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Bois : Ali veut plus de plus-value pour le Gabon

Auteur/Source: · Date: 20 Déc 2009
Catégorie(s): Economie

Pour tirer profit de l’énorme potentiel forestier du Gabon, Ali Bongo a décrété la fin des exportations de grumes.

La nouvelle est passée presque inaperçue hors du pays et, peut-être même pour beaucoup, au Gabon même. L’un des tout premiers Conseils des ministres du nouveau régime a décidé le 5 novembre d’interdire l’exportation des grumes, c’est-à-dire le bois non transformé, à partir du 1er janvier prochain.

Le nouveau président, qui avait promis la rupture, a immédiatement après sa prise de fonction décliné son programme d’action, le « Gabon émergent ». Un véritable projet de société, à croire Ali Bongo Ondimba. Il s’agit, en modifiant le mode de gestion du pays, de produire par un effet de levier un saut qualitatif et quantitatif de l’économie nationale.

La réforme du secteur du bois résume à la fois les enjeux et les contraintes d’un projet qui laisse, pour l’heure, plus d’un sceptique. L’industrie forestière est le premier employeur du pays, avec environ 10 milliards FCFA (15 millions d’euros) de salaires annuels. Avant l’avènement du pétrole-roi, dans les années 1970, le bois était, de loin, la première source de recettes d’exportation du pays, couvert à plus de 80% par la forêt. A présent, 15% des recettes d’exportation seulement proviennent du secteur, contre 80 à 90% autrefois. Il faut dire que le Gabon a l’avantage de pouvoir concilier l’exploitation du bois et sa préservation, en raison de la faible population du pays.

Exportations

Les exportations n’ont toutefois pas cessé de baisser. 705 989 m3 en 2004, 647 473 en 2005 et 461 816 en 2006, selon la Société nationale des bois du Gabon, qui détenait jusqu’en 2006 le monopole des exportations avant que le gouvernement ne soit contraint par le FMI de libéraliser le secteur. Le chiffre d’affaires en 2006 s’était élevé à 43,894 milliards FCFA (66,915 millions d’euros). La levée du monopole de la SNBG avait alors fait le bonheur de plusieurs entreprises telles que Rougier, CBG, BSO, Leroy Gabon, Sunly, Olam, Bordamur, Honest Timber Gabon, Cora Wood, Sfik, BSG, etc.

L’exportation des grumes signifie bien évidement l’absence de plus-value. Même des industriels étrangers du secteur reconnaissent que « c’est la juste réappropriation des richesses du pays » parce que « transformer sur place donne du travail et des revenus supplémentaires aux Gabonais ».

Pourtant, la partie est loin d’être gagnée, bien que la décision spectaculaire du président ne soit finalement que l’application du code forestier qui prévoyait la transformation de 75% du bois à partir de 2012. Actuellement, ce sont 60% qui sont transformés sur place. Passer à 100% oblige à devoir presque doubler les capacités industrielles. Il faut, pour ce faire, expliquent les industriels, plus d’énergie, alors qu’une coupure généralisée d’électricité, le 25 novembre dernier, est venue rappeler douloureusement la précarité de la fourniture d’électricité, au point que le gouvernement vient de décider l’audit de la Convention de la Société d’énergie et d’eau du Gabon.

Le système de transport doit aussi être adapté à ces nouveaux besoins, du nouveau personnel formé. Toutes choses impossibles en un mois. C’est plutôt un à deux ans qui seront nécessaires, estiment les spécialistes.

Conjoncture

La conjoncture internationale du bois serait également, de leur avis, défavorable à une telle mesure. L’Europe, qui absorbe l’essentiel du bois transformé gabonais, en demande de moins en moins. Elle ne pourrait constituer le débouché de cette nouvelle offre. Et la Chine, qui absorbe 80% des grumes gabonais, pourrait se passer facilement de ce fournisseur qui ne représente que 4% de ses importations.

Le président gabonais n’ignore bien entendu rien de ces contraintes. Il sait bien que son pari peut difficilement être tenu. Mais l’essentiel n’est probablement pas là pour lui. Il s’agit d’un signal fort envoyé à tous les acteurs du jeu économique gabonais. Après avoir bien et pendant longtemps tiré profit de leurs privilèges, le temps est venu pour eux d’en rendre au moins un peu au pays.


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