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La justice atone sur les fortunes «françafricaines»

Auteur/Source: · Date: 29 Avr 2008
Catégorie(s): Françafrique

La Françafrique a de beaux restes. En novembre, le parquet de Paris classait sans suite une plainte pour détournement de fonds publics déposée par plusieurs ONG, emmenées par Sherpa (association de juristes internationaux), visant des dignitaires africains. «Les investigations n’ont pas permis de mettre en évidence des infractions», expliquait le vice-procureur de la République. La plainte n’a toutefois pas été inutile, les enquêteurs de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) ayant réalisé un formidable travail de recensement des biens détenus en France par les familles Bongo (Gabon), Nguesso (Congo) et Obiang (Guinée-Equatoriale).

Ferrari. Quinze membres de la famille Bongo détiennent quelque 70 comptes bancaires en France et une myriade de propriétés. Omar, le patriarche, possède 11 adresses parisiennes, dont un hôtel particulier acquis en 2007 pour 19 millions d’euros, et cinq à Nice. Jeff Bongo, 42 ans, se distingue avec cinq propriétés pour 6 millions d’euros. Yacine, 17 ans, possède deux appartements dans le XVI e arrondissement. Ali, par ailleurs ministre de la Défense, s’est offert trois voitures (Ferrari, Mercedes et Porsche) pour 335 000 euros. Chez les Sassou-Nguesso, 16 membres de la famille détiennent 111 comptes bancaires. Dernière acquisition : un hôtel particulier à Neuilly pour 3,1 millions d’euros. Wilfrid se distingue avec six propriétés et neuf voitures de luxe (achetées 815 000 euros). Pour le parquet, rien ne démontre que ce patrimoine proviendrait d’un détournement de fonds publics. Encore aurait-il fallu creuser l’hypothèse. «Il n’est pas sérieusement contestable que ces biens n’ont pas été acquis par le labeur des chefs d’Etat concernés et de leur famille», rétorque Me William Bourdon, fondateur de Sherpa. Un lien entre la richesse patrimoniale des potentats africains et le pillage des ressources de leurs pays est pourtant apparu dans le cas de la famille Obiang, qui règne en Guinée-Equatoriale depuis 1979.

«Taxe révolutionnaire». Il est surtout question de Teodoro Nguema Obiang, 39 ans, fils du président. Sur le sol français, pas beaucoup d’immobilier mais une sacrée facture automobile : 709 000 euros pour une Maserati. Aux Etats-Unis, Obiang fils fait plus fort : une villa à Malibu (35 millions de dollars), un jet (34 millions). La justice américaine a demandé l’entraide de la France en détaillant son système : salarié 60 000 dollars annuels comme ministre des Forêts, il a créé sa propre société, Somagui Forestal, «qui a imposé sur le bois une lourde “taxe révolutionnaire”, en argent liquide ou en chèque.» A Paris, Tracfin (cellule française de lutte antiblanchiment du ministère des Finances) en convenait dans un courrier au parquet : «Les flux mis en exergue sont susceptibles de traduire le blanchiment d’un détournement de fonds publics.» Depuis, plus rien.

R.L.
QUOTIDIEN : mardi 29 avril 2008
——

500 m2 pour la famille du président congolais et une grosse ardoise

Affaires. Au Vésinet, une PME a été lésée par les Nguesso. Les autorités restent passives.

Pas touche au clan Nguesso. Une petite entreprise française de bâtiment, Interdéveloppement Activités, peine depuis six ans à se faire payer la rénovation d’une villa au Vésinet (Yvelines). Sur les 3 millions d’euros de travaux effectués, 276 000 sont toujours impayés. Les propriétaires ne sont pourtant pas dans le besoin (lire ci-contre), puisqu’il s’agit de la famille du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso.

La villa Suzette, 500 m 2 , a longtemps appartenu en nom propre à son frère aîné, Valentin Ambendet. En 2002, ce facétieux transfère la propriété à un holding luxembourgeois, Matsip Consulting. En novembre 2004, trois semaines avant son décès, Matsip est racheté par une autre coquille grand-ducale, Edenor. Le nouvel ayant droit pourrait être Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, puisque c’est via ce holding qu’il s’est ensuite acheté, pour 172 000 euros, une Aston Martin.

