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Des forestiers en mode durable, sous la pression

Auteur/Source: · Date: 5 Mai 2010
Catégorie(s): Afrique

Le président du directoire du groupe familial français Rougier, un des leaders du bois tropical en Afrique, Francis Rougier, revient pour L’Expansion, sur l’évolution des métiers du bois, avec l’émergence du bois certifié, qui assure une gestion durable de la forêt, et la situation au Gabon qui a décidé brutalement qu’à compter du 1er janvier dernier le bois local devait être intégralement transformé sur le sol gabonais. Interview.

C’est une image d’Epinal ou l’Afrique est vraiment aux avants postes de la gestion durable des forêts ?

En moins de quatre ans, le bassin du Congo est devenu la région forestière du monde, devant le Brésil et l’Asie, qui connaît la plus forte dynamique de certification. A ce jour, près de 5 millions d’hectares sont déjà certifiés FSC dans le bassin du Congo, l’objectif étant d’atteindre 10 millions en 2012.

C’est très contraignant ?

Nous sommes audités tous les ans par une tierce partie et le Forest Steward Council est un organisme indépendant, qui peut suspendre des certificats, ce qui a déjà été fait y compris dans le bassin du Congo. La liste des critères à remplir est très longue et touche aussi bien les aspects environnementaux que sociaux. Nous arriverons un jour à certifier nos 2 millions de concessions dans la région. Mais cela coute très cher. Construire un village dans les normes FSC, c’est autre chose que des cahutes en bois du siècle dernier. Autre exemple, il faut stocker les déchets, les trier et les traiter en particulier les dangereux. C’est un changement d’époque. Au Gabon, près de 700 000 hectares ont déjà été certifiés et il est prévu de faire de même pour la concession qui vient d’y être relancée. Au Cameroun, nous sommes en bonne voie, tandis qu’au Congo nous avons redémarré l’activité seulement en décembre dernier.
Qu’est ce qui vous a poussé à certifier vos concessions alors que la certification FSC est un acte volontaire?
La pression environnementale externe, de la part d’ONG, de la société civile et tout simplement du fait de l’évolution de la morale actuelle. Il faut le reconnaître, c’est la pression des consommateurs des pays du nord qui nous a poussé vers la certification. Cette demande d’assurance de plus en plus forte quant à l’exploitation durable des forêts.

Au delà de la morale et la bonne conscience, qu’est ce qu’en retire le groupe Rougier ?

Cela nous assure un marché de niche…, qui l’est de moins en moins. La demande augmente chaque année. En Hollande, tous les contreplaqués sont désormais vendus avec la certification FSC. Nous vendons aussi en Grande Bretagne, en Belgique, et nous commençons à en vendre en France, en Italie, même en Chine et au Vietnam. L’un des gros problèmes est d’inciter les importateurs, les distributeurs à se faire certifier sur leur traçabilité, car l’ensemble des maillons de la chaîne doit être certifié pour que le client final puisse acheter un produit certifié.

Tous les opérateurs jouent le jeu ?

Il y a encore des saignées brutales dans les forêts, mais de moins en moins. Cela dépend des pays. Les sociétés à la limite de la légalité existent encore. Cela ne sera jamais parfait. C’est un problème de gouvernance : est-ce que le pays arrive ou même veut faire respecter la loi ?
Abordons un sujet plus polémique. Le nouveau président du Gabon, Ali Bongo a décidé à la fin de l’année dernière, qu’au premier janvier de cette année, 100 % du bois gabonais devait être transformé localement.

Comment avez-vous géré cette décision un peu brutale ?

C’est évident que l’avenir de ce métier passe par une industrialisation locale. C’est le sens de l’histoire. Quelle était la situation ? Dans la loi précédente, il était dit que 75 % du bois gabonais devait être transformé dans le pays à l’horizon 2012. Beaucoup n’y croyait pas vraiment et pour être honnête, certains ne faisaient même rien du tout pour s’y préparer. Ce qui fait qu’en 2007-2008, le taux de transformation était déjà trop bas pour atteindre cet objectif. Il était donc indispensable de mener une opération que l’on pourrait qualifier de coup de poing.

Au premier janvier dernier, les autorités ont en effet bloqué les bateaux chargés de grumes. Où en est-on aujourd’hui ?

Au bout d’un mois, les bateaux ont été libérés et on a obtenu d’exporter le bois coupé avant le 31 décembre 2009 jusqu’à fin avril 2010. En revanche, tout le bois abattu depuis le 1er Janvier 2010 est censé être transformé sur place. En ce qui concerne Rougier, nous disposons d’une usine de fabrication de contreplaqué et deux de sciage. Nous comptons ouvrir comme déjà prévu, une quatrième usine en 2011. Nous avons la capacité actuellement de transformer 65 % de notre production. Mais nous avons une arme que tout le monde ne possède pas au Gabon, le fameux bois certifié FSC. Les industriels locaux préfèrent dérouler ces bois en particulier l’okoumé. Cela nous évite de nous retrouver avec des grumes invendues. En revanche, il nous reste la question des bois dits riches ou de promotion, qui n’étaient exportés que sous forme de grume. Dans l’immédiat, soit nous allons les vendre localement, soit nous allons devoir diminuer la production forestière.

Dans quelle disposition se trouve actuellement le gouvernement ?

Il nous faudrait un délai d’un an pour construire une usine de sciage spécialisée dans ces bois durs. Nous aimerions obtenir de l’Etat l’autorisation de sortir pendant cette période une certaine quantité de ces bois sous forme de grumes. C’est encore en discussion. Le président a annoncé qu’il prendrait position en mai, au cas par cas. Nous espérons que Rougier sera un bon cas.

source: l’expansion


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