Socialisez

FacebookTwitterRSS

Gabon – France: Un vent de déclin souffle sur l’intermédiaire de la Françafrique

Auteur/Source: · Date: 11 Avr 2008
Catégorie(s): Françafrique

L’intermédiaire françafricain Robert Bourgi a beau être honoré dans l’hebdomadaire « Le Point », il n’en est pas moins sur le déclin. Que ce soit à l’Élysée ou chez les potentats africains.

On ne voit plus que lui ou presque depuis un an. Bruyamment présent à l’investiture de Sarkozy en mai 2007, décoré de la Légion d’honneur en septembre par le chef de l’État et désormais honoré par une double page du Point (dans le numéro du 27 mars 2008). Eh oui, à 60 ans passés, Robert Bourgi a son heure de gloire médiatique. Qui sonne un peu comme un déclin. Apparaître en pleine lumière pour un homme de l’ombre, intermédiaire discret des relations entre les palais africains et l’Élysée, ressemble à s’y méprendre à un chant du cygne.

Un papier qui dérange

Les deux pages que lui a consacrées l’hebdomadaire de Franz-Olivier Giesbert, « l’homme qui a tué Bockel » – le secrétaire d’État à la Coopération éjecté vers le maroquin des Anciens combattants – ont fini d’agacer en haut lieu. Notamment le trio de commis de l’Élysée, le secrétaire général Claude Guéant, le conseiller diplomatique Jean-David Lévitte et le patron de la cellule Afrique Bruno Joubert. « Une brève ils auraient laissé passer mais deux pages ils n’avalent pas », confesse-t-on dans les couloirs du château. Déjà que l’ami Robert n’a jamais été en odeur de sainteté au sein du trio (voir encadré).

Lutte de classe

Guéant a peu apprécié la façon dont, en pleine campagne présidentielle, Bourgi a débarqué dans son bureau pour dauber sur Villepin et Chirac, qu’il a servis pendant 20 ans. Joubert, passé par les « services », n’a jamais goûté à ses rodomontades et sa prétention d’avoir plus d’influence que la haute administration française ou d’être mieux renseigné et plus efficace que la DGSE. Rien que ça. Et un haut diplomate comme Lévitte gravite à des années lumière des manières du « missi dominici ». Alors le voir s’attribuer dans un grand hebdomadaire la chute d’un ministre, un rôle primordial dans les affaires africaines, voire à donner des leçons aux diplomates, la coupe déborde…

« Dire que c’est Bourgi qui a eu la tête de Bockel à cause de ses propos sur la Françafrique relève de la grave désinformation. Franchement, qui peut croire qu’un homme comme Bourgi ait autant d’influence sur le Président. Même si Bockel a été maladroit dans son discours et a pu vexer Bongo, il n’était pas très loin de la vérité présidentielle ? », décrypte une vieille concierge des palais africains.

La méfiance de « ses tontons africains »

Mais, plus grave pour « Bob », ses tontons africains commencent à se méfier de lui. Omar Bongo, le président gabonais l’a longtemps nourri et l’engraisse encore un peu. Si bien, comme Bakchich l’avait dévoilé, que Bourgi l’appelle « Papa » et n’hésite jamais à lui demander un peu de grisbi pour « Loyers, écoles des enfants, billets d’avions, fournisseurs de livres » (cf. « Quand Papa Bongo fait l’aumône à Bourgi ». Mais le sérail gabonais ne lui est pas acquis. L’ancienne secrétaire particulière de Bongo, Laure Gondjout, devenu ministre des Affaires étrangères le 6 février dernier, ne rate jamais une occasion de dauber sur le compte de « l’homme de Paris » au tempérament « maléfique », dont elle a souvent réceptionné les sirupeux courriers. Toujours débutés par « Mon cher Papa » et éternellement achevés par « votre fidèle serviteur ». Sans doute de telles lectures l’ont-elle lassé.

Du côté du beau-père de Bongo, le président congolais Sassou Nguesso, la méfiance à l’égard de Bourgi est quasiment légendaire. Logique, tant « Bob » travailla pour l’ancien président Lissouba, que Sassou renversa au prix de deux guerres civiles. « Il double voire triple les vérifications sur les dires de Bourgi, même si son épouse a effectivement un mandat avec le gouvernement de Brazza », précise un griot de la place.

