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Révélations odieuses: Le régime Bongo se lance officiellement dans le trafic de drogue

Auteur/Source: · Date: 6 Avr 2002
Catégorie(s): Communiqués BDP

Paris, 6 avril 2002 (BDP Presse) ? Décidément, la mafia bongoïste au pouvoir au Gabon ne s’émeut plus de ternir l’image du Gabon à l’extérieur. Le Gabon, on le sait déjà, est la risée du reste de l’Afrique à cause de l’incapacité chronique qui est celle d’Omar Bongo et de sa clique de développer un pays qui avait tout pour réussir et se donner en exemple pour le reste du continent.

La longue liste de scandales odieux?meurtres et détournements par-ci, fraude électorale par-là, sociétés de jeux mafieuses venant finir de vider les poches d’un peuple déjà démuni, Pasqua, Elf-Gabon’a déjà plus que compromis la stature du Gabon à l’étranger. Il faut maintenant que le régime Bongo y rajoute le trafic officiel de la drogue en faisant du Gabon la “Colombie” de la drogue en Afrique.

L’AFP vient en effet de publier (voir: http://www.bdpgabon.org/articles/categories/divers/EpElEEFyyyJRIMlXwE.shtml et http://www.bdpgabon.org/articles/categories/divers/EpElEEuEkptlByMPDE.shtml) des nouvelles qui, plus que jamais, confirment le Gabon comme la nouvelle plaque tournante du trafic de drogue et d’armes en Afrique. Un mystérieux diplomate gabonais, dont les autorités françaises, l’AFP et le régime Bongo cachent l’identité, vient en effet de se faire épingler la main dans le sac à la Gare du Nord de Paris, où il s’est retrouvé en possession de 29 kilos de cocaïne pure et dure dont la destination finale était, selon le diplomate, Londres en Angleterre.

Trafics en tous genres

Evidemment, pourquoi s’étonner de voir enfin se profiler au grand jour les vérités souvent restées cachées du régime Bongo? Ce n’était qu’une question de temps. Déjà en 1983, Pierre Péan l’écrivait dans ses Affaires africaines puisque le régime Bongo y était présenté comme celui par lequel transitaient toutes les drogues, armes et barbouzes de location en direction du Nigeria (où Bongo et Elf-Gabon semaient le trouble au Biafra), de l’Angola (où Bongo et Elf-Gabon alimentaient les combattants en armes) et d’Afrique du Sud (où Bongo et Elf aidaient les Blancs à charcuter les nègres de chez Mandela). Le trafic d’armes a ainsi continué pour finalement s’accentuer lors de la reconquête dictatoriale du Congo-Brazzaville par Sassou Nguesso (D’ailleurs, François-Xavier Verschave le confirme dans ses trois volumes “noirs”), une reconquête qui impliquait la livraison d’armes lourdes à Sassou, armes que Bongo et Elf-Gabon financèrent, encore une fois, par l’argent de la drogue qui, comme on le voit aujourd’hui, n’a jamais cessé de transiter de valises diplomatiques en valises diplomatiques. C’est ainsi que des sociétés de jeux naquirent au Gabon qui servirent à blanchir l’argent du trafic d’armes et de drogue, accentuant ainsi le transfert de millions de dollars dans les banques françaises, suisses et américaines. C’est dans le cadre de cette valse des valises d’argent sale que Jean Ping, Ministre gabonais des affaires étrangères se faisait, dans une histoire louche qui ne tenait pas debout, “voler” près de 300.000 dollars dans une chambre de l’Hôtel Meurice le 10 février dernier à Paris (Voir AFP, http://www.bdpgabon.org/articles/categories/international/EpEFupZVApFwokFlzN.shtml). Le régime mafieux d’Omar Bongo, en plus de la corruption interne qui tue le peuple gabonais à petit feu, se caractérise donc aujourd’hui par une pourriture générale qui ne le fait reculer devant rien pour accumuler les bénéfices de la malhonnêteté avérée. Trafic d’armes et trafic de drogue (auxquels s’est ajouté depuis 10 ans le trafic d’enfants ouest-africains), blanchiment d’argent sale au travers de société de jeux écran dont la légalité est parfois douteuse, corruption, incompétence, tels sont désormais les domaines dans lesquels le régime Bongo excelle.

Mensonge et duplicité

Cependant, quand la malhonnêteté bongoïste se transforme soudain en mauvaise foi, en mensonge et en duplicité éhontée, alors le Gabon et son peuple doivent sérieusement s’interroger sur la nécessité de bouter une fois pour toutes le régime Bongo du pouvoir.

En effet, le régime Bongo, à l’annonce par les médias français de l’arrestation du mystérieux diplomate gabonais, a tôt fait de répondre en désavouant son propre diplomate. Selon le régime, le mystérieux diplomate arrêté (l’AFP n’ose pas en livrer le nom) n’était plus diplomate “depuis quelques mois”. Ceci sonne tellement creux, faux et enfantin qu’on ne peut qu’en éprouver du dégoût. La réalité est que le mystérieux diplomate, dont ni les autorités françaises, ni l’AFP, ni le régime Bongo ne veulent révéler le nom, n’est autre que M. Fidèle Tristant Eboumy. Or, selon nos renseignements, M. Fidèle Tristant Eboumy jouissait encore bel et bien, au moment de son arrestation, du statut de diplomate, et ceci de manière officielle. La preuve:

– M. Fidèle Tristant Eboumy avait en effet, comme le dit l’AFP, servi comme Premier conseiller d’ambassade au Sénégal, avant d’être affecté au même poste au Nigeria, où il a servi jusqu’en février dernier.

