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Vidéo : Le Dr. Daniel Mengara appelle à la permanence de la résistance, demande le départ en exil d’Ali Bongo Ondimba

Auteur/Source: · Date: 7 Août 2009
Catégorie(s): Communiqués BDP,Vidéos

Dans un discours vidéo  publié sur le site du mouvement « Bongo Doit Partir » en soutien aux manifestants qui se sont jetés dans la rue à l’appel des candidats à l’élection présidentielle, le Dr. Daniel Mengara a appelé à la permanence de la résistance et au départ en exil d’Ali Bongo Ondimba.


Chers compatriotes,

Inutile de vous dire que l’heure est grave. La répression policière commanditée par Ali Bongo contre le peuple gabonais lors des manifestations pourtant pacifiques de ce vendredi 7 août 2009, est le signe que le changement que les Gabonais attendent ne viendra pas tout seul.

Quand, le 20 juin 2009, j’annonçai ma candidature à la présidence de la République pour le compte de l’élection anticipée de cette année suite au décès d’Omar Bongo, j’avais clairement dit aux Gabonais qu’il ne fallait pas se leurrer, que le changement ne viendra pas de lui-même, que les Gabonais doivent se préparer à la lutte et au sacrifice pour obtenir ce changement.

J’avais, à cette occasion, dit que nous ne devions pas nous voiler la face ou nous cacher de la réalité, qu’il n’y avait pas mille manières de changer le Gabon, mais seulement trois. Je répète : j’avais dit qu’il  n’y avait que trois manières de changer le Gabon.

Parmi ces trois voies pour le changement, j’avais dit qu’il n’y en avait qu’une seule qui était pacifique et non violente et deux qui étaient violentes : j’avais dit que la seule manière pour le Gabon de changer dans la paix la plus totale consistait pour le régime Bongo de tout simplement décider, par lui-même, d’abandonner le pouvoir sans y être forcé. Et pour qu’une telle chose se passe, il fallait que ce régime, de par lui-même, décide soit d’organiser des élections entièrement transparentes qu’il perdrait naturellement, puisque, tout le monde le sait, il ne peut pas gagner des élections transparentes au Gabon, soit que les membres de ce régime se réveillent TOUS un beau matin, transfigurés par la grâce divine, pour dire aux Gabonais qu’ils sont fatigués, qu’ils reconnaissent qu’ils ne peuvent plus rien faire pour le Gabon, et qu’ils ont décidé de tout simplement abandonner le pouvoir. Cela, j’avais appelé cela l’hypothèse du miracle car vous conviendrez avec moi que cela relèverait du miracle divin. On aurait du mal à voir ce régime abandonner de lui-même le pouvoir sans y être forcé.

La preuve, voilà une simple marche pacifique de l’opposition qui a été réprimée ce vendredi 7 août 2009 tout simplement parce que la famille Bongo pense que le Gabon lui appartient et qu’elle est prête à tuer les Gabonais pour se maintenir au pouvoir ad vitam aeternam. Voilà pourquoi, quand j’ai toujours parlé de violence, les gens m’ont qualifié de violent alors que tout ce que j’essayais de faire, c’est faire comprendra aux Gabonais que le changement dans la violence est OBLIGATOIRE au Gabon, qu’on le veuille ou pas. Cette violence n’a rien à voir avec moi ou le BDP : elle est obligatoire parce que c’est la seule voie. La preuve : les candidats à la présidence, pour éviter la violence, ont appelé le peuple à une simple marche pacifique pour demander la démission d’Ali Bongo du gouvernement, et voilà : la répression leur est tombée dessus alors qu’ils n’avaient pas appelé à la violence.

Voilà pourquoi, depuis 11 ans, je ne cesse de dire aux Gabonais que le changement ne viendra pas par le bon vouloir du régime. Il faudra forcer ce régime à la porte. Il ne faut donc pas se leurrer.

Je tiens donc tout de suite à saluer, au préalable, le courage des leaders politiques gabonais, Pierre Mamboundou, Paul Mba Abessole, Jules Bourdès Ogouligiendé et tous les autres, qui ont appelé le peuple à cette manifestation, manifestation pacifique qui nous a donné à tous la preuve ultime de ce qu’Ali Bongo prépare à ce pays, c’est-à-dire, une dictature pire que celle de son père. Vu qu’Ali Bongo sait très bien qu’il ne peut gagner une élection transparente au Gabon, ni se maintenir au pouvoir par l’amour des Gabonais qui l’ont vomi comme ils ont vomi son père, il n’a que trois solutions pour gouverner : la fraude pour arriver au pouvoir, l’armée pour se maintenir au pouvoir, et le kidnapping et la corruption de ses adversaires politiques pour acheter le pouvoir, ce qui veut dire que comme son père, il passera son temps à corrompre, détourner, violer, voler, assassiner, pour pouvoir rester au pouvoir. Ce sera donc encore 40 ans de la même chose, 40 ans de sous développement et de génocide. Cela, nous ne devons plus l’accepter. Plus jamais. Plus maintenant. Pas cette fois.

