas en garde à vue comme nous, le procureur demandera au capitaine KANGA d’arrêter HB et de nous transférer au tribunal le vendredi matin. |
| Jeudi 10 juillet 2003 | Arrestation de Hugues BESSACQUE | Nous découvrirons plus tard que cette arrestation était une mise en scène, car HB était en réalité un agent de renseignement au service de la DGR. Ceci explique d’ailleurs le fait qu’il soit venu rendre visite aux membres de la coordination nationale qui se trouvaient en garde à vue. |
| Vendredi 11 juillet 2003 | Audience au parquet et mise en détention provisoire à la prison centrale de Libreville. | Pendant notre détention, nous sommes à l’exception de BESSACQUE interdits de visites. Nous sommes d’ailleurs tous placés dans les quartiers de haute sécurité. Il serait correct de dire que nous étions moins bien traités que les grands criminels. |
| 13 août 2003 | Transfert dans les quartiers autorisés aux visites. | A la suite des pressions exercées par les organisations internationales de défense des droits de l’homme, notamment Amnesty International que la direction du BDP-Gabon Nouveau aux Etats-Unis avait alerté, nous sommes transférés dans les quartiers autorisés aux visites. Informés que des menaces et des pressions sont exercées sur nos avocats pour qu’ils abandonnent l’instruction du dossier, nous décidons d’engager un mouvement de grève de la faim. Nous informons le Directeur de la Prison et le Premier Juge d’instruction par lettre. |
| 20 août 2003 | ONTINA Patrice Premier Juge d’Instruction en charge du dossier rend visite à HB. | Une semaine après le début de la grève de la faim, Monsieur ONTINA Patrice, Premier Juge d’Instructions rend visite à HB.Après leur entretien, HB vient nous dire d’arrêter la grève de la faim et que nous allons être libérés dès le retour du Président de la République de France. Nous décidons donc de stopper notre grève et recommençons à nous nourrir. |
| 30 septembre 2003 | Notre sortie de prison | |
| 20 octobre 2003 | Conférence de presse annulée. | Nous décidons d’organiser une conférence de presse pour dénoncer notre licenciement de nos postes. HB fera traîner l’organisation de cette conférence de presse et elle n’aura jamais lieu. Tout comme les autres manifestations prévues. |
| Décembre 2003 | Dr Daniel MENGARA téléphone à Paskhal NKOULOU et l’informe que BESSACQUE est à Paris | Surpris et très en colère, Dr Daniel MEGARA téléphone Paskhal NKOULOU et l’informe que HB est à paris. Nous découvrons avec stupeur que pendant que nous étions à chercher comment légitimer et faire avancer notre engagement, HB avait depuis plus de deux mois entamer des négociations avec le Ministre MBA OBAME André, jusqu’à se rendre en secret à Paris, où il demandera au Dr MENGARA de venir dare-dare pour une rencontre au sommet avec OMAR BONGO. Très en colère pour tant de légèreté de la part de HB, Daniel MENGARA déclinera l’offre compte tenu de la manière avec laquelle les choses se sont déroulées. Toutefois, le Dr MENGARA fera parvenir une lettre de cadrage fixant les conditions à respecter strictement pour d’éventuels pourparlers avec le pouvoir. Ces conditions incluent l’obligation de contacter officiellement le BDP-Gabon Nouveau par une lettre officielle du pouvoir stipulant le sujet et les raisons de la rencontre au moins un mois à l’avance afin de permettre au BDP-Gabon Nouveau de se réunir et de décider si oui ou non ils veulent de cette rencontre. Le Dr Daniel MENGARA rappelle aussi à la Coordination Nationale de ne jamais plus prendre de telles initiatives sans en aviser en avance la direction depuis le Gabon même. |
| Décembre 2003 | Retour de Paris de Hugues BESSACQUE | HB revient de Paris bredouille car le Dr DANIEL MENGARA a refusé d’y aller pour rencontrer OMAR BONGO. En réunion à Libreville, les membres de la coordination nationale lui demandent de s’expliquer sur le pourquoi il s’était permis une telle libéralité et pourquoi ne pas avoir dit qu’il négociait en secret avec le Ministre MBA OBAME. En guise de réponse, il dira simplement que c’est ce que le Président BONGO et MBA OBAME voulaient et qu’il avait au préalable informé la direction du mouvement par le truchement du porte-parole de l’époque, Monsieur Léon Obame et de son frère, Serge Bessacque. Nous lui exprimons cependant que le Dr MENGARA n’était pas au courant de cette transaction secrète et qu’il a formulé de sévères mises en garde vis-à-vis de la Coordination Nationale. Nous saurons plus tard que Hughes Bessacque avait encore une fois menti sur ce point. |
