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Le souverain droit du Peuple à l’insurrection armée

Auteur/Source: · Date: 25 jan 2010
Catégorie(s): Opinion

L’insurrection, non pas seulement celle du peuple, mais surtout celle de l’individu, est un droit juridique, temporel et spirituel universellement accepté. C’est celui de résister, de rejeter, de se rebeller, de se soulever, de prendre les armes contre tout gouvernement oppresseur, toute dictature, tout despotisme, tout totalitarisme, afin de mettre fin à l’injustice, au vice, à l’iniquité, et/ou aux violations des droits de l’Homme qui en sont l’origine. Les Etats-Unis d’Amérique sont le fruit par excellence de l’insurrection armée d’un peuple. L’insurrection contre l’injustice, le vice ou l’iniquité, n’est pas seulement recommandée par Jésus Christ ; elle est récompensée par la grâce de Son Père qui est aux Cieux. C’est précisément parce que des Chrétiens fidèles et authentiques avaient répondu à l’appel de Jésus Christ dans les Béatitudes qu’ils sont les martyrs historiques dont nous portons si fièrement les noms aujourd’hui…
Ndzana Seme

Toute démocratie repose sur le principe sacré selon lequel le Peuple est souverain.

L’adjectif souverain est mieux saisi à travers ses synonymes qui reflètent son usage historique. Ces synonymes sont : absolu, autonome, chef, dominateur, indépendant, infaillible, monarque, pape, potentat, roi, royal, suprême, tout-puissant. Le nom souverain signifie donc la personne qui détient le pouvoir suprême ; la personne dont les décisions sont sans appel.

Malheureusement dans une république – cette forme de gouvernement où tout genre de régime est admis, contrairement à la panacée de gouvernement qu’elle se défend d’être -, la souveraineté du Peuple est une simple vue de l’esprit. Le souverain devient tout élu, même si l’élection ayant couronné un tel élu était marquée par les fraudes et l’illégitimité. L’un de ces élus, généralement le Président ou le Premier Ministre, est le souverain de fait dans la plupart des républiques.

On voit bien qu’à force de chasser (timidement) le diable – en prônant notamment une cohabitation harmonieuse entre le gouvernement d’un seul (monarchie), le gouvernement de quelques uns (aristocratie) et le gouvernement de tous (démocratie) -, la république fait revenir le diable au galop.

C’est ainsi que ce diable rugit librement dans les républiques à travers la dictature d’un seul ou de quelques uns ; la démocratie étant toujours la perdante, dotée qu’elle est d’une souveraineté qui ne l’est que de nom.

Le peuple (rarement bien représenté au congrès ou à l’assemblée nationale à cause du pouvoir de domination des gouvernants et des riches dans la compétition politique), au lieu de détenir le pouvoir suprême tel qu’énoncé dans les constitutions des républiques, est plutôt le partenaire le plus faible de la cohabitation républicaine.

C’est ainsi que le peuple est de nos jours partout écrasé, soit par le monarque (Président ou Premier Ministre représentant l’exécutif), soit par l’aristocratie (clan politique des « élites », classe sociale dominante, parti politique au pouvoir, groupe des hommes d’affaires, représentés par le sénat, le congrès ou l’assemblée nationale), soit le plus souvent par ces deux partenaires dominants réunis contre lui.

Une telle coalition aristo-monarchique des dominateurs en arrive souvent à regarder le peuple, c’est-à-dire la démocratie, comme la plus grande menace contre leurs intérêts communs. Les gouvernants regardent le peuple organisé comme l’ennemi premier de leurs intérêts de conservation du pouvoir politique. Les hommes d’affaires voient en un peuple organisé une menace pour la continuité de leurs profits et gains.

Le droit des peuples à l’autodétermination

L’horreur esclavagiste et l’oppression coloniale ont conduit l’Organisation des Nations Unies à adopter le principe du droit inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce principe de la Charte des Nations Unies stipule que tout peuple, lorsqu’il est victime d’un oppresseur, a le droit de se défendre.

Il est notamment défini dans l’article premier du Pacte sur les droits civils et politiques du 16 décembre 1966, qui stipule :

« Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. »

Mais la fin de l’esclavage et la fin de la colonisation ayant été sonnées, l’oppresseur contemporain n’est plus l’esclavagiste ou le colonisateur étranger, mais plutôt le néocolonisateur domestique, le dictateur domestique, le despote ou tyran domestique.