A mes frères aînés ou petits frères de l’opposition, j’ai tout de même un message. Certes, je regrette hautement qu’un mauvais concours de circonstances m’ait éloigné du Gabon au moment même où commence cette lutte que j’espère finale pour la liberté. Je n’ai pas pu être avec vous parce que, initialement, au vu des délais très courts qui avaient été donnés dans un calendrier électoral que l’on n’a communiqué aux Gabonais qu’au dernier moment, et ceci dans le but de favoriser la fraude électorale, j’étais allé au Gabon juste pour une durée d’une semaine pour à la fois me recueillir sur la tombe de ma mère et valider ma candidature. Mon retour aux USA était déjà prévu pour le 27 juillet dans le cadre de mon calendrier de préparation. Autrement dit, après le rejet de ma candidature par la CENAP le 23 juillet, j’avais déposé, le 24 juillet, un recours auprès de la Cour constitutionnelle pour la validation de ma candidature. Parce que, par naïveté sans doute, j’étais tellement confiant que la Cour constitutionnelle me rétablirait dans mon droit à la candidature, je suis rentré aux Etats-Unis le 27 juillet dans le but de venir tout simplement me préparer une bonne fois pour un retour en force au Gabon où je comptais battre campagne en tant que 24e candidat retenu pour l’élection anticipée. Je ne me doutais pas alors que le 31 juillet, la Cour constitutionnelle rendrait une décision hautement politique et arbitraire pour m’écarter coûte que coûte de la course à la présidence, sans doute sur ordre express d’un Ali Bongo qui a décidé de se comporter en véritable vandale de la politique gabonaise pour m’écarter avec la complicité de sa belle-mère Mborantsuo, et ceci après m’avoir kidnappé de l’aéroport le 20 juillet à mon arrivée au Gabon pour m’emmener à la chambre 256 du Ré Ndama aux fins de me forcer à le rencontrer. Heureusement que j’ai pu échapper à ce traquenard grâce à ma famille qui m’a sorti de l’hôtel à 4 heures du matin par les sous-sols. C’est, hélas, à cause de ce mauvais concours de circonstances que je suis actuellement aux Etats-Unis au moment même où commence, je l’espère, un mouvement de revendication politique qui, à mon avis, ne devrait s’arrêter qu’avec l’évincement d’Ali Bongo du gouvernement et son départ en exil.

A mes courageux frères de l’opposition, Pierre Mamboundou, Paul Mba Abessole, Jules Bourdes Ogouliguendé, et tous les autres, et à tous les états-majors de campagne de tous les candidats, je lance l’appel suivant.

C’est maintenant ou jamais, mes frères. Profitons de ce moment exceptionnel d’unité et de symbiose avec un peuple révolté pour comprendre que c’est maintenant ou jamais qu’il faut oser le changement. Maintenant que le peuple gabonais est debout et prêt, ne le calmons plus, ne lui demandons plus de repartir à la maison, ne le démobilisons plus comme nous l’avons fait par le passé. Au contraire, mobilisons-le un peu plus pour que cette manifestation qui a commencé ne s’arrête qu’avec le départ en exil d’Ali Bongo.

Apprenons les leçons de l’histoire, mes frères.

Notre pays a, depuis 20 ans, souffert d’une classe politique qui a toujours voulu faire les choses à moitié. A la conférence nationale, on a laissé Omar Bongo garder tous les pouvoirs de dictature et on a oublié de rendre la conférence nationale souveraine pour forcer Omar Bongo au départ. Après la mort par assassinat politique du martyr gabonais Joseph Rendjambé en 1990, alors que les Gabonais étaient dans la rue et prêts à en finir avec le régime Bongo, la classe politique a voulu calmer le jeu et Bongo a encore échappé à l’évincement. Lors des élections présidentielles de 1993, alors que Bongo avait perdu ces élections faces à Mba Abessole, ce sont encore les leaders politiques du Gabon, du régime comme de l’opposition, qui ont calmé les populations, les privant par la même occasion de l’opportunité d’en finir. Aux accords de Paris, on a encore laissé Bongo dicter le jeu en imposant sa paix et non celle des Gabonais. Ne parlons même pas de la trêve sociale qui a immobilisé le pays dans la passivité généralisée au moment même où il fallait à la société civile et politique le courage d’exiger le départ des incompétents qui, eux, continuaient à piller le pays.

