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Paris et Libreville ne rompront pas, mais…

Auteur/Source: · Date: 13 Mar 2008
Catégorie(s): Françafrique,Politique

On ne parle pas encore, à l’heure qu’il est, du rappel des ambassadeurs des deux pays. Et il est à peu près certain, d’ailleurs, que la France et le Gabon ne franchiront pas le Rubicon en appelant à la rupture de liens diplomatiques qui les unissent depuis des décennies.

Mais la levée de boucliers est bien réelle dans la capitale gabonaise où l’on dénonce « le manque de considération » à l’égard du chef de l’Etat gabonais après la diffusion par la chaîne de télévision française France 2, d’un reportage consacré au décompte des biens familiaux ou personnels du président Omar Bongo Ondimba répertoriés sur le territoire français.

Si l’on y ajoute le refoulement par Paris de deux ressortissants gabonais habitant l’Hexagone depuis des années et la reconduite à la frontière par les services du pays d’Omar Bongo Ondimba d’un ressortissant français pour défaut de visa, on peut dire que ces dernières semaines ont été « grises » pour les relations entre la France et le Gabon. Des relations anciennes, mais qui n’ont en réalité comme seul grand témoin que le chef de l’Etat gabonais.

Au pouvoir depuis 1967, Omar Bongo Ondimba a vu en effet défiler six présidents français : Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac et aujourd’hui Nicolas Sarkozy. Avant l’arrivée de ce dernier à l’Elysée en 2007 la France s’était toujours montrée solidaire du Gabon, préservant ses intérêts économiques dans le pays, mais jouant également le rôle de « protecteur » du régime en place en application de l’accord de défense qui lie les deux pays depuis les années 1960.

Il faut rappeler, en effet, qu’en 1964 le premier président gabonais, Léon Mba, renversé par un coup d’Etat militaire après trois ans de pouvoir, put reprendre ses fonctions grâce à une intervention militaire française. Paris est également venu à la rescousse du régime gabonais dans le courant de l’année 1990 qui vit l’éclatement, à Port-Gentil, de violentes émeutes consécutives à la contestation des résultats de l’élection présidentielle par l’opposition. C’est aussi dans la capitale française que les « frères ennemis » gabonais, que divisait une lancinante crise politique, purent conclure, en 2004, un « historique » accord de paix.

D’anodins faits d’Histoire nous enseignent, en tout cas, qu’à la proclamation des indépendances dans les anciennes colonies françaises d’Afrique, en 1960, le Gabon adopta deux symboles qui en disaient long sur son attachement à l’ex-métropole. Le pays choisit de s’appeler « République Gabonaise » et préféra pour ses couleurs nationales non pas le Vert-Jaune-Rouge adopté par la plupart des ex-colonies françaises, mais le Vert-Jaune-Bleu. Le nom officiel de la France est en effet « République Française » et non pas « République de France » et chacun connaît par ailleurs l’attachement de ce pays à son « Bleu » éternel.

Qui donc, du côté de Paris, chercherait à saper les bases de cette amitié franco-gabonaise tissée de longue date ? A moins de croire et de comprendre, au delà de toute émotion, que les temps ont réellement changé, que la volonté de « remettre à plat » tous les accords avec l’Afrique exprimée par Nicolas Sarkozy avant et après son élection est en train de se mettre en œuvre lentement mais sûrement.

Il reste tout de même, dans ce feuilleton, à s’interroger sur les conséquences à court moyen et long terme du divorce annoncé entre Paris et ses ex-colonies d’Afrique, de plus en plus convaincues que l’ancienne métropole n’est pas devenue si tatillonne pour rien.


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