| Mars 2004 | HB convie Monsieur AMOGHO à une réunion aux teintes tribalistes. | Au cours de cette réunion, HB dit à monsieur AMOGHO qu’il ne doit pas perdre de vue qu’il est du Haut-Ogooué et que le pouvoir actuel est aux mains des fils du Haut-Ogooué. Il ne faut donc pas penser à faire le lit aux Fangs. Et d’ailleurs il est plus simple pour eux deux de servir les intérêts du pouvoir. Choqué par ce qu’il avait entendu, Monsieur AMOGHO rendra public cette réunion que HB voulait secrète et condamnera cette manière d’agir de HB. |
| Avril 2004 | Préparation du voyage aux USA | Il est 22 heures lorsque HB nous téléphone et nous invite à établir des passeports. Il nous dira que le Ministre André MBA OBAME lui a dit que le Président Bongo lui a confié la zone Amérique dans le cadre de la campagne. Le ministre voudrait mettre à profit son séjour pour discuter avec les responsables du BDP aux USA. HB nous dit que la direction du mouvement aux USA est déjà informée. Une semaine après cette réunion, nous remettrons nos passeports à HB, mais lui demandons qu’il est temps que le bureau national dans son entièreté rencontre le ministre, au lieu que ce soit toujours lui qui serve de courroie de transmission. HB nous baladera d’excuses en excuses arguant que cette discussion aura lieu après l’obtention des visas. Mais la réunion demandée n’aura jamais lieu. |
| Avril 2004 | Départ de HB pour les USA | Le soir de son supposé départ, HB vient nous retrouver et dit à Paskhal NKOULOU que le ministre n’a pas voulu lui faire obtenir les visas. Il nous dit aussi que le Ministre s’est opposé à ce que les discussions soient élargies à tout le comité de la Coordination Nationale au Gabon. Sur ce, le bureau de la Coordination nationale lui dira que ce n’est pas au ministre de nous dire comment on fonctionne et que si nous ne le voyons pas aujourd’hui, HB ne voyagera pas. C’est dans ces conditions que HB consentira finalement à ce que nous soyons présents pour la première fois à une discussion avec le pouvoir. |
| Mai 2004 | Révélations du Ministre André MBA OBAME | Prenant la parole, le ministre André Mba Obame commencera par demander à monsieur NKOULOU pourquoi il refuse de se faire établir un passeport. Il aurait aimé que HB soit accompagné d’un autre membre de son bureau, puis il a ajoute que le Président part dans trois jours. Nous tombons du ciel car ce n’est qu’à ce moment là seulement que nous nous rendons compte que HB nous avait refait le coup de 2003. Il avait encore menti en disant que la Direction du Mouvement aux USA était au courant et qu’il partait ce soir même (en avril) pour les USA. Il avait aussi menti sur les visas en nous faisant croire que le Ministre ne voulait que sa présence aux USA. Au sortir du domicile du ministre, une violente discussion s’est engagée entre NKOULOU et HB. Ils en sont presque venus à se battre. C’est à ce moment là que NKOULOU décide d’informer le Dr MENGARA . |
| Mai 2004 | Séjour de HB aux USA | Evidement quand Paskhal NKOULOU contacte le Dr Daniel MENGARA, ce dernier est encore une fois surpris et choqué que la Coordination Nationale n’ait pas compris les mises en gardes de 2003. HB arrive donc aux USA et trouve le BDP en session extraordinaire car le BDP, à l’époque préparait une marche sur Washington. Durant son séjour aux USA, HB et son frère s’emploieront à créer les conditions pour que le Dr MENGARA se rende à la rencontre de WASHINGTON pour rencontrer OMAR BONGO. Le Dr MENGARA refusera encore une fois en reprochant à HB et à Serge BESSACQUE son frère de ne pas avoir respecté les procédures du mouvement. Il interdira à qui que ce soit d’aller rencontrer OMAR BONGO. Mais HB son frère Serge BESSACQUE et Guy Roger BIWAGOU et Léon OBAME, tous membres de la cellule BDP de Washington, vont aller rencontrer OMAR BONGO en secret avec la complicité de MBA OBAME. Ils vont décider de créer le BDP démocrate et SERGE BESSACQUE va s’autoproclamer Président. Le BDP exclura tous les membres du mouvement impliqués dans cette affaire en juillet 2004, une fois toutes les manigances dévoilées au grand jour. |
| Mai 2004 | Retour de HB à Libreville | De retour des USA et profitant de la brouille qu’ils ont créé au sein du BDP, HB convoque une réunion de la Coordination nationale au cours de laquelle il fait le compte rendu de sa mission aux USA. Il rend Daniel MENGARA responsable de l’échec des négociations et affirme que Daniel MENGARA ne veut pas que la situation des membres de la Coordination Nationale au Gabon s’arrange. Il déclare qu’il a fallu le concours de Serge BESSACQUE pour sauver les meubles, sinon la situation des membres du Gabon serait restée périlleuse. Dans tous les cas, grâce à la rencontre avec Bongo, le Président de la République a donné son accord de principe de régler les problèmes des membres de la Coordination Nationale à condition que ceux-ci soient dans la fraction ouverte au dialogue. HB ne nous dit cependant pas qu’ils ont reçu 80.000 dollars du président BONGO pour créer le BDP démocrate. |
