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Gabon: Réquisitoire contre l’état de léthargie d’une certaine revendication gabonaise

Auteur/Source: · Date: 16 nov 2008
Catégorie(s): Analyses,Opinion

La plupart des gens préfèrent croire que leurs dirigeants sont justes et équitables même en face de preuves du contraire, puisque lorsqu’un citoyen reconnaît que le gouvernement sous lequel il vit ment et est corrompu, il doit décider de ce qu’il compte faire. Certes, poser des actes face à un gouvernement corrompu représente des risques d’atteinte à sa vie ou à celles d’êtres chers. D’un autre côté, choisir de ne rien faire implique de trahir toute idéologie de défense des principes moraux de justice et de vérité qui sous-tendent notre existence. La majorité des gens n’ont pas le courage de faire face à ce dilemme. Par conséquent, la plupart des discours creux, des intimidations physiques (menaces, meurtres, assassinats, emprisonnements, etc.) et autres propagande de notre système ne sont pas conçus pour tromper notre esprit critique, mais plutôt pour donner aux lâches d’esprit une excuse de ne pas s’engager, ni même penser du tout. Ils ont compris le fait que l’opinion publique est la clé. Avec l’opinion publique, rien ne peut faillir. Sans elle, rien ne peut réussir. Celui qui manipule les opinions est plus important que celui qui applique les lois. Et des centaines de millions de francs sont dépensés chaque année pour contrôler cette opinion publique. Depuis quarante ans, le résultat est épatant.

Nous devons être le changement que nous voulons voir s’accomplir. Pour cela, nous devons nous revêtir de la Justice, lui servir de vêtement, de visage, pour les causes que nous croyons justes.

Pourquoi avons-nous peur de sanctionner courageusement nos mauvais dirigeants ? Les américains ne viennent-ils pas de le faire, par le vote, pour l’administration Bush ?
Pourquoi nous encombrons-nous donc d’un même mauvais président depuis 40 ans ?
Pourquoi lui renouvelons-nous donc systématiquement nos votes depuis 1993, année depuis laquelle nous avons pourtant le choix entre plusieurs autres candidats ?
Et pourquoi accepterons-nous de lui redonner nos votes dans 3 (trois) ans, en 2012, lors de sa future réélection préprogrammée ?

Pourquoi, chers compatriotes, pourquoi donc tout ceci ?

Pourquoi devrions-nous toujours accepter qu’une seule même famille, non monarchique, aidées de quelques dizaines de personnes corrompues et assimilées, s’arroge le droit de brader nos ressources, de compter, d’empocher, de distribuer et de dépenser notre argent, de gérer notre patrimoine, de ternir notre image dans le monde et de diriger dans la souffrance et le désespoir, le million et demi d’autres âmes qui occupent notre vaste territoire ?

Pourquoi devrions-nous toujours accepter cela, chers compatriotes ?

Pourquoi devrions-nous toujours accepter cette loi du silence, qui veut que ce groupe de compatriotes zélés, convaincus de leur droit naturel sur nos possessions communes, nous impose à chaque fois leurs choix d’hommes et de femmes, commis de la gloire personnelle, ainsi que leur vision trompeuse d’une gestion partagée et jamais rassasiée d’un patrimoine aussi riche que le nôtre ?

N’y a-t-il pas d’autres intelligences, d’autres personnes, d’autres leaders, comme le disait l’ex-secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan à propos des dictateurs africains, qui soient à même de diriger nos pays ? N’y a-t-il pas d’autres familles que celles qui sont au pouvoir au Gabon aujourd’hui, pour conduire notre pays vers un avenir meilleur ?

Je le crois. Nous le croyons tous. Sauf bien sûr ceux qui sont aujourd’hui derrière le guichet de notre banque nationale. Pour eux, nul besoin de changer, en tout cas pas tant que les clés du coffre fort leur seront pourvues. Retraits, crédits, tapages, débits illimités et ininterrompus dans la caisse de l’Etat depuis 1967. Autant de réprimandes et d’usurpations qui justifient toute sorte de manœuvres, d’excès et de délits pour se maintenir au pouvoir. C’est la raison pour laquelle, dans cette partie du monde, des hommes et des femmes ont l’impression que leur vote ne vaut rien, tant les résultats des scrutins sont connus d’avance.

Et pourtant, une autre voie existe, un autre moyen nous est offert pour exprimer notre ras-le-bol et envisager le changement que nous désirons depuis longtemps pour notre peuple. Cette voie, cette urne, s’appelle LA Justice Internationale.