Malheureusement, malgré cette résolution hardie, l’ONU – cette lourde administration internationale dirigée par les chefs d’Etat du monde, y compris donc les dictateurs opprimant leurs peuples – se place plutôt surtout en protectrice des Etats existants. C’est ainsi que l’ONU se préoccupe curieusement plus de prévenir les révolutions et les guerres civiles et internationales que de protéger le droit populaire en question, en privilégiant plutôt ce qu’elle présente comme le seul moyen pratique et efficace de faire prévaloir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes : à savoir l’élection.

C’est ainsi que l’ONU ne voit finalement le droit à l’autodétermination qu’en ce qui concerne la question de l’appartenance à un Etat. Sa résolution signifie clairement que les habitants d’un territoire particulier, qu’il s’agisse d’un seul village, tout un quartier ou d’une série de districts adjacents, doivent faire savoir par un libre plébiscite, qu’ils ne veulent plus rester uni à l’État auquel ils appartenaient à l’époque, mais qu’ils souhaitent soit de former un État indépendant ou se rattacher à quelque autre État.

Mais qu’est-ce qu’un peuple opprimé doit-il faire quand le système électoral n’est pas crédible à cause des fraudes installées par les dirigeants en place ? L’ONU n’a pas prévu de réponse à cette question fondamentale, marquant ainsi l’insuffisance et les limites de sa législation internationale.

L’autodétermination de l’ONU, loin de protéger la souveraineté d’une nation autrement qu’à travers les représentants républicains au pouvoir, semble finalement se circonscrire à protéger des groupes particuliers, comme les « autochtones » à l’intérieur d’un Etat.

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée le 13 septembre 2007, en son article 4, stipule en effet que « Les peuples autochtones, dans l’exercice de leur droit à l’autodétermination, ont le droit d’être autonomes et de s’administrer eux-mêmes pour tout ce qui touche à leurs affaires intérieures et locales, ainsi que de disposer des moyens de financer leurs activités autonomes ».

Loin de regarder cette résolution comme une restriction de la protection internationale à certains groupes humains particuliers, les peuples doivent plutôt y voir une ouverture qui renforce la démocratie en faisant de la décentralisation des pouvoirs étatiques un droit international pour les communautés locales. Car, tout groupe humain local, en particulier en Afrique, peut se réclamer d’être une communauté des autochtones.

Les Etats-Unis d’Amérique, fruit par excellence de l’insurrection armée d’un peuple

Comme réponse historique cinglante aux hésitations de l’ONU quant au droit du peuple souverain à renverser par tous les moyens les institutions ou autorités qui le gouvernent mal, sous prétexte de prévenir les révolutions et les guerres civiles et internationales, l’Union des Etats d’Amérique reste le symbole par excellence de la libération du peuple, par les armes, la guerre et la révolution, des mains de l’oppresseur colonial.

« Une milice bien réglementée étant nécessaire pour la sécurité d’un Etat libre, le droit du peuple à détenir et à porter les armes ne sera point violé », peut-on encore lire aujourd’hui dans la Constitution des Etats-Unis d’Amérique, deuxième amendement.

L’on n’a plus besoin de démonstrations théoriques pour comprendre que le droit de porter les armes, et en particulier le droit du peuple à mettre fin au gouvernement non démocratique par les armes, est un droit qui reste inaliénable pour l’Américain contemporain. Il est du droit et du devoir du citoyen américain de mettre fin par la force armée, par l’organisation en particulier de toute milice nécessaire, à tout gouvernement non démocratique imposé sur son peuple.

La première puissance du monde reconnaît donc constitutionnellement et sans équivoque le droit des peuples à prendre les armes pour se libérer, par la guerre et la révolution, des mains de tout régime non démocratique, contrairement aux positions ambiguës de l’ONU.

Les Etats-Unis se sont libérés par la révolution et la guerre des mains de l’occupant colonial britannique. Ce pays conserve le principe d’une telle libération comme moyen acceptable d’accès à l’autodétermination des peuples.

