Socialisez

FacebookTwitterRSS

La France va fermer sa base de Dakar

Auteur/Source: · Date: 25 Fév 2010
Catégorie(s): Afrique,Françafrique,Monde

Paris revoit à la baisse son dispositif militaire en Afrique. Mais signe de nouveaux accords avec plusieurs pays.

Le général Bruno Clément-Bollée est l’un des militaires français qui connaissent le mieux le continent africain. Il y a effectué une partie de sa carrière et il commandait la force Licorne, en Côte d’Ivoire, avant de prendre ses fonctions à Bordeaux à la tête de la Région terre sud-ouest en 2008. Au début des années 2000, il a, entre autres, été en charge des questions de sécurité en Afrique au sein de l’état-major particulier du président de la République Jacques Chirac.

« Sud Ouest »: La France ferme ses bases militaires au Sénégal. Ce retrait remet-il en cause la présence militaire française sur le continent ?

Général Bruno Clément-Bollée: Le Livre blanc de 2008 prévoyait un allégement de notre présence militaire en Afrique tout en jugeant indispensable le maintien de deux ouvertures sur les océans Atlantique et Indien. La fermeture de notre présence militaire permanente à Dakar est la traduction très concrète de ces orientations. Mais la France conserve sur place une force militaire de coopération. Dakar a en effet une vocation de coopération sous-régionale avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Comment s’organise désormais la présence militaire permanente française en Afrique ?

Elle repose maintenant sur deux bases : Libreville au Gabon et Djibouti, où les effectifs ont été allégés depuis l’ouverture de notre base à Abu Dhabi.

Il faut aussi tenir compte de deux choses. D’une part, les troupes déployées sur le terrain pour des opérations en cours, essentiellement en Côte d’Ivoire, Tchad et Centrafrique. D’autre part, les forces sur place au titre de la coopération militaire.

Ce dispositif est centré autour de quatre points d’appui. Dakar pour la Cedeao. Libreville pour la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac). Djibouti en partenariat avec l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad). La Réunion pour la Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadec).

Le rôle des deux bases permanentes va-t-il évoluer ?

Il ne change pas. Elles sont là pour participer à l’effort de stabilité en accord avec les pays hôtes. Djibouti a toutefois une vocation plus large, puisque nous participons couramment à des exercices conjoints avec des pays du Golfe. L’activité de la base de Libreville n’est pas non plus centrée sur le Gabon, puisqu’elle doit pouvoir intervenir ailleurs en Afrique en cas de besoin.

Vous avez été l’un des instigateurs du dispositif qui vient d’être allégé.

À quoi correspondait-il ?

Il a été pensé pour prendre en compte la volonté africaine de prendre en main son destin. L’Union africaine est porteuse d’un grand projet : la Force africaine en attente. Il s’agit de mettre en place une brigade dans les quatre sous-régions. Les brigades sous-régionales doivent être capables de mobiliser 5 000 hommes, un état-major et tous les outils nécessaires pour des opérations de maintien de la paix, chaque pays de la sous-région apportant sa contribution. Les quatre points d’appui évoqués un peu plus tôt sont en cohérence avec ce projet. Nous participons à l’entraînement des troupes et des états-majors. Mais nous souhaitons ouvrir cette coopération à nos partenaires européens intéressés.

La France a signé de nouveaux accords de défense avec le Togo, le Cameroun et hier avec le Gabon.

En quoi sont-ils nouveaux ?

La plupart des accords de défense en vigueur n’avaient jamais été révisés et dataient des indépendances. Certaines clauses étaient secrètes. Nicolas Sarkozy avait souhaité que ces accords soient mis au goût du jour et qu’ils soient totalement transparents. Des contacts ont été pris avec les différents pays pour tout remettre à plat.

Quitte à donner l’impression de vouloir rester le gendarme de l’Afrique à tout prix ?

Ces accords sont des accords de partenariat en matière de défense. Ils sont complètement ouverts et bien compris des deux parties.

Quels sont les autres pays étrangers qui assurent une présence militaire permanente en Afrique ?