En quarante ans d’exercice d’une fonction aussi exposée que la présidence d’une république, les adversaires de notre émancipation auront du mal à dissimuler toutes les preuves de détournement, de corruption, de trahison et de malversation qui nous poussent ce jour à vouloir changer de dirigeants. Ces preuves sont depuis quelques temps maintenant, détenues par certains défenseurs de la Justice, qui estiment comme nous que le rubicond de l’inacceptable, dans les forfaitures dont se rendent systématiquement coupables les potentats africains, est atteint. Mais ces preuves ne sauront être pourvues, ni même laissées trop longtemps à notre merci, par ceux-là mêmes qu’elles accablent. C’est la raison pour laquelle il nous faut dès aujourd’hui les inventorier, les localiser, les chiffrer et évaluer les conséquences de leur échelonnement sur les perspectives envisageables qu’aurait dû connaître l’évolution de notre pays dans le cas où elles auraient été mieux utilisées. Ce n’est qu’après cela que nous en confierons la traduction sous forme juridique à un avocat qualifié. La Justice Internationale, demeurant à ce jour la seule juge crédible et incorruptible face aux excès de l’humanité, dira dès lors son Droit. Et ce n’est que de cette façon qu’un triomphe véritable pourra être ressenti dans la conscience de toutes ces familles, ces enfants, ces femmes et ces hommes auxquels cette brimade n’a cessée d’être infligée depuis 40 ans. Et nous pouvons nous conforter dans cette démarche en faisant un rapide inventaire du tableau judiciaire de notre principal dirigeant. Rares sont en effet les procès qui lui ont été favorables, dans la longue liste de tous ceux auxquels il a été appelé à comparaître que ce soit en tant qu’accusé que partie civile. Deux exemples récents :

1. Paris, 14 mars 2007. Bongo, ses amis Denis Sassou Ngesso du Congo et Idriss Déby du Tchad, deux autres « pointures » d’Afrique Centrale, portent plainte contre l’auteur du livre « Noir Silence », François Xavier Verschave, pour « offense à chefs d’Etats ». verdict : procès perdu par les trois dictateurs.

2. Bordeaux, 29 septembre 2008. Le fils de René Cardona, ancien patron des Pêcheries de Libreville, porte plainte contre le dictateur gabonais, qu’il accuse d’avoir escroqué à son père la somme de 300 millions de FCFA. Verdict : procès perdu par le dictateur, qu’on enjoint de s’acquitter de la somme de 457.347 euros et des intérêts dus depuis 1996, ainsi que les frais de justice.

Dans les villes du pays où il a pourtant prêté serment en 1967 et pour les intérêts duquel nous avons de bonnes raisons de penser qu’il travaille, la Justice Internationale a fait triompher son Droit. Cela devrait donc nous instruire, nous pousser et nous convaincre d’envisager une autre manière de revendiquer nos droits, en vue d’obtenir une réparation pleine et totale pour notre peuple. Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. C’est pour cela qu’une plainte déposée en France, entre les mains de la Justice Internationale, représente le seul espoir pour nous gabonais pour que justice soit rendue. Et nous sommes de plus en plus nombreux à croire à la vertu des petits peuples et à la force du petit nombre. Notre pays sera sauvé par quelques uns, de par leur détermination, leur habilité, leur intelligence et leur capacité à se servir des forces et des outils que le monde mets à notre disposition.

À la lecture du verdict du procès qui l’opposait aux dictateurs africains, François Xavier Verschave lança à l’endroit de la jeunesse africaine spoliée : « par cette victoire, vous disposez désormais de suffisamment de preuves juridiques pour exiger des réparations (…) »

Le nouveau visage de notre pays nous tend un miroir. Saurons-nous nous y regarder ?
Mais je sais, comme d’autres avant lui et avant moi, ce message restera lui aussi lettre morte.
La nature ne me jugera de n’avoir néanmoins rien tenté.

Sylvain NDONG

Quelques ouvrages pour nous préparer:

Quelques liens Internet pour approfondir notre réquisitoire :

 


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Auteur/Source: · Date: 16 nov 2008
Catégorie(s): Analyses,Opinion
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Une Réponse à Gabon: Réquisitoire contre l’état de léthargie d’une certaine revendication gabonaise

  1. MAXWELLRachelle21

    13 jan 2011 a 04:54

    People all over the world take the loan from different banks, just because it’s easy.

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