Quant aux présidents Béninois, Centrafricain ou Angolais, que l’avocat désigne comme ses clients, « c’est tout simplement faux ». Bref, agaçant en France, inspirant la méfiance en Afrique, au moins Robert Bourgi peut-il se vanter sans fard d’œuvrer au rapprochement entre la France et l’Afrique…


SUR LE MÊME SUJET
Ouattara en France : comme au temps de la Françafrique ?
Cela faisait un petit moment que Nicolas Sarkozy n'avait pas accueilli un chef d'Etat avec un tel faste. De son arrivée à l'aéroport d'Orly mercredi 25 janvier à son diner d'Etat à l'Elysée le lendemain, le parcours du président ivoirien, Alassane Ouattara, lors de ces trois jours de visite, a été jalonné d'intentions toutes particulières. Le journal ivoirien "L'expression" rapporte avec fierté les honneurs rendus à leur président : "Cinq sections de l'armée française ont été mobilisées. Trois de l'armée de l'air, une de la marine nationale et une des forces paramilitaires." A son arrivée à l'aéroport, accueilli par le ministre de ...
Lire l'article
2011 souffle la dernière Bourgi?
Par Xavier Monnier L'avocat estampillé Françafrique Robert Bourgi aura agité la rentrée 2011. Sans autre conséquence judiciaire qu'une lumière un peu plus crue sur son parcours, et ses méthodes. Un chant du cygne sur PV. Un coup d'éclat comme il les aime, les attise et s'en régale depuis son passage avec armes et bagages en Sarkozie. Au sortir de l'été, l'avocat Robert Bourgi répète dans le JDD ce qu'il a déjà servi à Péan pour son livre la République des mallettres et nombre de journaliste avant lui (dont Bakchich) sur les coulisses de la Françafrique qu'il a servi trente ans durant : Pendant ...
Lire l'article
France/biens mal acquis: Robert Bourgi a été entendu par les juges
L'avocat Robert Bourgi, ancien conseiller officieux du président français pour l'Afrique, a été entendu jeudi après-midi par les juges chargés de l'enquête sur les biens mal acquis en France par trois chefs d'Etat africains, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Entendu en qualité de témoin, Robert Bourgi a toutefois expliqué ne rien connaître des détails de ce dossier, a déclaré à la sortie de l'audition Me William Bourdon, avocat de l'ONG anticorruption Transparency International (TI), partie civile dans ce dossier. Il dit qu'il a tout appris par la presse concernant le patrimoine acquis en France par plusieurs chefs d'Etat africains, a ...
Lire l'article
Accusations de Bourgi: “Je ne connais pas la Françafrique”, dit Ali Bongo
"Je ne connais pas la Françafrique", a affirmé jeudi le président gabonais Ali Bongo en réaction aux accusations de Robert Bourgi sur des financements occultes à des dirigeants politiques français par des présidents africains, dont le défunt président Omar Bongo. "C'est une affaire qui ne nous concerne pas. (...) C'est une affaire qui pour moi relève du passé, je ne connais pas la Françafrique", a déclaré le président gabonais à l'issue d'un conseil des ministres délocalisé à Franceville (est), en référénce à l'expression désignant des réseaux opaques entre la France et des pays africains. "Il faut croire qu'il y a beaucoup de ...
Lire l'article
La Françafrique sous Pression: Le 28 septembre, des Africains disent “Non” et Prennent d’Assaut la France
Faisant suite aux manifestations du 17 août 2010 par lesquelles des Gabonais et autres Africains ont symboliquement enterré, cercueil et corbillard à l'appui, la Françafrique devant l'ambassade de France à Washington à l'occasion du 50e anniversaire de l'indépendane du Gabon, voilà que d'autres Africains s'en mêlent, décidés, eux aussi, à porter un coup fatal à la Françafrique. Cette fois, c'est le 28 septembre, à l'occasion du 52e anniversaire du "Non" des Guinéens à la Communauté Française proposée par le Général Charles de Gaulle en 1958, que ces Africains, dans une manifestation unitairiste et internationale se déroulant simultanément dans plusieurs pays, ...
Lire l'article
