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De l’importance d’une décapitation républicaine de régime au Gabon

Auteur/Source: · Date: 28 Jan 2011
Catégorie(s): Commentaire,Editoriaux,Idéologie,Politique

Dans le communiqué de presse du jeudi 27 janvier 2011 par lequel le mouvement « Bongo Doit Partir » condamnait la dissolution inacceptable de l’ « Union Nationale », nous soulignions, comme le commande la notion d’ « art de la guerre », l’importance d’une décapitation républicaine de régime au Gabon. Nous disions à cette occasion que la dictature gabonaise reposait essentiellement sur trois personnes qui tiennent constitutionnellement, et donc politiquement, le Gabon, à savoir :

Ali Bongo Ondimba : Fils du père, il a passé toute sa vie à rêver de remplacer le père, alors même que de nombreux Gabonais mettaient en cause sa gabonité. Le père Bongo ayant décédé en juin 2009, le fils fit le forcing en jouant des leviers politiques légués par son père, d’abord au sein du Parti Démocratique Gabonais (PDG), parti au pouvoir, ensuite au sein du dispositif constitutionnel, avec en arrière plan une armée dont l’élite dirigeante était principalement constituée d’hommes de confiance issus du clan et de la famille Bongo. Le pouvoir de l’argent aidant, c’est avec les grosses ressources pétrolières et minières du Gabon que le dictateur a pu, par la suite, construire et financer le vaste réseau de corruption politique qui a fait du parlement un nid de vipères béni-oui-oui prêtes à bouffer du Gabonais en échange des prébendes mafieuses servies par Omar Bongo.  Evidemment, en bon fils du père, Ali Bongo n’a pas trouvé mieux, après à peine un an de pouvoir, que de changer la Constitution pour se donner les pouvoirs qui lui permettraient, en cas de crise, de se substituer au parlement et à la Cour constitutionnelle pour diriger seul le Gabon par ordonnances. Tandis que le père s’était assuré une éligibilité à vie dans le cadre de mandats de 7 ans illimités et d’un système d’élections à un tour qui lui permettrait de se déclarer vainqueur même avec un vote minoritaire, le fils ajoutait à ce legs l’omnipotence de pouvoirs illimités. Le Gabon s’est ainsi retrouvé pendant 43 ans aux mains des Bongo et risque de l’être encore pendant 30 ans ou plus à l’allure où vont les choses, sauf insurrection réformatrice.

Rose Francine Rogombé : Ayant été prépositionnée en janvier 2009 par Omar Bongo au poste de Présidente du Sénat gabonais, elle a pratiquement offert le poste de Président de la République à Ali Bongo. Alors même qu’à elle toute seule elle aurait pu changer le Gabon et le démocratiser en affirmant tout simplement les pouvoirs absolus de Président de la République que lui confiait la constitution gabonaise, elle se comporta en vrai pantin d’Ali Bongo, probablement sur la base de ces fameux pactes de cuissage qui, au Gabon, avaient fait des femmes les plus puissantes de la République à la fois les maîtresses et les chargées de pouvoir du dictateur décédé. Sa fidélité aux Bongo fut telle qu’elle se contenta d’organiser le coup d’état électoral d’août 2009 en faveur d’Ali Bongo, et rien d’autre. Alors même que la constitution exigeait une élection dans les 45 jours en cas de vacance de pouvoir, Rogombé autorisa l’insertion arbitraire de 30 jours de deuil national, ce qui eut pour effet de rendre caduques les 45 jours de délai dictés par la Constitution, aboutissant, à la fin, à une situation électorale chaotique qui confisqua le Gabon au profit des Bongo.

