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Réponse du Dr. Daniel Mengara à l’Honorable Jean Eyegue Ndong: « Vous vous trompez d’argument, et de combat, Monsieur le Premier ministre »

Auteur/Source: · Date: 12 Déc 2010
Catégorie(s): Communiqués BDP,Diaspora,Editoriaux,Idéologie,Photos,Politique


Texte modifié le 14/12/2010


A Monsieur Jean Eyegue Ndong,
Député à l’Assemblée nationale gabonaise
Ancien Premier ministre de la République gabonaise


Monsieur le Premier ministre, Honorable député,

Je me permets de réagir à votre lettre du 1er décembre 2010, par laquelle vous interpellez vos collègues de l’Assemblée nationale sur la question qui préoccupe actuellement les Gabonais, notamment le projet de révision constitutionnelle proposé au parlement par Ali Bongo.

Sur le fond de vos analyses, je suis en parfaite harmonie avec vous, car les conséquences politiques de l’acte de révision constitutionnelle engagé par Ali Bongo, que l’on doit qualifier de prise en otage et de confiscation de la destinée nationale, sont exactement comme vous les décrivez.

Pour ma part, je simplifie mon interprétation de cet acte en le décrivant comme le désir d’Ali Bongo de se constituer en véritable hooligan politique. Les Gabonais voient en effet se dessiner, dans cet énième forfait des Bongo contre la nation, deux objectifs principaux : le premier vise à éliminer toute concurrence politique pouvant venir des Gabonais de la diaspora, que l’on veut ainsi mettre hors d’état de nuire en les empêchant de prendre part aux grands débats politiques nationaux, d’où les prétextes sur la nationalité des uns et les subterfuges sur les professions des autres qu’il utilise pour justifier son despotisme ; le second vise, par le renforcement des pouvoirs arbitraires d’Ali Bongo, à tout simplement préparer le pays à une dictature brutale et militaire telle que le Gabon n’en aura jamais connue. Ali Bongo sera désormais capable, selon ses humeurs, de suspendre la constitution, d’assassiner qui il veut, de voler et détourner ce qu’il veut, sans qu’aucune autre branche de l’état ne puisse rien avoir à en redire. La Cour constitutionnelle et le parlement deviendront des coquilles encore plus vides qu’elles ne l’étaient déjà et l’infâme kermesse à la gloire dynastique des Bongo sera définitivement engagée.

Et plus que jamais, il faudra passer par la violence révolutionnaire pour espérer un jour en finir. C’est que le régime n’aura finalement laissé de choix aux Gabonais qu’entre la résignation ou la violence. C’est cela le vrai sens du drame national qui se joue actuellement sous nos yeux.

Sur cet hooliganisme politique, donc, on a bel et bien envie de poser des questions simples à Ali Bongo : Quel est le rapport entre les misères dont souffrent les Gabonais depuis 43 ans et le besoin d’Ali Bongo de militariser ses pouvoirs ? Quel est le rapport entre le besoin d’empêcher les Gabonais résidant 12 mois à l’étranger de se présenter à l’élection présidentielle et les maux socio-économiques qui ont miné le pays au cours des 43 dernières années de règne bongoïste, et que les tergiversations « émergentaires » d’Ali Bongo depuis un an de pouvoir intempestif n’ont même pas commencé à résoudre ?

Le fait de donner des pouvoirs militaires à Ali Bongo, d’en faire un despote, ou même un roi, va-t-il comme par miracle transformer le Gabon en pays développé et résoudre les problèmes relatifs à un taux de chômage de 25% qui prive les Gabonais d’emplois ? Cela va-t-il sauver la vie des 1/5 de bébés gabonais qui meurent avant leur cinquième anniversaire, construire les routes inexistantes dont le pays a besoin pour son développement économique, résorber la situation de paupérisation généralisée dans laquelle baigne le pays, construire les hôpitaux et les écoles, réduire la mortalité infantile et adulte, résorber la grande pauvreté qui frappe plus de 70% des Gabonais et défaire le tissu de corruption généralisée qui ruine le pays depuis 43 ans à l’instigation des Bongo ? Le fait d’empêcher les Gabonais de la diaspora de se présenter à l’élection présidentielle, est-ce cela qui bloque la fameuse politique d’« émergence » d’Ali Bongo ? Quelle est donc cette bizarre préoccupation pour une élection présidentielle encore lointaine au moment où le pays attend plus que jamais le développement auquel il a droit ? Pourquoi Ali Bongo passe-t-il plus de temps à organiser la prise en otage de la République qu’à organiser l’« émergence » du Gabon qu’il a promise en 2009 ?