| Septembre 2004 | Lettre de réhabilitation du Président de la République au Maire de Libreville | Au cours d’une réunion, HB nous présente la copie de la lettre que le Chef de l’Etat a adressée au Maire de Libreville pour la réhabilitation des membres licenciés de leurs anciens emplois. Celle-ci ne se fera pas avant le 29 juin 2005. |
| Mars 2005 | Conférence de presse du BDP démocrate | Dans le cadre des discussions avec le pouvoir, il va être demandé au BDP-Démocrate de fournir des explications entre ce qui a été dit au Président et les actes que pose encore le BDP-Gabon Nouveau sur le terrain, et sur le NET. Le président croyait que le BDP allait cesser ses activités et il est surpris que ces activités n’aient pas cessé comme HB et son frère Serge le lui avaient promis. C’est donc dans le but de préciser la tendance BDP-Démocrate de serge BESSACQUE que la conférence de presse va être organisée. Son financement sera entièrement assurée par le pouvoir. 8.000.000 de francs CFA. |
| Mai 2005 | Arrêt des négociations avec le pouvoir. | Ne voyant pas se concrétiser les engagements pris par le régime, notamment la réhabilitation des membres licenciés, le bureau du BDP-Démocrate presse HB et adresse une lettre mettant fin aux discussions avec le régime. La rupture entre HB et les autres membres du bureau commence à s’établir. |
| Juin 2005 | HB rencontre le Président de la République avec le concours du Premier Ministre Jean François NTOUTOUME EMANE. | Sans avertir les autres membres du bureau, HB est introduit à la présidence par le Premier Ministre Ntoutoume Emane. Le pouvoir est angoissé par la marche que le BDP-Gabon Nouveau projette de faire pour manifester contre l’arrivée de BONGO aux USA. HB fait croire au Président que c’est le BDP-Démocrate qui va manifester parce que le pouvoir n’a pas honoré les engagements pris. C’est à la suite de cet entretien que BONGO téléphonera au Maire de Libreville pour rétablir les membres de la Coordination Nationale licenciés dans leurs anciennes fonctions à la Mairie. |
| Juin 2005 | Réhabilitation des membres licenciés | A la Mairie les membres de la Coordination seront nommés Chargés de Missions du Président de la République auprès du Maire de Libreville. Paradoxalement HB percevra un salaire plus élevé que les autres sous le prétexte que les autres sont des opposants au président et qu’il doit les surveiller. |
| Septembre 2005 | 2ème voyage de HB aux USA | Après avoir menti au président Bongo qu’ils étaient capables d’empêcher la manifestation du BDP Gabon Nouveau à New York, HB avec le concours de Landry Bongo se rendra aux USA, où lui et son frère exigeront du président de la république une somme de 400.000 dollars pour stopper la manifestation. Déjà au départ de Libreville, HB avait reçu une somme de cent millions de francs CFA qu’il s’est partagée avec Landry Bongo. Cela faisait donc en tout au moins quatre cents à cinq cent millions de francs que les frères Bessacque vont soutirer au président Bongo, sans en informer les autres membres du bureau du BDP démocrate. |
| Septembre 2005 | Révélations de Landry BONGO | Trois jours après le départ de HB pour les USA, Landry BONGO qui n’arrive pas à entrer en contact avec HB panique et informe les membres de la Coordination du forfait de HB et menace de tout raconter au président si HB ne donne pas de ses nouvelles. |
| Septembre 2005 | Landry BONGO et Serge BESSACQUE s’accordent | Constatant que HB n’a rien dit à son frère et qu’il avait empoché les 100 millions précédemment donnés, Landry Bongo rentre entre en contact avec serge BESSACQUE et les deux se mettent d’accord pour sauver les meubles. Serge demandera 400.000 dollars, mais Landry ne lui remettra que 300.000 dollars. Le président de la république recevra donc les frères BESSACQUE pensant qu’ils arriveront à régler la question du site du BDP-Gabon Nouveau. Ils en seront incapables car le BDP-Gabon Nouveau a toujours su résister aux tentatives de destruction orchestrées par le pouvoir. |
| 2006 | Arrestation de Orphée REKOULA | En dehors de l’arrestation de Monsieur REKOULA Orphée par l’Aide de Camp du Président de la République, Monsieur MBOU Paul, qui lui reprochait d’appartenir au BDP-Gabon Nouveau, pas grand-chose ne se passe cette année-là. |
| 2007 | La réunion de la clarification, mise à l’écart des frères BESSACQUE et dissolution du BDP-Démocrate. | Après avoir rassemblé tous les éléments qui prouvent la responsabilité des frères BESSACQUE dans la situation des membres de la coordination nationale et de la détérioration des rapports avec Daniel MENGARA, il a été décidé que les membres de la coordination nationale optent pour leur retour au BDP-Gabon Nouveau avec Daniel MENGARA comme leader. Les frères BESSACQUE sont exclus et la dissolution du BDP-Démocrate est donc faite de manière irréversible. |