Socialisez

FacebookTwitterRSS

Quand opposition veut rimer avec union

Auteur/Source: · Date: 27 Jan 2010
Catégorie(s): Politique

Pour la première fois, les principaux adversaires du chef de l’État essaient sérieusement de s’entendre pour constituer une véritable alternance. Côté présidence, on observe…
Tirant les leçons de leur défaite à la dernière présidentielle, des candidats malheureux ont annoncé la création d’un « grand parti » de l’opposition avant fin janvier. La nouvelle formation sera animée notamment par ceux qui étaient, il y a quelques mois encore, des piliers du régime Bongo Ondimba.
Née à la mi-novembre, l’idée a d’abord fait sourire ceux qui savent que, au Gabon, l’unité de l’opposition n’a jamais été évoquée qu’au conditionnel. Pourtant, huit personnalités, dont les anciens ministres Zacharie Myboto, André Mba Obame et Casimir Oyé Mba, le dernier Premier ministre d’Omar Bongo Ondimba, Jean Eyeghé Ndong, et le jeune activiste Bruno Ben Moubamba, ont décidé de fusionner leurs forces dans un seul parti unifié, et ont adhéré à une « Charte de la coalition des groupes et partis politiques pour l’alternance ». Une démarche inédite au pays d’Omar Bongo Ondimba. En son temps, le « Vieux » aurait déjà fait voler l’alliance en éclats par un de ses coups dont il avait le secret. Mais les temps ont changé.
« Ce grand parti n’est pas une alliance de circonstance », précise une déclaration de la coalition des anciens candidats. Le projet vise à mettre en place une « force équivalente au Parti démocratique gabonais [PDG] en termes de quadrillage du territoire », explique Moubamba. « On aboutirait ainsi à une bipolarisation du paysage politique gabonais, ajoute-t-il. Cela ouvrira de réelles possibilités d’alternance à la tête de l’État. »
Le cas Mamboundou
En attendant, des « experts » planchent sur les statuts et la forme que prendra cette coalition. Leur copie est attendue sur la table de la « conférence des présidents » qui se chargeront de trancher les points délicats : faut-il que la présidence soit fixe ou tournante ? Qui du président ou du secrétaire exécutif aura la réalité du pouvoir ? Idem pour la forme à donner au parti. Fusionner les différents partis, comme l’ont imaginé les initiateurs du projet, pourrait bien rebuter de potentiels partenaires. Notamment Pierre Mamboundou, deuxième à la présidentielle avec 22,64 % des voix, dont le parti, l’Union du peuple gabonais (UPG) compte huit députés, deux sénateurs et de nombreux élus.
Son cas d’ailleurs exaspère dans les rangs de la coalition, où l’on critique ses absences. Certains prétendent qu’il refuse de frayer avec ses anciens adversaires, dissidents « pédégistes ». D’autres l’accusent de n’envisager d’union qu’autour de sa personne. Ou s’interrogent sur son ancrage dans l’opposition. Un de ses proches, Jean Félix Mouloungui, a rejoint le premier gouvernement d’Ali Bongo Ondimba, et pourrait accepter un poste de vice-président de la République, s’il était créé. « Quoi qu’il en soit, son choix n’empêchera pas certains de ses militants de nous rejoindre », prédit un membre de la coalition.
Le tribun Paul Mba Abessole du Rassemblement pour le Gabon (RPG) fait quant à lui clairement bande à part. Le prêtre défroqué ne ménage pas ses anciens collègues. Mba Obame ? « C’est le premier à m’avoir trahi en politique. » Quant à Eyeghé Ndong, il ne serait pas digne de confiance pour avoir « braconné » sur les terres de l’ancien ecclésiastique lors d’un scrutin.
« Les coups échangés par le passé sont oubliés »
Reste Séraphin Ndaot du Parti gabonais du progrès (PGP), en discussion avec la coalition. L’ancien maire de Port-Gentil pourrait bien sauter le pas, comme l’ancien président de l’Assemblée nationale, Jules Aristide Bourdes Ogouliguende, président du Congrès pour la démocratie et la Justice (CDJ), que l’on dit séduit par l’idée. Le groupe mise également sur des défections au sein du PDG pour grossir ses rangs. Quelques déçus de n’avoir pas été récompensés du soutien qu’ils ont apporté à Ali Bongo Ondimba pendant la transition.
Face à cette diversité, Bruno Ben Moubamba propose de constituer une fédération à laquelle partis, syndicats et clubs pourraient adhérer afin de « préserver les identités de chacun ». Pour l’heure, les négociations continuent. Avec une question : les promoteurs du « grand parti » vont-ils pouvoir taire les vieilles rancunes héritées de toutes ces années de combat politique ? « Ils se sont parlé les yeux dans les yeux et se sont pardonné les uns aux autres. Les coups échangés par le passé sont oubliés », affirme Mike Jocktane, principal lieutenant d’André Mba Obame. Rien n’est moins sûr.
« Combien de temps cet attelage tiendra-t-il ? » grince, sarcastique, Faustin Boukoubi, secrétaire général du PDG. « Tous ont claqué la porte du PDG parce qu’aucun d’eux n’acceptait de taire ses ambitions devant le candidat choisi par le parti. Comment imaginer qu’ils puissent s’entendre durablement ? » poursuit-il.
Géopolitique ethnique
C’est sûr, aucune de ces fortes têtes n’acceptera de jouer les seconds rôles. Cependant, lors des rencontres qui se tiennent au siège de l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD), jouxtant la résidence librevilloise de Zacharie Myboto, deux groupes dominent les débats. D’abord les proches de Myboto, qui avait déjà été choisi par les autres candidats de la coalition pour les représenter pendant la contestation de l’élection d’Ali Bongo Ondimba. Beaucoup voient la figure de proue de l’ethnie nzebie – la troisième du pays – prendre la tête du nouveau parti. Doyen du groupe, cet ancien dignitaire du régime s’est brouillé avec Omar Bongo Ondimba en 2005 avant de démissionner avec fracas et de créer son parti.
L’autre est le clan d’André Mba Obame. L’ancien candidat indépendant, un Fang, est pressenti au poste de secrétaire exécutif. S’il n’a pas fondé de parti politique, il s’impose grâce à sa popularité attestée par un score de 22,33 % à l’issue du dernier scrutin présidentiel.
Avec un Nzebi et un Fang à la tête de l’exécutif du parti, la répartition des postes devrait donc tenir compte de la « géopolitique » ethnique en vigueur au Gabon. Reste que les opposants ont intérêt à accélérer le processus, car le temps presse : des élections législatives partielles sont attendues au cours de ce premier semestre. Le PDG remettra en jeu les quatre sièges de député et un siège de sénateur initialement occupés par ses hiérarques démissionnaires.
 


