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Quand Sarko drague Bongo

Auteur/Source: · Date: 26 Oct 2006
Catégorie(s): Françafrique

Pour s’attirer les bonnes grâces du riche Président gabonais Omar Bongo le présidentiable Sarkozy est prêt à toutes les promesses. Y compris l’exonération de visa pour les Gabonais.

Bongo, le grand président gabonais est un homme riche et qui a le bras long particulièrement dans la sphère politique française. Il est donc de coutume, en temps de préchauffe électorale de draguer un tel homme. Même Jean-Marie Le Pen a fait deux-trois pas de danse avec lui. Nicolas Sarkozy, apôtre de la « rupture », n’échappe pas à la règle. Et n’hésite pas à faire quelques entorses à ses grands principes sur l’immigration, à en croire une lettre officielle datée du 27 septembre dernier du ministre de l’Intérieuer (sic) gabonais à l’attention de Monsieur le ministre de l’Intérieur français. Cette missive récapitule les différents points abordés par Nicolas Sarkozy et André Mba Obame, concernant « la coopération entre [leurs] deux pays en matière d’immigration » et leur « position consensuelle » quant à « la nécessité d’une véritable collaboration sur la question de l’immigration ».

Les citoyens français, rappelle le responsable gabonais, ont la chance de jouir de sérieux avantages en matière de conditions d’entrée et de séjour, traitement de faveur que le Gabon se garde jusqu’ici d’offrir « aux ressortissants des pays amis comme la Chine et les États-Unis d’Amérique. » Trop aimable. Ainsi « un nombre significatif de citoyens français arrivent et sont reçus au Gabon sans visa d’entrée. » Rien de surprenant… jusqu’ici.

Quelques lignes plus loin, une étrange promesse de Nicolas Sarkozy, celui-là même favorable à l’ « immigration choisie », est dévoilée : « le Gabon renouvelle sa proposition visant la suppression des visas d’entrée pour les citoyens des deux États, principe pour lequel vous vous êtes déclaré favorable lors de notre rencontre du 09 juin 2006 à Paris ». Une convention qui serait une première entre la France et un pays africain, et dont la finalisation semble en bonne voie. Un petit flic a même été chargé de suivre l’affaire. L’heureux élu prié de cornaquer le dossier n’est autre que « Monsieur Godin, Directeur général de la Police nationale française, […] chargé de préparer un projet de Convention d’exemption de visas entre les deux États ». Et dans « l’attente de la mise en oeuvre urgente de cet objectif commun », Mba Obame mentionne son souhait « d’envisager à très court terme de porter l’ouverture des bureaux [du consulat de France à Libreville] aux usagers de deux heures par jour à six heures par jour. »

Pourtant prompt à médiatiser ses bons rapports avec les pays africains et sa méthode de concertation avec les pays d’émigration, le ministère de l’Intérieur ne fait guère écho de ses tractations avec le Gabon. À moins que ces belles promesses ne servent qu’à amadouer le bon Omar Bongo Ondimba…et à le dissuader de soutenir un autre candidat à l’élection présidentielle que le champion des Hauts-de-Seine. Une théorie mesquine mais qui fait son chemin et qui serait même arrivé aux portes du palais du bord de mer, à Libreville.

« Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent », avait coutume du dire Môssieur Charles Pasqua, prédécesseur du petit Nicolas à Neuilly et grand ami du Mollah Omar. 


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