– Et c’est là que le mensonge du régime Bongo se casse les pieds. Car cela ne fait que 18 jours que M. Fidèle Tristant Eboumy a été nommé Conseiller du Ministre de l’intérieur, Idriss Ngari, c’est-à-dire le 19 mars dernier (il y a donc seulement 18 jours). M. Fidèle Tristant Eboumy était donc sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur où il servait comme Conseiller chargé des Relations extérieures, comme en témoigne le Conseil des ministres du 19 mars 2002, dont les décisions furent publiées par l’Union les 19 et 20 mars dernier. Cette nomination très récente, qui confirme le statut d’émissaire officiel, donc de diplomate, dont jouissait encore M. Fidèle Tristant Eboumy en tant que fonctionnaire du gouvernement gabonais, montre que le régime Bongo ne sait même plus mentir, tellement il est acculé par la révélation plus qu’officielle qui aujourd’hui assigne à ce régime le qualificatif avéré d’un régime trafiquant de drogue.

– C’est donc en tant que chargé des Relations extérieures, autrement dit, en tant que diplomate voyageant sous couvert diplomatique officiel que M. Fidèle Tristant Eboumy s’est fait pincer par les autorités françaises. On sait donc aujourd’hui que comme beaucoup d’autres (Le Ministre Jean Ping est soupçonné des mêmes méfaits par les autorités canadiennes), M. Fidèle Tristant Eboumy n’est rien d’autre qu’un trafiquant de drogue au nom du gouvernement gabonais. Et comme beaucoup d’autres, il apprendra à ses dépens la leçon du désaveu du régime Bongo qui, après avoir utilisé le pauvre homme dans son infâme trafic, l’abandonne maintenant à la justice française en niant son statut de diplomate, alors même que M. Fidèle Tristant Eboumy n’a été nommé à ses nouvelles fonctions que 18 jours auparavant.

– Or, que nous sachions, il n’existe aucun texte officiel au Gabon à la date d’aujourd’hui confirmant les dires du régime Bongo qui soutient que M. Fidèle Tristant Eboumy n’était plus diplomate. Etre diplomate, ce n’est pas que travailler dans une ambassade en tant que fonctionnaire gabonais. Etre diplomate c’est aussi mener, au nom du gouvernement gabonais, des missions à l’étranger sous couvert diplomatique, ce qui fait de M. Fidèle Tristant Eboumy un diplomate jouissant pleinement de ses droits et prérogatives diplomatiques.

Evidemment, le régime Bongo paiera cher ce désaveu public car il se retrouve coincé par son empressement à vouloir trop vite désavouer M. Fidèle Tristant Eboumy. En effet, le régime Bongo se retrouvera très vite entre le marteau et l’enclume car la suite que donneront les autorités françaises à l’affaire Eboumy déterminera, en dernier recours, la position peu enviable du régime Bongo aux yeux du monde. Car s’il est vrai, comme le soutien le régime, que M. Fidèle Tristant Eboumy n’était plus diplomate ou ne jouissait plus de la protection diplomatique gabonaise, il serait alors normal qu’il soit jugé par la justice française comme un vulgaire trafiquant de drogue et passe de nombreuses années à purger sa peine dans les geôles françaises. Mais nous savons tous que les risques sont trop importants pour le régime. M. Fidèle Tristant Eboumy, une fois confronté à la possibilité de passer plusieurs années en prison, pourrait en effet parler. De tels aveux pourraient causer du tort à ses patrons bongoïstes en les mettant directement en cause. Cependant, si pour sa propre protection (et celle du régime Bongo), M. Fidèle Tristant Eboumy faisait valoir son statut diplomatique, il serait alors tout simplement expulsé du territoire français avec interdiction permanente de séjour. Le régime Bongo serait alors sauf, quoiqu’éclaboussé. Mais le régime Bongo ne serait pas pour autant tiré d’affaire sur le plan de l’opinion populaire et internationale. La résolution de cette crise par la voie diplomatique sauvera, certes, le régime Bongo de l’anathème public en lui évitant les affres d’un possible procès public et d’un possible aveu compromettant de la part du trafiquant, mais une telle solution diplomatique confirmerait malgré tout la culpabilité de ce régime. Le monde entier saurait en effet tout simplement que M. Fidèle Tristant Eboumy était encore officiellement un diplomate gabonais trafiquant la drogue au nom du gouvernement gabonais et du régime Bongo.

Ce qui est sûr c’est que quand tout sera dit et fait, l’on verra très vite que cet “ami” dont parle M. Fidèle Tristant Eboumy, cet ami dont il dit avoir reçu une valise chargée de cocaïne, ne sera autre qu’Omar Bongo lui-même.

Le problème, pour nous Gabonais, est que plus Omar Bongo salira l’image du Gabon à l’étranger, plus la vie deviendra dure pour les compatriotes. Ceux qui sont au pays auront de plus en plus de mal à joindre les deux bouts parce que les investisseurs qui se respectent et qui peuvent aider à développer notre pays éviteront soigneusement de s’associer avec un état qui rime avec corruption, trafic d’armes, trafic de drogue et trafic d’enfants. Les Gabonais qui, eux, voyagent ou font des études à l’étranger verront leur sort empirer car ils deviendront, comme les Nigerians, l’objet de beaucoup de méfiance et de brimades de la part de gouvernements étrangers, car être Gabonais rimera bientôt avec trafic de drogue. Et cela, le Gabon ne peut se le permettre.

Omar Bongo, qu’as-tu fait de notre Gabon’ 


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