SUR LE MÊME SUJET
Union africaine : Ping en duel avec Dlamini-Zuma
Deux candidats déclarés, deux styles. Entre Jean Ping le consensuel et Nkosazana Dlamini-Zuma l’ambitieuse, la bataille diplomatique est déjà engagée pour remporter la présidence de la Commission de l'Union africaine. « Mais qu’on me dise ce qu’on me reproche ! » lance Jean Ping. Dans son grand bureau moquetté au dernier étage du siège de l’Union africaine (UA), à Addis-Abeba, le président de la Commission reçoit ses amis avec des accents d’homme blessé. Ping n’a fait qu’un mandat. Il ne comprend pas pourquoi, en vue du prochain sommet de l’UA, en janvier 2012, l’Afrique du Sud présente contre lui une candidate, et pas n’importe qui : Nkosazana Dlamini-Zuma, ex-ministre ...
Lire l'article
Gabon : Déchirement au sein de l’ex Union Nationale, Ben Moubemba perce l’abcès
Les propos de Bruno Ben Moubamba ne laissent personne indifférent. « Ce qui est désolant c’est que l’Union Nationale est devenue une sorte de secte à la gloire d’un homme. Ce n’est pas ce qui était prévu. Un co-fondateur de l’UN comme moi doit absolument s’aligner derrière un Grand Stroumpf. Mais ils vont bientôt redécouvrir que j’ai de la ressource et que personne ne me fait peur. On ne me verra jamais aller me ridiculiser pour un homme fut-il le Pape », a déclaré Bruno Ben Moubamba. Et de poursuivre : « Ma belle mère est fang et ma soeur est fang-punu, ...
Lire l'article
L’Union du Peuple Gabonais (UPG, opposition), créée le 14 juillet 1989 par Pierre Mamboundou Mamboundou, souffle ce jeudi ses 22 bougies, indique un communiqué de son secrétariat exécutif parvenu ce mercredi à notre rédaction. Le communiqué indique que l’évènement aura lieu au siège national, sis à Awendjé dans le 4ème arrondissement de la commune de Libreville. Cet instant « privilégié » du souvenir, d’échanges, de réflexions et de prospectives sera marqué par deux temps forts, à savoir une conférence-débat sur la biométrie et un important discours du Président Pierre Mamboundou. Mais avant, il est prévu une conférence débat animée sur ...
Lire l'article
Dr. Daniel Mengara: “Quand un Gabonais rencontre Ali Bongo, il doit avoir envie de lui enlever ses “curlys” avec une baffe”
Intervention du Dr. Daniel Mengara lors du mini-conclave du 11 au 13 mars 2011 à Montclair dans le New Jersey aux Etats-Unis, où les leaders de la Diaspora gabonaise ont planché trois jours durant aux fins de poser les jalons d’une nouvelle forme d’engagement politique au Gabon, et se sont accordés sur le lancement d’un appel à tous les Gabonais en vue d’un sursaut national libérateur. Un Comité de Suivi a été mis en place. Le texte de l’appel se trouve sur cette page. Le texte intégral de l’Appel de Montclair. Le PDF de l’Appel se trouve ici. Intervention Principale du Dr. Daniel ...
Lire l'article
Le Président du Mouvement de Redressement National (MORENA, opposition), Luc Bengono Nsi, a déclaré mardi dernier à la Chambre de Commerce de Libreville, à l’occasion de la rentrée politique de son parti que « Pierre Mamboundou (Président de l’Union du peuple gabonais - UPG, opposition-) reste fidèle à son comportement », a constaté GABONEWS. D’emblée, cet ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle du 30 août 2009, a réaffirmé sa solidarité à la Coalition des Partis Politiques pour l’Alternance (CPPA), regroupant six partis politiques dont le MORENA. C’est d’ailleurs, cette coalition qui est récemment montée au créneau pour dénoncer la rencontre de ...
Lire l'article