Il y a donc bel et bien, dans cet acte, la conclusion d’une prise en otage du Gabon qui a commencé avec Omar Bongo et se conclut maintenant avec Ali Bongo. Sur ce point, il faut être clair. N’en déplaise à votre collègue de route André Mba Obame, qui continue à soutenir des incohérences politiques, le Gabon n’était pas une démocratie jusqu’à la mort de Bongo. Le dire, c’est justement vouloir détourner le débat national qui s’impose vers de faux semblants et contribuer à la confiscation, à la falsification du discours politique, donc aux mensonges qui maintiennent Ali Bongo au pouvoir. Sous Omar Bongo, le Gabon était une dictature. Sous Ali Bongo, le Gabon continue à être une dictature. Rien n’a changé.

Il faut donc, Honorable, simplifier le discours et non le compliquer. C’est soit Ali Bongo est illégitime et on le rejette jusqu’au bout, soit on le reconnaît comme Président du Gabon et on se tait. On ne peut pas faire les deux en même temps, encore moins en faire l’arbitre des réformes souhaitées.

Il faut donc, pour le bien des Gabonais, simplifier.

Simplifier, comment ?

Je dirai d’emblée que vous vous trompez d’argument, et de combat, Monsieur le Premier ministre.

Dans votre argumentaire, je trouve une erreur fondamentale, voire même dangereuse, qui me fait craindre pour l’avenir du Gabon.

Pour justifier votre opposition au projet machiavélique d’Ali Bongo, vous dites : « L’exécutif pourrait envisager de réviser la constitution après les législatives de 2011 ? C’est-à-dire, après que le peuple se soit prononcé pour une majorité à l’Assemblée Nationale, avec l’espoir d’une confiance sans ambigüité, une légitimité bien établie, dont pourraient se prévaloir les promoteurs d’une initiative de révision constitutionnelle. Attendre un peu plus de douze (12) mois, est-ce trop ? Y aurait-il péril en la demeure ? Non ! »

Sauf tout le respect que je vous dois, Monsieur le Premier ministre, je trouve cet argument non seulement fallacieux, mais également dangereux. Par cet argument, il me semble que vous voulez, au sein de L’UN, jouer au poker avec l’avenir du pays. Parce que je vous sais homme de principe, je ne verrai pas en votre argumentaire une marque de duplicité. Je la décrirai plutôt comme une marque de naïveté.

A ce que je comprends, vous voudriez qu’Ali Bongo, avant que d’entériner son projet de révision constitutionnelle, organise d’abord les élections législatives, et que, fort de la légitimité qu’il tiendrait de cette élection s’il la gagne, puisse sans objection organiser la prise en otage du pays à laquelle vous vous opposiez avant l’élection ?

C’est ce qu’on appelle un argument circulaire, Monsieur.

Si je vous suis bien, vous vous opposez à la révision constitutionnelle avant l’élection législative, mais vous seriez prêt à l’accepter après les législatives si Ali Bongo les gagne car la victoire électorale lui donnerait alors le droit de militariser son pouvoir, de limiter les libertés des Gabonais, de légiférer par ordonnances depuis la présidence de la République, voir même dissoudre comme bon lui semblerait l’illusoire parlement qui pourrait découler d’une majorité affaiblie ? Autrement dit, cette modification de la constitution sera-t-elle plus acceptable, moins criminelle, après l’élection qu’avant, simplement parce qu’Ali Bongo aura une nouvelle majorité aux apparences légitimes ?

C’est soit on se bat pour les principes, soit on brasse l’air, Monsieur. Je ne vois aucune différence qui pût atténuer le crime contre la nation. Avant comme après, le résultat est le même.

Votre argument me semble donc étrange car la majorité, Ali Bongo l’a en ce moment. C’est une majorité basée sur le travail que vous-même en tant que Premier ministre et votre collègue André Mba Obame en tant que Ministre de l’intérieur aurez contribué à consolider quand vous l’acceptâtes et la revendiquâtes comme légitime du temps de vos amours pédégistes. Qu’est-ce qui, dans ce cas, rendrait moins légitimes les actes du parlement sortant  et plus légitimes ceux du parlement de 2011 ? L’un aurait-il été moins frauduleux que l’autre ? L’ancienne majorité pédégiste, construite sur la fraude, serait-elle moins légitime que la nouvelle majorité pédégiste, construite elle aussi sur la fraude ?

Par ailleurs, en 2009, l’opposition a perdu une élection pour cause de fraude. Or, on est tenté de vous demander, vous au sein de l’UN qui encouragez le pays à aller à une énième élection perdue d’avance, ce qui a changé dans le système électoral qui vous fait penser que l’opposition a plus de chances de gagner une législative en 2011 que dans les années précédentes ? Pourtant, je vois le groupe d’opposition que vous représentez se plaindre tous les jours du manque de transparence, de fichiers électoraux inadéquats et de conditions électorales malpropres, c’est-à-dire les mêmes conditions qui ont fait que, depuis 1993, l’opposition gabonaise n’ait jamais pu gagner aucune élection qui lui donnât un vrai pouvoir d’influence sur la destinée nationale. L’opposition a perdu toutes les législatives et toutes les présidentielles, le régime ne lui laissant que les miettes que sont les élections locales. Or, comme vous le savez, ces scrutins locaux ne servent qu’à nourrir tous les petits affamés du Gabon qui voient dans la politique la seule opportunité de pouvoir manger à leur faim. Le régime sait que c’est à la Présidence de la République et au parlement que le vrai pouvoir se situe. Le reste, c’est de la mangeoire.

Non, Monsieur le Premier ministre, votre argument est faible. Et si je ne vous savais pas intègre, je dirais même qu’il relève du fantasme le plus dangereux. La politique est comme la physique. Les mêmes causes mènent toujours aux mêmes effets. Dès lors que le système frauduleux qui a su préserver le régime des Bongo pendant 43 ans est toujours en place et demeure inchangé, et se retrouve même renforcé par le projet d’Ali Bongo, j’ai du mal à voir par quel miracle vous croyez pouvoir remporter des législatives que toute logique bien placée ne saurait décrire comme autre chose qu’une énième élection perdue d’avance ?

C’est vrai que dans votre camp à l’UN, vous avez un « Moïse » sorti tout droit de Medouneu avec une barbe blanche acquise suite à une grève de la faim passée à manger du porc épic. On peut alors comprendre que « Moïse » vous ait vendu la promesse de pourfendre miraculeusement la tête d’Ali Bongo avec la magie comme (le vrai) Moïse le fit jadis avec les eaux, mais je vous prierai néanmoins, Monsieur, d’épargner aux Gabonais les faux semblants politiques qui ne servent qu’à aider Ali Bongo à renforcer sa mainmise despotique sur le Gabon. Aujourd’hui au Gabon, participer à des élections, c’est donner le pouvoir et la légitimité aux Bongo. Rien d’autre.

Je signale au passage que votre ami « Moïse » est la personne qui avait mis en place le système électoral actuel au moment où il voulait garantir à son « père » Bongo le pouvoir à vie. La situation actuelle, celle d’un Ali Bongo illégitime n’est que le résultat de ce que « Moïse » Mba Obame André  a mis en place. C’est ce système qui pendant 11 ans m’a privé de passeport gabonais, rendant difficile mon retour au Gabon, c’est ce système qui a fatigué Mba Abessolo et totalement traumatisé Pierre Mamboundou, c’est ce système qui, depuis 1990, a fabriqué au profit des Bongo un système de fraude à toute épreuve. C’est ce système qu’Ali Bongo a utilisé pour battre Mba Obame. Et c’est ce même système qui donne aujourd’hui à Ali Bongo le pouvoir de personnaliser à l’extrême son pouvoir, exactement en les formes que vous décrivez.

N’y a-t-il pas une certaine ironie à voir « Moïse » se faire ensuite battre par le système qu’il a lui-même mis en place, et qu’il disait maîtriser totalement quand il envoya les Gabonais voter en leur promettant que leur vote ne serait pas volé et qu’il le défendrait « jusqu’au bout » ? On a presqu’envie de rigoler de voir « Moïse » plonger par la suite dans une grève de la faim, et en ressortir barbe blanche, comme si un Bongo animalisé irait pleurnicher parce qu’un Mba Obame ferait une grève de la faim ?

Et puis, tout le monde sait que les deux frères « se connaissent »…

Franchement, Monsieur le Premier ministre, les Gabonais sont fatigués de cela. Je vous sais capable de plus de perspicacité que cela. Ne nous décevez pas.

Votre perspicacité, je la vois quand vous arguez qu’Ali Bongo semble en effet avoir oublié les vrais points qui méritent une révision constitutionnelle, je dirais même une refonte totale de la constitution en vue de réaménager de fond en comble le paysage politique gabonais. Je suis donc d’accord avec vous quand vous dites qu’Ali Bongo a oublié « de limiter le nombre de mandats présidentiels, de réintroduire le scrutin à deux (2) tours… », et plein d’autres aspects de la constitution chiffon qui nous sert actuellement de loi fondamentale à la mesure des incapacités des Bongo. J’en sais quelque chose car j’ai avec quelques compatriotes à Bruxelles en 2009 fait le travail de toilettage de cette constitution pour en proposer une qui niait justement l’arbitraire qui est en train de se profiler sous nos yeux. Vous trouverez cette proposition de constitution sur notre site Internet sous la rubrique « Coalition ».

C’est dire que l’opposition actuelle, celle à laquelle vous appartenez, hélas, alors que je vous sais valoir et mériter mieux, se trompe totalement de combat. Le combat actuel n’est pas celui de la participation à des élections perdues d’avance qu’on présente faussement comme gagnables au peuple. Le combat est celui d’exiger, par la force s’il le faut, au minimum, une conférence nationale ayant pour objectif de finir le travail que le pays avait commencé en 1990, travail raté, hélas, par naïveté.

Or, c’est là tout le chantier que se doit d’adopter l’opposition gabonaise, c’est-à-dire le chantier des réformes à exiger et à présenter comme condition obligatoire avant toute nouvelle élection au Gabon. Participer à des élections perdues d’avance, mais que vous espérez gagner par le miracle de Jésus-Christ, est une illusion qu’il faut tout de suite arrêter de vendre aux Gabonais. Une opposition qui se respecte et se veut responsable ne doit pas s’encombrer de subterfuge. Ce que les gens attendent de l’opposition gabonaise, ce n’est pas une stratégie de partage de pouvoir, mais une stratégie de prise de pouvoir.

Si, comme vous le dites, Ali Bongo manque de légitimité parce que élu par seulement 41% de la population, c’est qu’en effet 59% des Gabonais ont voté contre. Vous ne pouvez pas par la suite demander à un pouvoir illégitime d’organiser une élection légitime qui a comme conséquence possible sa perte de pouvoir ! Si les prémisses d’une élection sont illégitimes, le résultat est automatiquement illégitime. Vous ne pouvez pas à la fois remettre en cause la légitimité d’Ali Bongo et par la suite attendre de lui qu’il vous donne volontairement le pouvoir en organisant une élection propre ! L’argument, il me semble, est hautement incohérent.

Autrement dit, s’il y a un objectif que l’opposition gabonaise doit se donner actuellement, c’est simplement celui de :

1)     Forcer une réforme globale des institutions, donc de la Constitution qui soit conforme aux aspirations démocratiques du Gabon ; une conférence nationale en bonne et due forme est alors le meilleur moyen d’obtenir le consensus national qui garantirait paix et stabilité durables, mais aussi progrès économique dans le contexte d’un état de droit ;

2)     Refuser de participer à quelque élection que ce soit tant qu’une telle réforme n’est pas obtenue ;

3)     S’organiser pour bloquer, par la force s’il le faut, la tenue de toute nouvelle élection au Gabon tant que cette réforme n’est pas obtenue ;

4)     Ne pas attendre qu’Ali Bongo révise la constitution pour agir car il sera trop tard pour empêcher le despotisme au Gabon une fois sa révision arbitraire obtenue. Il faut l’en empêcher, maintenant, et au besoin par la force. Les moyens de cette « force » ne manquent pas. Ce qui manque, ce sont les hommes et les femmes de courage. D’où les tergiversations au sein d’une opposition réduite à sa plus simple expression politique. C’est-à-dire, rien.

Donc, plutôt que de passer du temps à écrire des lettres respectueuses à vos collègues animalisés dans la foire aux animaux qu’est le parlement gabonais, sans compter le bizarre silence de « Moïse » réfugié dans la diaspora alors même que son frère s’apprête à devenir le grand empereur aux cheveux huilés  des Gabonais, la tâche de l’opposition devrait être de s’organiser non seulement pour empêcher cette révision par la force s’il le faut, mais aussi pour empêcher toute nouvelle élection au Gabon tant que des réformes démocratiques globales ne sont pas engagées.

Il y a sur ce plan de nombreuses options pouvant forcer ces choses, MAINTENANT. Ali Bongo n’est pas ce qui est difficile à défaire. En deux ou trois semaines de travail soigné, il pourrait partir. Ce qui est difficile à défaire, et qui le maintient au pouvoir, c’est la duplicité d’une opposition qui a vendu le pouvoir à Ali Bongo au prix fort et dont les actions ne visent qu’à augmenter les mises d’un marchandage au rabais négocié autour de stratégies de partage du pouvoir.

Il me peine grandement de voir l’opposition actuelle s’acharner sur la même vieille rengaine qui consiste à se battre pour des listes électorales crédibles jamais obtenues et une biométrie impossible, comme si ces deux éléments à eux seuls pouvaient prémunir le pays de la fraude électorale. C’est encore plus pénible de voir ensuite cette même opposition, malgré ces manquements, se précipiter à ces mêmes élections qu’elle trouvait non transparentes au départ, et se plaindre ensuite de la fraude. C’est effarant !

Ce qui fait la fraude au Gabon, ce n’est pas juste la présence ou non de la biométrie ; ce n’est pas non plus juste la présence de listes électorales fiables ou non. Ce qui fait la fraude, c’est la manière dont tout le système politique gabonais est conçu. Ce système repose sur un appareil constitutionnel formaté pour garantir la fraude et donc, la victoire des Bongo. Ce système est si adapté aux Bongo qu’il empêche même les autres pédégistes de rêver un jour d’être présidents du Gabon pour le compte du PDG. La preuve : vous-même et « Moïse » Mba Obame êtes hors PDG aujourd’hui parce que, dans ce système, ce sont les Bongo ou rien.

Le combat des Gabonais est donc avant tout un combat contre les Bongo. Rien d’autre. Les pédégistes souffrent des conséquences du bongoïsme autant que nous autres qui faisons de l’opposition. Ils meurent dans les mêmes vieux hôpitaux mouroirs alors que les Bongo eux vont à Paris pour des « check-up » médicaux. Ils voient leurs enfants mourir de malnutrition dans les villages alors que les Bongo eux s’achètent des palaces de 100 millions d’euros en France.

Admettons, donc, que l’on vous donne des listes électorales fiables, cela vous garantit-il que Madeleine Mborantsuo vous donnera la victoire ? Cela vous garantit-il que la Commission électorale n’ira pas proclamer d’autres résultats à la télé ou falsifier les procès-verbaux comme en 2009 ? Quelles garanties avez-vous que l’armée refusera d’obéir à un despote qui l’enverrait trucider des Gabonais qui auraient osé marcher pour protester ? Or, la fraude, c’est aussi l’accaparement des médias d’état qui permettent au seul message du PDG de passer ; la fraude c’est l’utilisation des caisses de l’état pour financer les campagnes du PDG. Bref, le parti-état qu’est le PDG a un tel avantage en amont des élections que cet avantage à lui tout seul est suffisant pour conclure à une élection frauduleuse, surtout quand on y ajoute les fesses de dindon et les tee-shirts, qui sont des formes de corruption politique à bannir du système électoral gabonais.

Bref, Monsieur le Premier ministre, l’opposition actuelle est dans les faux semblants et la fuite en avant. Votre terrain de bataille, dans cette opposition, est mal choisi, mal défini, mal orienté. C’est du brassage d’air et cela fatigue les Gabonais.

Le vrai combat qui attend ceux qui se réclament de l’opposition véritable consiste tout simplement à se dire qu’aucune opposition au Gabon ne gagnera le pouvoir par les urnes. Continuer à le faire croire aux Gabonais, c’est commettre un crime contre les Gabonais. Les Gabonais, eux, savent qu’une dictature comme celle des Bongo ne partira jamais d’elle-même. Les Bongo ne perdront aucune élection sans y être forcés.

Il ne s’agit donc plus aujourd’hui de tergiverser sur de faux arguments comme les listes électorales ou la biométrie ; il faut simplement se dire que les élections ne servent à rien au Gabon sinon à nourrir tous les incapables et parasites politiques qui ne savent pas quoi d’autre faire de leurs vies en dehors de manger les miettes qui tombent de la bouche des Bongo. D’où les attitudes de partage du pouvoir, et non de prise de pouvoir, qui animent cette opposition depuis 1990.