Les États-Unis sont présents à Djibouti. Leur dispositif est très centré sur la lutte contre le terrorisme dans les six pays africains de la Corne de l’Afrique et au Yémen.
 


SUR LE MÊME SUJET
Nouveaux affrontements à Dakar après le décès d’un manifestant
Les Sénégalais se rassemblent contre la candidature du chef de l'État sortant Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle du 26 février. Les forces de sécurité sénégalaises sont de nouveau intervenues mercredi pour disperser plusieurs centaines de manifestants à Dakar, au lendemain de la mort d'un étudiant lors d'un rassemblement contre la candidature du chef de l'État sortant Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle du 26 février. Des jeunes manifestants qui criaient "Wade démission !" ont incendié un bus sur l'une des artères principales de la capitale puis ont lancé des pierres sur les policiers, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des ...
Lire l'article
Le rectorat décide de fermer l’U.O.B
La reprise ce lundi 16 janvier 2012 d’actes de vandalisme et la perturbation des activités sur le campus de l’Université Omar Bongo, alors que tout semblait rentrer dans l’ordre depuis ce week-end, ont emmené le Rectorat à anticiper sur les vacances prévues de la CAN. Notre rédaction vous livre l’intégralité du communiqué. Depuis le mercredi 11 janvier 2012, certains étudiants de l’Université Omar Bongo ont entamé un mouvement d’humeur essentiellement fondé sur des réclamations liées aux modalités d’attribution des bourses d’études. Informés de cette situation, le président de la commission technique d’attribution des bourses, le directeur général de l’Agence nationale des ...
Lire l'article
De Emmanuel GOUJON (AFP) DJIBOUTI — Le scénario est loin d'être irréaliste: un pays voisin envahit la petite République de Djibouti, située dans une zone stratégique aux portes de la Mer Rouge, et progresse vers la capitale. Acculé, Djibouti demande à la France l'application des accords de défense de 1977. La plupart des participants à l'exercice militaire baptisé "Amitié Djibouti 2010" ont en tête "l'agression" lancée en juin 2008 par l'Erythrée contre la région de Ras Doumeira (nord) à la suite d'un conflit frontalier. La zone est toujours occupée par l'armée érythréenne. A l'époque, la France avait immédiatement "apporté un soutien logistique, médical ...
Lire l'article
Les bases militaires françaises devraient quitter Dakar à la suite d'un accord qui doit être signé le 4 avril, mais devrait conserver une présence au avec un "pôle de coopération militaire". Cet accord pourrait signifier pérennisation de celle de Libreville. La France s'apprête à fermer ses bases militaires au Sénégal mais entend y conserver un "pôle de coopération militaire à vocation régionale", a-t-on appris vendredi soir auprès du ministère de la Défense. 1 200 soldats français concernés "Le concept de base a vécu et on va vers autre chose, la mise en place d'un pôle de coopération régionale", a-t-on déclaré dans l'entourage ...
Lire l'article
Le ministre français de la Défense Hervé Morin a annoncé mercredi que la France allait maintenir ses deux bases militaires permanentes de Libreville et Dakar, sur la façade atlantique de l'Afrique. "L'idée est que nous maintenions Libreville et Dakar", a déclaré M. Morin devant la presse, indiquant que "dans l'état actuel des choses, nos forces restent au Gabon". Selon le Livre blanc sur la Défense, signé du président Nicolas Sarkozy et publié au printemps 2008, la France devait réduire les implantations permanentes françaises en Afrique à "deux pôles (...), un pour chaque façade, atlantique et orientale". Un choix devait ainsi être opéré entre ...
Lire l'article