C’est en gardant à l’esprit ce principe sacré qu’il faut comprendre le sens profond des propos suivants du Président Barrack H. Obama à l’adresse de la jeunesse africaine, tenus lors de son discours du 11 juin 2009 à Accra au Ghana :

« Le monde deviendra ce que vous en faites. Vous avez le pouvoir de demander les comptes à vos dirigeants et de construire des institutions qui servent le peuple… »

« A travers l’Afrique, nous avons vu de multiples exemples des gens qui prennent leur destin en main et qui imposent le changement du bas vers le haut… »

Le devoir et le droit bibliques de l’individu à l’insurrection

De la Genèse, avec la libération du peuple d’Israël des mains d’un dictateur égyptien, en passant par le Roi David « bien-aimé » qui, à la tête de sa puissante armée, établit l’influence d’Israël depuis l’Égypte jusqu’à l’Euphrate, sans compter les luttes héroïques contre les forces du Mal, de celles d’Élysée jusqu’à celles de Jésus Christ, la lutte contre l’oppresseur est au coeur même de la Bible et de la religion chrétienne.

Les Béatitudes évangéliques, données par Jésus Christ lors d’un sermon sur la montagne, proposent une voie paradoxale où douleurs et souffrances ne sont pas rejetées mais intégrées, des principes qui imposent au Chrétien une obligation d’héroïsme. Du moins, c’est ce qui apparaît à la lecture des versets de Matthieu 5 :6 et de Matthieu 5 :10 suivants :

« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés »

« Bienheureux ceux qui souffrent de persécution pour l’amour de la justice, car le royaume des cieux leur appartient »

Il y a lieu d’expliquer qu’on appelle bienheureux ceux qui ont en abondance les richesses et les honneurs, ceux qui vivent dans les délices et qui n’ont aucune occasion de souffrir. En anglais, la traduction en est « Blessed are… », c’est-à-dire, Bénis sont… De sorte qu’on peut interpréter Bienheureux comme voulant dire « La grâce de Dieu est promise à… »

Le mot « justice » mérite également d’être expliqué, puisqu’il est traduit dans la version biblique anglaise par « righteousness », qui veut dire vertu, rectitude. On convient bien que ceux qui ont faim et soif de la « justice » sont ceux qui désirent ardemment de croître toujours davantage dans la grâce divine et l’exercice des oeuvres bonnes et vertueuses. C’est ce qu’on remarque chez tout croyant authentique.

Le mot hébreu traduit comme “righteousness” est tseh’-dek ou tzedek, qui signifie autant honnêteté, intégrité, équité, justice, et droiture. La racine de ce mot, tsaou-dak, veut dire aussi bien honnête, juste, droit, innocent, vrai, que sincère. On peut donc dire que le mot est le produit d’une action droite (honnête) et morale (vertueuse).

Quel que soit l’un quelconque des sens hébreux de ce mot biblique, le contraire de chacun de ces sens est l’une des raisons qui contribuent à qualifier un régime d’oppresseur, de dictatorial, de despotique ou de tyrannique. Tout au long de la Bible, de tels régimes sont systématiquement vaincus par les hommes justes ou droits ou vertueux au service de Dieu.

Le bon Chrétien doit donc particulièrement faire montre de faim et de soif de justice, vertu ou droiture ; toute persécution qu’il/elle souffrirait à cause d’un tel amour pour la justice, vertu ou droiture, devant lui apporter la grâce divine et lui ouvrir les portes du Royaume des Cieux.

L’insurrection contre l’injustice, le vice ou l’iniquité, caractéristiques fondamentales de toute dictature ou tyrannie, n’est donc pas seulement recommandée par Jésus Christ ; elle est récompensée par la grâce de Son Père qui est aux Cieux et par l’accès du Bienheureux au Royaume des Cieux.

C’est précisément parce que des Chrétiens fidèles et authentiques avaient répondu à l’appel de Jésus Christ dans les Béatitudes qu’ils étaient devenus des martyrs historiques. De tels martyrs sont les Saints dont beaucoup d’entre nous portent aujourd’hui les noms comme leurs prénoms depuis le jour de leur baptême. Si nous respections chacun notre prénom chrétien, nous serions assurément tous des insurgés dressés héroïquement, comme ces martyrs, contre les gouvernements injustes, vicieux et abominables.

L’insurrection, non pas seulement celle du peuple, mais surtout celle de l’individu, est donc un droit juridique, temporel et spirituel universellement accepté. C’est celui de résister, de rejeter, de se rebeller, de se soulever, de prendre les armes contre tout gouvernement oppresseur, toute dictature, tout despotisme, tout totalitarisme, afin de mettre fin à l’injustice, au vice, à l’iniquité, et/ou aux violations des droits de l’Homme qui en sont l’origine.
Tout Peuple souverain doit savoir s’en servir afin que la démocratie soit possible

source: africanindependant 


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