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Guinée – Le dosage de la démocratie est en marche

L’opposition en Guinée occupe pour la première fois un poste de ministre depuis l’indépendance du pays. La sortie de crise se fera grâce à une transition tripartite selon l’accord passé à Ouagadougou au Burkina entre le capitaine Dadis Camara et le général Konaté.
Dans l’impasse… Depuis les massacres et viols du 28 septembre à Conakry, le capitaine Moussa Dadis Camara ne dispose plus assez de marge de manœuvre pour revenir à la tête du gouvernement. La Cour Pénale Internationale pourrait lancer un mandat d’arrêt contre lui et les partis politiques d’opposition gagnent du terrain depuis qu’ils ont rejoint les Forces vives du pays (opposition, syndicats et société civile).
Le général Sékouba Konaté, président par intérim depuis l’agression du chef « Dadis » par son propre aide de camp, a donc pu mettre sur table un accord de sortie de crise avec le capitaine en séjour au Burkina.

Ils ont tous deux longuement discuté ce week-end avant de désigner comme Premier ministre, Jean-Marie Doré, issu de l’opposition et leader de l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG) ainsi que porte-parole des Forces vives.

L’accord prévoit la création d’un « conseil national de transition », la mise en place d’un « gouvernement d’union » dirigé par Jean-Marie Doré accompagné de la leader syndicale Rabiatou Sérah Diallo et du ministre de la Sécurité au sein de la junte, le général Mamadouba « Toto » Camara, à ses côtés en tant que vice-premiers ministres pour l’organisation d’élections « dans six mois ».
Apaiser les Forestiers
Le gouvernement de transition sera composé de 10 membres du CNDD (parti de la junte), 10 de l’opposition et 10 issus des régions. La Guinée a besoin d’un consensus politique et régional pour une sortie démocratique. Car depuis l’attentat du chef de la junte le 3 décembre, il faut apaiser les Forestiers.
Médiateur avéré depuis l’arrivée de Dadis Camara en décembre 2008, Jean-Marie Doré a aussi l’avantage d’être originaire de la Guinée forestière tout comme le capitaine, sans pour autant être de la même ethnie. Une petite différence qui permet de faire le bon dosage.
Les prochaines nominations des ministres d’Etat devraient tenir compte de cet équilibre régional et ethnique de la Guinée composée de Soussous, de Peuhls, de Malinkés et de Forestiers, répartis dans les quatre régions du pays.

Depuis son indépendance en 1958, la perle mondiale des ressources minières de bauxite, a toujours connu le pouvoir militaire. Durant le « règne » de Lansa Conté (1984-2008), l’opposition a toujours été muselée. A l’arrivée de Camara, la Société civile et les syndicats ont gagné de plus en plus de force avec le soutien d’une nouvelle opposition politique. Plus forte et dorénavant capable de se réunir comme la manifestation au stade de Conakry en septembre dernier, qui s’est malheureusement finie dans un bain de sang, elle a permis le discrédit final de la junte.

Le rapport de force difficile avec l’armée devra donc être pris en compte dans cette volonté de basculer vers la démocratie. Faire rentrer les militaires dans leur caserne et les rassurer en même temps voilà la nouvelle donne. Eux, qui comptent de nombreux enfants soldats ayant combattu dans les rangs violents de la rébellion libérienne durant l’horreur d’une guerre civile de 1989 à 2003, sont originaires de Guinée forestière et il faudra négocier avec.
Renouveler l’administration pour des scrutins libres

Jean-Marie Doré, candidat malheureux à la présidentielle face à Lansa Conté en 1993 et en 1998, n’avait jamais été ministre jusque là. Le gouvernement de transition n’est pas sensé se présenter aux élections dans six mois. Mais avant sa récente nomination au poste de Premier ministre en intérim, ce médiateur forestier avait annoncé qu’il briguerait les présidentielles. Qu’en penser pour la suite ?
Et comment le pays va-t-il organiser des scrutins libres et transparents en six mois pour la première fois ? L’accord de Ouagadougou prévoit une “révision des listes électorales”. Et en province, l’administration (gouverneurs, préfets, sous-préfets) serait aux mains du pouvoir. Qui sera l’homme qui choisira ces remplaçants ?
 


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