Pot de terre. Jusqu’à très récemment, la justice considérait que la villa Suzette était toujours au nom de feu Valentin Ambendet, puisque son exfiltration au Luxembourg s’était faite en catimini, sans payer les droits d’enregistrements et sans mention au cadastre. Le tribunal de Versailles, saisi du litige par la PME, avait même désigné, en juillet 2007 la Direction nationale d’interventions domaniales (DNID), pour administrer la succession.

En janvier, la DNID découvre à retardement la manip offshore et réclame d’être déchargée de l’affaire. Si possible sans trop de bruit : «Compte tenu de la notoriété des personnalités en cause, le président du tribunal a bien voulu que l’audience se tienne à son cabinet à 8 h 45 précises», en dehors des heures ouvrables. Hier, le tribunal de Versailles a confirmé que la DNID n’était plus chargée de la succession.

Me Jacques Boedels, l’avocat du pot de terre, s’indigne que Bercy accepte de couvrir une «opération frauduleuse» : «L’administration s’ingénie à trouver les moyens de contourner sa mission, au mépris des droits légitimes du créancier.»

«Inhabitable». La justice versaillaise a déjà fait savoir que «la cession d’un immeuble n’a pas besoin d’être passée par acte authentique ni d’être publiée pour être valable.» Ca sent la fin de non-recevoir, d’autant que le tribunal vient d’évaluer chichement la villa à 230 000 euros, moins que le reliquat de travaux à payer… Jugée «inhabitable», elle semble fort bien habitée. Par Denis Sassou-Nguesso, aux bons soins de Wilfrid, selon son gardien interrogé par France Inter, . Lequel organisait, en juillet 2007, la visite de son oncle à Sarkozy.

RENAUD LECADRE
QUOTIDIEN : mardi 29 avril 2008
 


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Auteur/Source: · Date: 29 Avr 2008
Catégorie(s): Françafrique
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Une Réponse à La justice atone sur les fortunes «françafricaines»

  1. BEMBA

    29 Juil 2008 a 19:38

    Il ne faut surtout pas attendre sur la justice française pour condamner les détournements d’argents public des dictateurs africains. Je suis africain et j’approuve totalement les français sur ce point.
    Ce n’est pas à la justice française de moraliser les rois nègres. Ce n’est pas à la justice française de punir les despotes nègres au pouvoir en Afrique pour leur kleptomanie. Ce n’est pas à la justice française de se substituer aux populations africaines. Il appartient aux africains de faire justice eux-mêmes, puisqu’ils sont les seuls victimes des tyrans. Ce n’est pas en France que 3 enfants sur 5 meurs avant l’âge de cinq ans, mais en Afrique. Ce n’est pas aux autres de faire la révolution à la place des africains, mais aux africains eux-mêmes.
    Les Européens ont fait leur révolution, les Russes ont fait leur révolution, les asiatiques ont fait leur révolution, les Sud américains ont dans les années 80 chassés les godillots du pouvoir, les cubains ont fait leur révolution, alors qu’ils avaient comme ennemi les USA. Partout dans le monde les peuples se sont soulevé, pourquoi chez nous africains nous attendons toujours sur les autres pour changer le cours de notre propre histoire. Pourquoi attendons nous sur les autres pour faire notre histoire.
    Le nègre a peur de mourir, alors que statistiquement il meurt beaucoup plus jeune que les autres peuples de la terre à cause justement de la misère dû à la pauvreté.
    La France est la grande gagnante de la kleptomanie de nos dictateurs puisqu’ils investissent généralement en France, et l’on sait très bien qu’à la mort des dictateurs au moins 80 à 90% des biens achetés en France sont phagocytés par les français.
    Bokassa est mort dans la misère, il ne reste quasiment plus rien de la fortune de Mobutu, Duvalier vie de la mendicité auprès de la communauté haïtienne de France. A la mort de Bongo de Sassou de Biya, et les autres, les fisc français saisira la quasi totalité des biens de ces dictateurs pour arriéré d’impôts.
    Nos potentats le savent tous, mais ils haïssent tellement leurs frères qu’ils préfèrent être dépouiller par les français que de construire des hôpitaux, des écoles, des routes pour le bien des populations africaines.

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