Suite au branle-bas né dans la classe politique gabonaise après la récente rencontre, à Paris (France), du président de l’Union du peuple gabonais (UPG, opposition), parti de l’Alliance pour le changement et la Restauration (ACR, opposition) et le président de la République Ali Bongo Ondimba, chef de file du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), l’ACR est monté au créneau ce jeudi pour « faire sa mise au point » et taire la guerre des communiqués qui en a découlé, a constaté GABONEWS. GABONEWS livre, in extenso, le communiqué rendu public ce jeudi, en après-midi, à Libreville, par le Secrétaire ...
Lire l'article
Le parti regroupant les candidats déchus de la précédente élection présidentielle vient d’être porté sur les fonts baptismaux au Quartier Général de l’Union Gabonaise pour la Démocratie et le Développement (UGDD), avec la dénomination « Union Nationale (UN) », et ayant pour président l’ancien leader de l’UGDD, Zacharie Myboto en l’occurrence, a constaté GABONEWS. Le président de « Union Nationale » est assisté de cinq Vice-présidents qui ont pour noms : Casimir Oyé Mba, Jean Eyeghé Ndong, Pierre Claver Nzeng Ebome, Jean Ntoutoume Ngouah et Bruno Ben Moubamba. L’ancien ministre de l’Intérieur et deuxième dauphin du porte-étendard du Parti Démocratique ...
Lire l'article
La session budgétaire du conseil municipal de Libreville s’est achevée vendredi dernier tard dans la nuit, avec l’adoption par les conseillers du budget de la commune de l’ordre de 16.125.900.963 FCFA. Celui-ci est en baisse de 350.672.349 FCFA. Il était évalué à 16.476.573.312 FCFA lors de l’exercice 2009. Outre l’adoption dudit budget, les conseillers ont également approuvé 14 résolutions liées à la suppression de certains postes jugés superflus tels que ceux de conseillers politiques du maire de Libreville, la baisse des émoluments des maires centraux et leurs adjoints, la réduction des membres des cabinets, de ceux du secrétariat général, des ...
Lire l'article
La Coalition Gabonaise du Refus et de Salut National a publié mercredi 10 juin son « Plan de Paix et de Réconciliation Nationale » pour le Gabon, un plan de paix que la Coalition définit comme une Proposition de Paix et de Réconciliation Nationale à l’endroit du Gouvernement, des Institutions et des membres de la société civile et politique gabonaise. La publication de ce « Plan de Paix » de 21 pages fait suite au meeting de la Coalition à Bruxelles les 30 et 31 mai 2009, meeting au cours duquel les membres de la Coalition ont planché pendant deux jours ...
Lire l'article
Sur cette page, vous trouverez les liens vers les pétitions de la Coalition Gabonaise du Refus et de Salut National. - Pétition internationale pour l'honneur du Gabon et la dignité de l'Afrique: Signez la pétition, cliquez ici.
Lire l'article
Union africaine : Ping en duel avec Dlamini-Zuma
Gabon : Déchirement au sein de l’ex Union Nationale, Ben Moubemba perce l’abcès
L’UPG (opposition) commémore jeudi son 22ème anniversaire
Dr. Daniel Mengara: “Quand un Gabonais rencontre Ali Bongo, il doit avoir envie de lui enlever ses “curlys” avec une baffe”
Politique / « Pierre Mamboundou reste fidèle à son comportement », Luc Bengono Nsi (Président du MORENA, opposition)
Politique – Opposition / Après la guerre des communiqués, l’ACR fait sa mise au point et « déclare clos l’incident avec la CPPA»
« Union Nationale (UN) »est la dénomination du « Grand parti », créé ce mercredi, par la coalition des candidats perdants de la présidentielle
Municipalité : Rimer le fonctionnement de la mairie aux exigences de l’austérité
Plan de Paix
Pétitions de la Coalition


Votez cet article (Cliquez les étoiles · 1 = mauvais - 5 = excellent)
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)
Loading...

Auteur/Source: · Date: 27 Jan 2010
Catégorie(s): Politique
Fil RSS 2.0 · Commentaires/Trackback autorisés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*