La seule opposition qui vaille aujourd’hui au Gabon est celle qui décidera de mettre hors d’état de nuire les Bongo. Et cela commence par l’organisation de l’ingouvernabilité totale au Gabon aux fins justement de montrer à Ali Bongo qui est un homme et qui ne l’est pas, et que dans ce Gabon qui appartient aux vrais Gabonais, aucun biafre ne peut venir « faire la bouche » et en ressortir sans que les vrais hommes lui mettent une baffe sur la tête, lui coupent ses cheveux huilés à la « curly curly » de Michael Jackson raté et l’envoient planter les choux à Makongonio.

Voilà, pour ma part, ce que j’avais à vous dire, Honorable, tout en vous priant d’excuser mon ton de révolte, non pas contre vous, car je vous sais animé de bonnes intentions, mais pour vous, car je voudrais vous éviter de tomber dans le piège de ceux qui voudraient vous instrumentaliser au profit d’intérêts personnels douteux. Le Gabon ne changera pas par des élections perdues d’avance. Tout le monde le sait. Ne faisons pas semblant de ne pas le savoir. C’est dans la rue que cela se fera. C’est à cela qu’il faut préparer les Gabonais.

Je vous remercie.

Fait le 12 décembre 2010 à Montclair, New Jersey, Etats-Unis d’Amérique.

Dr. Daniel Mengara
Président, « Bongo Doit Partir »
Professeur d’études francophones, Montclair State University, New Jersey, USA.

P.O. Box 3216 TCB
West Orange, New Jersey, 07052, USA
Tel: 973-447-9763
Fax: 973-447-9763
Site: http://www.bdpgabon.org

Texte modifié le 14/12/2010


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Une Réponse à Réponse du Dr. Daniel Mengara à l’Honorable Jean Eyegue Ndong: « Vous vous trompez d’argument, et de combat, Monsieur le Premier ministre »

  1. bongo

    13 Déc 2010 a 07:51

    Les relations avec l’Afrique figurent sur la liste des dossiers où les deux pays ne sont pas sur la même page, même si, en fin diplomate, M. Rivkin reconnait l’apport de la France sur les dossiers prioritaires pour Washington: sécurité dans le Sahel et au large des côtes somaliennes, Soudan…

    Le télégramme, enregistré sous le numéro 1473 début novembre 2009, était censé demeurer secret jusqu’au 3 novembre 2019. Mais c’était sans compter sur le zèle de WikiLeaks.

    Revenons donc au document. Parmi les sources de tension entre les USA et la France, l’ambassadeur américain note ceci:

    « Pour ce qui est de l’Afrique, la France peine à mettre en pratique la rupture pronée par [Nicolas] Sarkozy. Ceci découle en partie du fait que lorsque des crises liées à la gouvernance ont éclaté dans plusieurs pays francophones, notamment en Mauritanie, au Gabon, à Madagascar, au Niger et en Guinée [Conakry], la France a privilégié de manière expéditive le maintien de l’ordre ancien au détriment des principes plus nobles. »L’observateur averti remarque alors que les 5 pays sur cette liste n’ont qu’un point commun.

    ->Août 2008: le président démocratiquement élu Ould Abdallahi est renversé en Mauritanie->Décembre 2008: le capitaine Moussa Dadis Camara prend le pouvoir en Guinée suite au décès de Lansana Conté->Mars 2009: l’Union africaine suspend Madagascar après la prise du pouvoir par l’ancien maire de Tana, Andry Rajoelina->Mai-juin 2009: Mamadou Tandja « dissout » les institutions et la Constitution du Niger et s’arroge des pouvoirs exceptionnels->Octobre 2009: Ali Bongo inverse le décompte des voix et se déclare président du Gabon

    Ainsi informée par l’un de ses plus fins diplomates, Mme Clinton conseille alors au président américain Barack Obama de ne pas reconnaitre la prétendue victoire de bébé Bongo.

    Il a donc fallu attendre que le Gabon assume la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU en mars 2010 pour que Mme Clinton appelle Bongo Ali « président ». Le prix? Rénonciation publique de l’Iran et interdiction formelle de vendre l’uranium à Téhéran ou à ses alliés. Comme disait le Nègre de Suriname dans le roman Candide: « C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe ». Et nous, la misère.

    http://ivoirenews.net/info24/gabon/9128.html

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