Madeleine Mborantsuo : Ayant été une amante attitrée et reconnue du dictateur défunt Omar Bongo, son positionnement à la tête de la Cour constitutionnelle depuis 1991 a fait couler beaucoup d’encre au Gabon. Alors que la Constitution et les contours juridiques mettaient une limite aux mandats des membres de la Cour constitutionnelle, elle a siégé sans discontinuer à son poste de Présidente de ladite Cour, dépassant largement la limitation fixée par la loi, notamment pour le Président de cette institution qui n’aurait droit qu’à un mandat. Situation inédite, évidemment, puisqu’en tant que maîtresse du dictateur et ayant eu des enfants avec ce dernier, il se créait automatiquement, de par sa nomination, une situation de conflit d’intérêt qui, dans un état de droit, aurait été inadmissible. Mais au pays des Bongo, il y a la Constitution, et il y a la loi de la jungle selon les humeurs du dictateur. Il n’en demeure pas moins que c’est de ce poste que depuis 1991 Mborantsuo a proclamé les victoires électorales du père et du fils, même quand ils avaient perdu. C’est d’ailleurs elle qui réussira à faire croire aux Gabonais que la mort d’un Président est un cas de force majeur qui justifie l’arrêt de la Constitution et, donc, la célébration d’un deuil national de 30 jours nulle part prévu par la loi. Elle se fit, depuis lors, la boîte de résonnance de toutes les exactions et atteintes à la Constitution au profit de son « beau-fils » Ali Bongo. Sous d’autres cieux, cela s’appelle un crime de haute trahison.

C’est dire qu’il y a eu là un véritable travail de triangulation machiavélique qui a permis à Omar Bongo de se donner les moyens de perdurer sans coup férir au pouvoir, et par la suite de garantir une « victoire cadeau » à son fils, établissant ainsi l’ère des successions filiales au Gabon. Une ère qui, en même temps, indiquait clairement que le changement de régime au Gabon ne se ferait jamais ni par les urnes ni par le bon vouloir des Bongo, et encore moins par le miracle de Jésus Christ. Il fallait une approche insurrectionnelle en bonne et due forme, quelle qu’en soit la forme.

Comment donc envisager un changement de régime au Gabon sans faire éclater cette triangulation ?

L’art de la guerre, et pourquoi pas, l’art  de toute révolution, a souvent imposé que le révolutionnaire identifiât d’abord les piliers qui soutiennent l’ennemi ou le régime combattu. C’est que, dans le jaugeage qui est fait d’un tel régime, la tâche la plus primordiale consiste toujours et d’abord à intégrer dans sa stratégie une phase de mise en cible de ces piliers, en vue de faciliter l’écroulement du régime. C’est ce qu’on appelle la décapitation d’un régime, c’est-à-dire la mise hors d’état de nuire de tous ceux qui assurent institutionnellement la survie dudit régime et, donc, qui en font la force politique.

Dans le cas du Gabon, le premier acte insurrectionnel de taille consisterait, donc, pour toute portion de la nation, à identifier, reconnaître et désigner, et ceci sans ambiguïté, Ali Bongo Ondimba, Rose Francine Rogombé et Madeleine Mborantsuo comme les trois ennemis les plus farouches et les plus mortels de la République, c’est-à-dire ceux qui bloquent institutionnellement toute possibilité de changement au Gabon. Dès lors que cette réalité est reconnue par tous et attisée comme une flamme jusque dans les moindres confins de la conscience et du subconscient des Gabonais, avec à l’appui une propagande visant à établir nommément, explicitement et incontournablement ces piliers comme les ennemis du peuple qui, pour des raisons familiales et claniques, violent, assassinent, pillent et sont même prêts à plonger le Gabon dans la guerre civile pour continuer à piller, une partie de la bataille est gagnée.

Autrement dit, si ce sont eux qui bloquent tout, toute action insurrectionnelle doit obligatoirement viser à les débloquer, par tous les moyens.

Il est cependant important de noter qu’une décapitation de régime politique ne veut pas forcément dire décapiter physiquement une personne en lui coupant la tête. Une décapitation de régime veut dire mettre hors d’état de nuire les piliers du régime, de manière à mener à l’écroulement de ce régime. