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Solidarité avec les militants anti-corruption arrêtés au Gabon

Auteur/Source: · Date: 13 Jan 2009
Catégorie(s): Monde

Jeudi 8 janvier l’association Survie a organisé une manifestation pour dénoncer l’arrestation de plusieurs représentants d’organisations de la société civile gabonaise qui alertaient l’opinion sur la corruption du régime d’Omar Bongo. Le rassemblement a eu lieu devant l’hôtel particulier du président Bongo situé au 4 rue de la Baume dans le 8ème arrondissement de Paris. La mobilisation a réuni une trentaine de militants dont un bon nombre de Survie Paris et de la Cellule Françafrique. Des slogans et des banderoles dénonçaient la corruption du pouvoir gabonais et le rôle central de la françafrique. On pouvait ainsi lire sur les banderoles « Sarkozy, la rupture, c’est pour quand ? » ou encore « Sarkozy, l’ami des dictateurs ». Les manifestants ont aussi brandi des portraits des personnes incarcérées à Libreville et ils ont simulé une arrestation, menottes aux poignets. Enfin ils ont appelés les autorités gabonaises à procéder à la libération immédiate des détenus et exigés que la diplomatie française sorte de son silence dans cette affaire. La manifestation s’est faite en présence de presse notamment l’AFP, BBC, Libération, France2, Panapress et France Inter.
Retour sur les faits

Le 2 décembre 2008, l’association anti-corruption Transparency international et Gregory Gbwa Mintsa, plaignant gabonais dans l’affaire des biens mal acquis en France par des chefs d’Etat africains (dont Omar Bongo), déposaient une plainte à Paris visant les présidents gabonais, congolais et équato-guinéen sur l’acquisition de biens immobiliers en France. La famille du président gabonais Omar Bongo posséderait à elle seule 39 propriétés de luxe en France, dont un bon nombre à Paris. Alors qu’une première plainte avait été classée sans suite par la justice française, cette fois ci, la constitution de partie civile, grâce à l’implication d’un citoyen gabonais, pourrait entraîner la désignation d’un juge d’instruction par la justice française. Les autorités gabonaises directement impliquées dans le dossier des biens mal acquis ont réagi rapidement à cette nouvelle menace.

Ainsi, le mardi 30 décembre, Gaston Asseko, journaliste et directeur technique à Radio Sainte-Marie et Léon Dieudonné Koungou, du journal Tendance Gabon, ont été arrêtés suite à leur convocation au bureau des services de renseignements de l’armée gabonaise. Le lendemain, le mercredi 31 décembre 2008, d’autres militants sont à leur tour arrêtés “pour détention d’un document en vue de sa diffusion dans un but de propagande”. Il est en fait question de la Lettre ouverte des Acteurs libres de la société civile gabonaise à Monsieur Omar Bongo Ondimba datée du 8 décembre 2008. Les personnes incarcérées sont Grégory Gbwa Mintsa, plainant gabonais, Marc Ona Essangui, président de l’ONG Brainforest et coordonnateur de la coalition Publiez ce que vous Payez Gabon (relais local de la campagne mondiale éponyme pour la transparence des industries extractives) ainsi que Georges Mpaga, président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG). Les bureaux de Publiez ce que vous Payez Gabon et de l’ONG Brainforest ont été saccagés et les ordinateurs de ces organisations saisis.

D’autres militants sont quand à eux activement recherchés par les autorités gabonaises comme Monsieur Bruno Ben Moubamba, porte parole des Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise, qui a publié la lettre ouverte demandant des comptes au Président Bongo sur la gestion financière du pays.

Les militants interpellés sont toujours détenus dans les locaux de la police judiciaire gabonaise. Leurs conditions de détention sont déplorables et l’état de santé de Grégory Gbwa Mintsa est préoccupant. Il a refusé pendant un moment de se nourrir et de se soigner et un médecin a constaté qu’il souffrait d’oedèmes après 6 jours de détention en position assise.
Libération immédiate des détenus, respect des droits humain et lutte contre la corruption

Selon Olivier Thimonier, secrétaire général de l’association Survie, les chefs d’accusation retenus contre ces militants sont infondées. « Le pouvoir cherche à punir nos camarades pour leur engagement en faveur de la transparence dans la gestion des biens publics au Gabon. Certains d’entre eux sont punis pour leur action dans la plainte déposée en France contre les biens mal acquis par les dirigeants africains » . Dans cette affaire tout laisse à penser que cette détention est illégale : arrestation au domicile des militants en l’absence d’un mandat d’arrêt et durée de détention exceptionnellement longue. Survie qualifie cette opération coup de poing de « tentative d’intimidation » et de « prise d’otage dirigée contre des responsables de la société civile gabonaise ».

A cela il faut ajouter que le jeudi 8 janvier, l’avocat français des prévenus, Thierry Lévy a été « empêché » par la police aux frontières (PAF) à Roissy de prendre son avion pour Libreville. Son visa de quatre jours ayant été annulé à la dernière minute par les autorités gabonaises « pour des raisons de sécurité ». Selon William Bourdon, avocat spécialisé dans la défense des Droits de l’homme, c’est un acte « sans précédent » qui marque une volonté politique de non droit dans ce dossier.

Survie rappelle que « le mutisme des autorités françaises dans cette affaire serait une preuve supplémentaire du renoncement de notre pays à la défense des droits de l’Homme lorsque des intérêts stratégiques sont en jeu, renoncement clairement annoncé par Bernard Kouchner dans son allocution du 10 décembre 2008. L’absence de réaction du secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme de Rama Yade constituerait quant à elle une nouvelle preuve à charge de l’inutilité d’une institution, qui n’a jamais émis le moindre positionnement sur les violations des droits de l’Homme commises dans les pays dominés par des dictateurs africains amis de la France » .

Il apparaît essentiel que tous les Etats ratifient et appliquent la Convention des Nations unies contre la corruption. En se dotant de cet instrument juridique, les pays du Nord comme la France ont l’obligation de restituer la totalité des avoirs détournés (art 51) après avoir levé le secret bancaire (article 40). « Cette dernière mesure est absolument nécessaire et urgente pour restituer les biens mal acquis aux populations du tiers-monde, victimes directes de ces détournements d’argent public et des complaisances occidentales. Au total, ce sont entre 20 et 40 milliards de dollars qui fuient chaque année les pays du Sud à cause de la corruption ; ce qui représente 20 à 40 % des chiffres affichés d’« aide publique au développement » .

Les responsables au Sud et leurs complices au Nord doivent donc être poursuivis en justice comme le stipule cette Convention contre la corruption (article 30). Ainsi la plainte déposée en France le 2 décembre dernier pour le recel de détournement de fonds publics contre Omar Bongo, Sassou N’Guesso et Théodore Obiang doit aboutir à une juste condamnation et les plaignants et militants qui agissent dans le cadre de cette affaire doivent être libérés et protégés.

Le CADTM appelle à la libération immédiate des détenus et témoigne sa solidarité avec les citoyens et les militants qui luttent contre la corruption et pour la transparence, la vérité et la justice. Le CADTM est indigné par le silence des autorités françaises qui doivent sans plus attendre condamner fermement cette violation des droits de l’Homme.

source: HNS 


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