Et nous voilà en 2009 avec une population qui en a marre et qui veut dire, plus jamais les Bongo. Plus maintenant, pas cette fois. Allons-nous laisser cette occasion se perdre également ? Allons-nous laisser Ali Bongo prendre en otage le Gabon en renvoyant encore une fois les Gabonais révoltés chez eux ?

Dans ma lettre à mon grand frère et aîné de l’opposition Pierre Mamboundou le 3 juillet dernier, je disais à mon frère que la seule manière de gagner ce combat pour les Gabonais, au jour d’aujourd’hui, consistait, pour la véritable opposition, à laisser de côté les querelles de leadership tournant autour de qui sera le candidat unique de l’opposition, pour se consacrer plutôt, au préalable, à la clarification, une bonne fois pour toutes, des règles du jeu démocratique dans notre pays, clarification sans laquelle aucune élection ne vaudrait la peine d’être tenue au Gabon.

Cette clarification imposait donc que l’opposition s’unisse autour de ce que j’ai appelé une « Plateforme de la transparence » qui contiendrait en elle une batterie de revendications et d’exigences à imposer au régime. Et qu’il fallait, dès lors, dire au régime d’accepter d’appliquer ces exigences à la lettre, sans quoi, l’opposition s’organiserait pour rendre le pays ingouvernable et même, utiliser la force de la rue pour imposer cette réforme, et si nécessaire, chasser du pouvoir les récalcitrants qui se refuseraient à la démocratie.

Ceci parce que je continue à penser que ce n’est pas par les urnes que le changement arrivera au Gabon, mais par la rue. Je ne dis pas cela parce que ma candidature a été rejetée. Bien au contraire. Toute la raison d’être de ma candidature tournait autour d’une stratégie qui me faisait utiliser la tribune et la protection politique que m’offrait cette candidature pour pouvoir dire librement aux Gabonais, justement, que la seule manière de libérer le Gabon du bongoïsme consistait à tout simplement bloquer la transition tronquée et bâclée qu’Ali Bongo, Rose Rogombé et Madeleine Mborantsuo nous ont concoctée, et mener le pays à une insurrection en bonne et due forme pour imposer la démocratie. Tel était mon objectif en me déclarant candidat car je sais que le Gabon ne changera pas autrement. Les urnes sont un leurre et toute personne qui vous dira qu’il suffit de participer à une élection perdue d’avance pour la gagner vous ment. Participer à cette élection sera une validation de la fraude d’Ali. Il faut donc tout bloquer et ne pas tenir d’élection sans passer par une transition digne de ce nom.

Que ceux qui croient que le changement dans la paix ou par les urnes est possible au Gabon se détrompent. Le régime Bongo ne laissera pas le pouvoir sans y être forcé, et il ne permettra pas d’élections transparentes sans y être obligé. Comme vous l’avez-vu, ce vendredi 7 août, même quand l’opposition tenterait une marche pacifique, la violence lui tombera toujours dessus parce qu’Ali Bongo et le régime bongoïste ne veulent pas se plier aux exigences de la démocratie.

Il faut donc que l’opposition s’organise et s’unisse urgemment autour d’une plateforme de la transparence et qu’elle ne fasse plus les choses à moitié.

Ne plus faire les choses de moitié c’est tout simplement profiter de ce moment où les Gabonais ont recommencé à exprimer leurs ras-le-bol pour obtenir du régime son abdication totale. Et pour que cette abdication totale soit obtenue, la plateforme de la transparence qui doit unir l’opposition doit contenir, au minimum, les exigences suivantes qui sont non négociables et inconditionnelles :

1) L’opposition unie doit se fixer comme objectif ce que j’appelle l’ « objectif 50.000 », c’est-à-dire ne pas laisser retomber la fièvre de la manifestation commencée aujourd’hui vendredi 7 juillet. Au contraire, il faut l’attiser et faire passer le message partout au Gabon que la manifestation commencée aujourd’hui à Libreville à Rio est permanente, que les Gabonais doivent se regrouper en permanence à Rio dans un sit-in sans fin et se relayer là pendant une semaine, un mois s’il le faut, et continuer à s’y assembler jusqu’à atteindre le nombre minimum de 50.000 manifestants qui, par leur masse ainsi assemblée, vont devenir le point d’impact par lequel le peuple va demander l’abdication du régime en place.

2) Cette abdication doit inclure les exigences suivantes :

– Exiger la sortie d’Ali Bongo et de sa sœur Pascaline des arcanes de l’Etat, y compris les vider du palais du bord de mer où ils continuent à se comporter en maîtres absolus.

