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Les conditions du coup d’état sont effectives au Gabon

Auteur/Source: · Date: 24 Août 2010
Catégorie(s): Politique

Alerte rouge, les syndicats menacent d’une grève généralisée, la cour constitutionnelle vient d’invalider les recours des candidats malheureux, le climat politique est tendu entre la majorité quelque fois arrogante et l’opposition toujours agressive et passive,… Toutes les conditions sont réunies.
La lecture du paysage politique est un exercice qui se fait sans passion et nécessite beaucoup d’objectivité. La morosité du climat politique actuelle au Gabon laisse entrevoir la faisabilité d’un coup d’état. Toutes les conditions étant réunies à cet effet.

D’abord, il y a lieu d’affirmer que ce coup d’état ne serait point un coup d’état militaire. Car, les officiers gradés, capables d’inciter à la révolte, disposent encore des conditions de vie suffisamment aisées pour risquer tous leurs privilèges. Il ne peut également provenir des soldats moins gradés qui pourtant demeurent dans des conditions de vie et de travail misérables du fait que la plupart souffrent de nombreuses carences : intellectuel, courage, dignité, … Nombreux sont ceux qui y sont par manque de débouchés et non par vocation.

Qu’à cela ne tienne, il ne faut pas oublier la ribambelle d’officiers supérieurs qui furent écartés de la gestion de la chose publique du fait de leur longévité avec le Président Omar Bongo Ondimba. Ceux là sont prêts à tout pour revenir aux affaires. Ils restent également un fusible important que les fauteurs de troubles sauront utilisés au moment opportun. Le cas du général Gueye en Côte d’Ivoire est bien illustratif. Et le Gabon ne sera pas allergique à l’expérimentation d’une telle méthode.

Avant d’analyser plus profondément les causes qui favorisent la réalisation d’un coup d’état, nous allons commencer par donner la définition même de ce concept.

Le coup d’état selon Paul Leroy : « c’est un changement de gouvernement opéré, hors des procédures constitutionnelles en vigueur, par une action entreprise au sein même de l’Etat au niveau de ses dirigeants ou de ses agents. Cette action (…) est soudaine et sollicite généralement la force ».

Nos adversaires politiques de l’Union Nationale comme de l’UPG parlent très souvent de « coup d’état » électoral lorsqu’il s’agit de parler du pouvoir en place. C’est une forme de communication subtile qui aide à conditionner à l’idée que notre pouvoir est illégitime. A cet effet Hitler disait : « Répéter un mensonge à quelqu’un tout le temps, il finit par le prendre pour une vérité ». Ainsi, « cette opposition » déclinerait son coup d’état en citant les différents éléments qui lui permettront de l’assumer mais surtout d’asseoir son illégitimité. Ecoutez ou revisitez les discours du secrétaire exécutif de l’Union Nationale et vous conviendrez avec nous de cette affirmation.

La majorité du peuple gabonais est prêt à valider les différentes formes de coup d’état, mais elle n’est pas prête à se lancer dans une guerre ou une rébellion armée. Les facteurs pouvant créer des troubles généralisés ne sont pas suffisamment importants mais il faut quand même dire que leur élaboration évolue très vite à cause de l’impopularité et l’irresponsabilité du gouvernement de Paul BIYOGHE MBA et de certains acteurs principaux de nombreuses administrations, même de certains proches du Chef de l’Etat.

Le Président Omar Bongo Ondimba avait su mettre en place des leviers pouvant lui épargner d’une quelconque tentative de coup d’état. Et nous marchons encore sur les vestiges de ces leviers qui ont changé de paradigmes avec Ali Bongo Ondimba, du fait de son désir profond de changement de gestion. C’est pourquoi, il devra se créer ses conditions pour s’éviter un un coup d’état qui revêt toujours d’un caractère très discret avec très peu d’acteurs à la différence du conflit armé qui nécessite un nombre important d’individus. L’opposition gabonaise sait qu’elle ne peut compter sur la population pour l’action mais certainement pour la validation. Non pas qu’elle corrobore avec l’acte posé mais du fait de son désintéressement à la chose politique. Le peuple gabonais dans sa majorité ne croit plus en la chose politique. Il considère les politiciens comme de bons jongleurs au gré de leurs intérêts personnels. Ce qui est un gros risque pour notre majorité au pouvoir.

Malgré la Déclaration d’Alger de 1999 lors du 35ème Sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine condamnant les coups d’état comme mode d’accession au pouvoir, on dénombre toujours en moyenne 3 coups d’état ou tentative de coup d’état en Afrique par an, bien sur en y associant ceux qui sont montés de toutes pièces par les dirigeants de certains pays pour masquer les vrais problèmes qui sévissent leurs populations.

D’ailleurs, selon de nombreux auteurs, le foisonnement d’accession au pouvoir des fils de chefs d’état, souvent considérés comme des dictateurs, semble être des foyers ambiants où les risques de coups d’état sont fort probables ou très élevés.

C’est cet élément ou cet argument que nos adversaires dans l’opposition utilisent lorsqu’ils parlent de succession héréditaire ou de confiscation du pouvoir par une même famille. Une forme de conditionnement de plus qu’ils utiliseront pour s’attirer le soutien sans faille des populations en cas de coup d’état.