La politique d'assainissement de la capitale gabonaise lancée par l'édile de Libreville lors de son installation en 2008 commence à donner des fruits. L'opération lancée le 20 avril dernier a déjà permis d'enlever 450 épaves, et le maire, Jean François Ntoutoume Emane a annoncé la poursuite de son programme d'assainissement aux nivaux sonore, sanitaire, ou encore infrastructurel. Lancée le 20 avril dernier à Libreville, l'opération d'enlèvement des quelque 3000 épaves de véhicules qui jonchent les artères de la capitale a déjà permis d'abattre presque un sixième du travail grâce au matériel acquis par la municipalité centrale à cet effet. «Depuis le ...
Lire l'article
Dictateurs africains, notre pays n’est ni la propriété du PDG, ni celle de Mr Bongo. Affirmer que la diaspora Gabonaise s’insurge contre le lynchage médiatique fait par la presse Française à Omar BONGO, est une hérésie et un gros canular. Aucune image ni soulèvement populaire n’est venu confirmer ces fausses allégations. Que le pouvoir Gabonais comprenne qu’il s’est enrichi sur le dos du peuple et de ce fait ne saurait le mêler à ses propres turpitudes et l’engager sur les responsabilités qui ne sont pas les siennes. Pour ma part, je ne suis pas solidaire d’un mouvement qui tendrait à encourager le ...
Lire l'article
Les associations Survies et Transparency international / France viennent d'être déboutées par la justice française. Et de la manière la plus radicale. Ces ONG du Nord avaient esté en justice, après une enquête minutieuse, contre des chefs d'Etats africains qu'elles accusent d'avoir spolié leur peuple en amassant biens mobiliers et immobiliers sur le sol français. Une démarche sans doute généreuse, voir chevaleresque qui s'inspire des grands justiciers des temps passés. Mais c'est sans compter avec la françafrique. Une telle entreprise était raisonnablement vouée à l'échec. Et c'est ce qui est arrivé. Les deux ONG vont très probablement faire appel. Mais quelle ...
Lire l'article
La commune de Bakoumba ( 108 Km au Sud-Ouest de Franceville), ex-cité minière connaît d’énormes difficultés depuis la fermeture du téléphérique qui faisait sa fierté et sa renommée jusqu’en 1992. La fin de la construction du chemin de fer Transgabonais et la décision de l’Etat de ne plus faire passer le manganèse de la compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) par le Congo vont précipiter la ville dans le désarroi. L’activité économique majeure tombe et les activités connexes prennent un coup. Le rythme de la vie ralentit et les habitudes changent subitement. L’entretien de la cité ne se fait plus et les infrastructures tombent ...
Lire l'article
En allant rendre visite l’autre jour au nouveau secrétaire d’Etat à la Coopération, je me suis amusé à compter le nombre de titulaires de ce poste qu’il m’a été donné de rencontrer, rue Monsieur, depuis mon arrivée à JA il y a des lustres. Très exactement dix-sept ! De Robert Galley, sous Giscard, à Alain Joyandet, le deuxième de l’ère Sarkozy. Certains m’ont laissé un souvenir fort : Jean-Pierre Cot et son idéalisme, Christian Nucci et ses frasques, Michel Roussin et sa dignité blessée, Edwige Avice et Brigitte Girardin, seules femmes dans ce monde de mâles, Jean-Marie Bockel tombé au front ...
Lire l'article
Ouattara en France : comme au temps de la Françafrique ?
2011 souffle la dernière Bourgi?
France/biens mal acquis: Robert Bourgi a été entendu par les juges
Accusations de Bourgi: “Je ne connais pas la Françafrique”, dit Ali Bongo
La Françafrique sous Pression: Le 28 septembre, des Africains disent “Non” et Prennent d’Assaut la France
Gabon : Un vent de propreté sur Libreville
La Françafrique et l’un des ses plus grands pourfendeurs à bout de souffle ?? Par Jean Legnagna
BIENS DES CHEFS D’ETATS AFRICAINS EN FRANCE: la Françafrique veille au grain
Gabon: Bakoumba, entre déclin et survie
Gabon – France – Françafrique: Rue Monsieur, l’ombre de Bongo

Votez cet article (Cliquez les étoiles · 1 = mauvais - 5 = excellent)
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)
Loading...

Auteur/Source: · Date: 11 Avr 2008
Catégorie(s): Françafrique
Fil RSS 2.0 · Commentaires/Trackback autorisés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*