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Gabon : Franceville à la pointe de la recherche sur le virus Ebola

Le Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF), dans le Haut-Ogooué, vient d’annoncer l’opérationnalité de ses capacités d’analyse épidémique, pour lesquelles trois jours suffiront désormais à confirmer un foyer épidémique, contre les deux semaines nécessaires pour attendre les résultats des laboratoires américains. Il y a un an, l’équipe de recherche du CIRMF avait annoncé lors d’un congrès mondial à Libreville la découverte du réservoir des virus Ebola et Marbourg, la chauve-souris, qui avait permis de débloquer les moyens de développer les capacités de recherches du centre.

Depuis l’annonce il y a un an de la découverte du réservoir des virus Ebola et Marbourg, le Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) est parvenu à renforcer de manière significative ses capacités de traitements des données épidémiologiques.

L’évolution de la recherche à Franceville permet désormais aux chercheurs du CIRMF de confirmer dans un délai de trois jours un foyer épidémique, contre les deux semaines qui étaient auparavant nécessaires pour avoir les résultats en provenance du laboratoire américain d’Atlanta.

A l’occasion du 4e Congrès International sur les virus Ebola et Marburg qui s’est tenu du 26 au 28 mars dernier à Libreville, l’équipe du docteur Eric Leroy, chef d’unité des maladies virales émergentes au CIRMF, avait annoncé la découverte du réservoir du virus Ebola, qui serait la chauve-souris.

Cela faisait trente ans que les chercheurs du monde entier se penchaient sur les vecteurs de transmission de ce virus. Grâce à cette découverte, les chercheurs peuvent désormais mieux orienter leurs recherches pour le traitement de ces maladies mais surtout, de réelles mesures de prévention peuvent être prises contre la propagation du virus.

Le laboratoire hautement sécurisé situé à Franceville au Gabon est au cœur de la recherche des Virus Ebola et Marbourg, redoutables virus de fièvre hémorragique, source d’épidémie foudroyante ces dernières années en Afrique centrale pour l’équipe du docteur Eric le Roy, le foyer du virus Ebola se trouve dans les chauves-souris.

«Pour la première fois dans l’histoire d’Ebola, dans l’histoire de la fièvre hémorragique, le laboratoire de l’équipe d’Eric le Roy a montré que les chauves-souris étaient un vecteur potentiel du virus Ebola. Ils ont aussi pour la première fois dans le monde montré qu’un autre virus est un virus cousin du virus Ebola, le virus de Marburg, dont les chauves-souris sont aussi le réservoir», a déclaré le directeur général du CIRMF, Jean Paul Gonzalez.

Cette grande découverte du CIRMF a permis de dégager les moyens nécessaires au développement des capacités de ses laboratoires dans la recherche épidémiologique, dont l’efficience permet aujourd’hui un gain de temps précieux pour le déploiement des équipes médicales sur le terrain.

Le virus Ebola est apparu pour la première fois en 1976 au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo) et au Soudan. Des épidémies sporadiques ont ensuite éclaté au Congo, au Gabon, en Côte-d’Ivoire et en Ouganda.

Les personnes touchées développent une fièvre hémorragique, pour laquelle il n’existe encore aucun traitement et qui tue dans 50 à 90% des cas. La maladie de Marburg, qui porte le nom de la ville allemande où elle a été diagnostiquée pour la première fois dans un laboratoire en 1967, a fait plusieurs dizaines de victimes en Afrique, avec des taux de mortalité dépassant 80%.

«Les mesures de préventions restent d’éviter tout contact direct ou indirect avec les chauves-souris», a rappelé le docteur Eric Leroy, à l’origine de la découverte.

Le CIRMF travaille également sur la dengue hémorragique, le paludisme et le virus du sida, pour lesquels il réalise depuis près de 30 ans des milliers de prélèvements sanguins afin de constituer une banque de données qui permettra à la communauté scientifique internationale de faire progresser la recherche sur ces maladies. 


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