La situation « sociopolitique » du Gabon semble être favorable à un passage à l’action. Bien que de nombreux compatriotes soient allés voter, il n’en demeure pas moins que le taux d’abstention reste assez élevé. C’est dire que le citoyen gabonais n’a plus confiance en l’homme politique. Il s’est acclimaté aux discours vendeurs d’illusion et il recherche dorénavant les actes. Ce qui tarde à venir et qui nous renvoie à un passé encore récent où l’immobilisme siégeait à la première place. Et Paul BIYOGHE MBA de sortir un concept insensé et incendiaire: « le retard utile ». Tout pour créer le chaos dans le pays.

Aussi, la délibération de la décision de la Cour Constitutionnelle qui vient d’invalider les différents recours de certains candidats de l’opposition lors des élections partielles de juin dernier va constituer un argument de plus pour justifier la tentative de coup d’état. A travers cette décision, les leaders de l’opposition font le constat que le pouvoir les a définitivement échappé. Par conséquent, ils sont prêts à jouer le tout pour le tout. Advienne que pourra. Précisons que le tripatouillage précité, l’absence de méthodes démocratiques qu’ils ont longtemps utilisé, reste un détonateur fiable pour une tentative de coup d’état. Et, l’affaire du général Ntumpa qui prend des tournures silencieuses nocives. Voila encore une autre bombe à retardement : l’absence de justice ou de clarté sur une affaire grave.

De plus, parmi les causes les plus récurrentes qui motivent à tenter un coup d’état, il y a lieu de citer la violation de la Constitution. Et selon les leaders de l’opposition gabonaise, le pouvoir actuel est plus dans l’inconstitutionnalité qu’autre chose. Donc, ils ne voient pas pourquoi, eux, ils devront s’inscrire dans le respect d’une Constitution taillée sur mesure et qui n’est jamais respectée. Pour faire face à ce « mal de gouvernance », selon la majorité des leaders de l’opposition, seule une tentative de coup d’état remettrait tout cela en place.

Pour les leaders de l’opposition, les élections partielles de juin étaient un test. Et n’ayant pas l’intention de subir le même sort en 2011 sachant que l’élection législative sera leur dernière possibilité d’arriver aux affaires avant 2016, ils n’hésiteront pas à tenter d’autres passages au pouvoir que le coup d’état. Autrement dit ils passeront outre les règles et lois de la République.

Le fait que l’opposition estime qu’elle est muselée constitue également une des raisons nécessaires à la tentative d’un coup d’état. Cette frange de la population qu’on estime à plus de 53%, si on se réfère aux derniers résultats de la présidentielle, se plaint à longueur de journée qu’elle a aussi droit à la parole : dans la presse écrite, audiovisuelle, etc.

Elle dénonce par ailleurs l’arrogance de certains hommes de la majorité qui se plaisent dans l’immobilisme, les pratiques qu’elle a très souvent utilisée quand elle était aux affaires, l’amateurisme (prise de décision impréparée, effets d’annonce trop nombreux), etc.

En plus de cette arrogance, l’opposition dénonce également une volonté affichée d’humilier le peuple gabonais, que certains hommes de la majorité pensent naïf pourtant pas aveugle, par des comportements outranciers : dépenses abusives, injustifiées et très souvent inutiles, détournements grossiers, priorité à l’ « expertise » étrangère, …

Précisons que les derniers éléments précités créent des frustrations profondes qui tendent à atteindre des positions de non retour. Et ils favorisent l’installation d’une crise favorable à une rébellion. Les dépositaires et gestionnaires du système d’Omar Bongo Ondimba avaient suscité de nombreuses frustrations durant ses mandatures, cependant, celui ci avait su créer d’autres moyens pour contenter une bonne partie du peuple, ce qui permettait de faire le contre poids avec sa gouvernance pas très louable.

Actuellement les syndicats menacent d’orchestrer une grève généralisée illimitée qui paralysera tout le pays. Pour combien de temps ?

Encore un élément de plus qui devrait inciter le Chef de l’Etat à mettre Paul BIYOGHE MBA et son gouvernement à la porte. Le bien être du peuple gabonais ne peut plus être pris en otage par une équipe incompétente. Un constat simple démontre le manque de sérieux de ce gouvernement : mais que font des gens comme Rose BEKALE au gouvernement ? Il est même possible de foisonner à plus de la moitié ce type d’exemple. Le Président de la République devra bien comprendre qu’à un moment, il ne pourra plus contenir le calme des populations s’il continue de maintenir Paul BIYOGHE MBA.

A partir de tous ces éléments, nous faisons un constat objectif, dépassionné et intellectuel que notre pays présente toutes les conditions indispensables à une tentative de coup d’état.

Face à cette situation de nombreuses solutions connues et réalisables sont envisageables. Mais telle une bombe programmée, le chaos s’installe progressivement. La lucidité de certains membres de la majorité nous exige de penser que le Chef de l’Etat prendra et annoncera des mesures fortes durant son discours du cinquantenaire, qui doit être historique. Rappelons qu’un discours reste historique que lorsqu’il est suivi d’effets concrets et forts.

Le coup d’état se prépare, grâce aux erreurs grossières de certains hommes identifiés de notre majorité, mais il n’est pas trop tard de pouvoir le déjouer à condition de moins écouter les « VuVuZéleurs » ou les « vendeurs d’illusion ».

Par Télesphore OBAME NGOMO
 


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