Sept pays africains membres de l’Assemblée Parlementaire Francophone (APF) se réunissent, du 24 au 25 avril, au palais Léon – Mba de Libreville à la faveur de la première conférence des présidents de la section Afrique en vue d’harmoniser leurs préoccupations relatives aux assises générales de Dakar (Sénégal, Mai) et de Paris (France, Juillet), a constaté un journaliste de GABONEWS. Le conclave de Libreville vise à réunir les préoccupations devant constituer l’ordre de jour qui sera débattu en mai prochain lors de la 17ème Assemblée régionale au Sénégal, avant la session générale qui se tiendra à Paris les 5 et 6 ...
Lire l'article
La secrétaire générale adjointe du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) chargée de la Communication, Angèle Ondo a invité samedi instamment le gouvernement et le parlement gabonais à réexaminer en ‘’profondeur’’ les accords de coopération entre le France et le Gabon, ainsi que le recommande le communiqué final eyant sanctionné les travaux du bureau politique de ce parti tenus vendredi. ‘’Le communiqué du bureau politique rendu public par Mme Ondo invite instamment le gouvernement et le parlement gabonais à réexaminer en profondeur les accords de coopération entre la France et le Gabon, afin d’opérer une « rupture » d’ailleurs préconisée par ...
Lire l'article
"L'armée française n'est pas là pour soutenir des régimes" en Afrique, a affirmé mercredi le président français Nicolas Sarkozy, qui s'est en revanche engagé à soutenir "les régimes démocratiques". Nicolas Sarkozy, qui s'exprimait à l'occasion de la 16e conférence des ambassadeurs, a renouvelé son engagement à réviser de manière systématique les accords de défense qui lient la France et les Etats africains. "J'ajoute que tous ces accords, je souhaite qu'ils soient publiés", a-t-il dit. "Nous voulons soutenir les régimes démocratiques", a cependant ajouté le chef de l'Etat français, citant en exemple l'action française en Mauritanie.
Lire l'article
Les élèves et étudiants, actuellement en vacances scolaires et académiques à Lambaréné, capitale de la province du Moyen Ogooué, s’opposent à la mesure prise par le président du tribunal de cette ville, Guy Roger Nzamba qui oblige désormais, tous les responsables des bistrots, bars restaurants et autres dancings clubs de fermer leurs échoppes sous le coup de 24 h, tous les jours ouvrables, hormis vendredi et samedi. Guy Roger Nzamba fait appliquer la loi à Lambaréné où les mineurs qui traînent sur les voies publiques à des heures tardives ainsi que les tenanciers des bistrots qui n’observent pas la nouvelle réglementation ...
Lire l'article
Le Gabon a décidé de suspendre pour six mois les taxes sur des denrées alimentaires de base comme le lait, la farine et le riz pour lutter contre "l'envolée de leur prix", a annoncé vendredi le gouvernement dans un communiqué. Avec "effet immédiat", le gouvernement a supprimé tous les droits et taxes à l'importation de la farine de blé, du riz, du lait, de l'huile et du poisson, ainsi que la TVA sur l'huile, le poisson importé, le lait et la farine, selon le communiqué du conseil des ministres. Certaines taxes, relevant de la parafiscalité et prélevées par des organismes de l'Etat, ...
Lire l'article
Nouveaux affrontements à Dakar après le décès d’un manifestant
Le rectorat décide de fermer l’U.O.B
Djibouti: grandes manoeuvres de la France pour conforter sa présence
Sénégal: La France s’apprête à fermer ses bases militaires
La France maintient ses bases militaires permanentes à Libreville et Dakar
Gabon: Les présidents des Assemblées nationales francophones accommodent à Libreville les assises de Dakar et de Paris
Gabon/France : Le PDG se prononce pour un réexamen en “profondeur” des accords entre le Gabon et la France
La France “n’est pas là pour soutenir des régimes” en Afrique, plaide Nicolas Sarkozy
Gabon: Lambaréné, les vacanciers boudent la mesure du tribunal de fermer les bistrots avant 24 h
Crise alimentaire: le Gabon suspend les taxes sur des produits de base


Votez cet article (Cliquez les étoiles · 1 = mauvais - 5 = excellent)
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)
Loading...

Auteur/Source: · Date: 25 Fév 2010
Catégorie(s): Afrique,Françafrique,Monde
Fil RSS 2.0 · Commentaires/Trackback autorisés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*