– Exiger d’Ali Bongo qu’il quitte immédiatement le pays pour un exil de 6 mois à un an, dont la durée dépendra tout simplement du temps que cela prendra pour organiser une transition démocratique qui va préparer des élections transparentes une bonne fois pour toutes au Gabon en son absence. Il pourra revenir au Gabon suite à la transition et se présenter à l’élection s’il le veut, mais au moins le contexte sera démocratique. Cet homme Ali, comme son père, est trop nocif pour le pays et ne pourra que causer la division et la guerre civile de par sa simple présence machiavélique. Qu’il aille donc se reposer quelque part en France, et ne revienne que quand les Gabonais auront mis en place un système démocratique et préparé le vote dans des conditions qui verront la venue au pouvoir de celui que les Gabonais voudront bien choisir, librement et démocratiquement. S’ils choisissent librement Ali Bongo, on acceptera. Mais s’ils élisent quelqu’un d’autre comme on le pressent, qu’Ali ait le courage de l’accepter aussi.

– Exiger la démission de Rose Rogombé qui n’a pas joué son rôle de garante des institutions de la République. Non seulement elle n’a pas respecté les règles de la transition telles que stipulées dans la constitution, elle a également été incapable de favoriser une transition démocratique dans la neutralité, ce qui était pourtant son rôle en tant que Présidente intérimaire dont la tâche première était d’organiser les élections. Elle s’est donc disqualifiée de cette responsabilité..

– Exiger la démission de tous les membres de la Cour constitutionnelle actuelle et leur remplacement par des hommes et des femmes neutres  capable de dire la loi au lieu de faire de la politique.

3) Au niveau des ambassades et des représentations diplomatiques du Gabon dans le monde, les Gabonais de la Diapsora doivent également se mobiliser pour occuper, en permanence, les locaux de leurs ambassades jusqu’à ce qu’Ali Bongo et sa sœur Pascaline partent pour un  en exil temporaire en France. Ils doivent aussi organiser des veilles et des vigiles permanentes dans leurs villes jusqu’à ce qu’Ali Bongo parte en exil.

4) Mais surtout, surtout, surtout, l’opposition doit avoir, au centre de sa revendication, les exigences de transparence suivantes :

– Mise en place d’une transition de 6 mois à un an en vue de la préparation sérieuse et non bâclée, des élections ; cela veut dire défaire tout ce que Rogombé, Ali Bongo et Mborantsuo ont manigancé comme chaos électoral et reprendre à zéro la transition démocratique sur fond de réforme.

– Mise en place d’un gouvernement de transition inclusif de toutes les tendances de la société politique et de la société civile, gouvernement qui durera 6 mois à un an, et dont le rôle sera de mener à bien la révision de la Constitution et la réforme des institutions en vue de l’organisation d’une élection transparente et démocratique en collaboration avec l’ONU, et l’établissement au Gabon d’une démocratie durable. Même s’il faut passer par une seconde conférence nationale et un référendum pour valider la révision de la Constitution, il faut le faire. Vaut mieux perdre du temps et faire les choses bien et une bonne fois pour toutes que de bâcler l’avenir du pays encore une fois.

– Faire appel à l’ONU pour que, pendant toute la période de la transition, l’ONU nous aide à organiser des élections crédibles dans un processus qui inclura non seulement le recensement général de la population, mais aussi l’établissement de listes électorales nouvelles et fiables à base biométrique, tout en laissant des délais d’inscription suffisants aux Gabonais.

Voilà, mes chers compatriotes, le combat qui, aujourd’hui, doit guider les Gabonais. Faire encore les choses à moitié, laisser encore la famille Bongo imposer sa volonté à toute une nation, est inadmissible.

J’appelle donc tous les leaders de l’opposition, et ceux du régime en place qui en ont assez du blocage permanent du Gabon par la même famille et les mêmes personnes, de s’activer pour que nous mettions fin tout de suite aux rêves de monarchie d’Ali Bongo et que, forts du soutien du peuple gabonais, nous établissions, une bonne fois pour toutes, la démocratie dans notre pays.

Je reviendrai très bientôt au Gabon me joindre à cette lutte finale contre le bongoïsme et me battre aux côtés du peuple gabonais en vue de la fin de la dictature et l’arrêt de la monarchisation au Gabon. Grâce à l’ « objectif 100.000 », nous dirons aux bongoïstes réfractaires que jamais plus nous n’accepterons la dictature des Bongo au Gabon. Plus jamais. Plus maintenant. Pas cette fois.

Vive le peuple gabonais uni et fort dans la solidarité.

Vive le Gabon libre.

Je vous remercie.

Fait le 7 août 2009 à West Orange, New Jersey, USA

Dr. Daniel Mengara

Président

BDP-Gabon Nouveau

P.O. Box 3216 TCB

West Orange, NJ 07052

Tél./Fax : +1. 973-447-9763


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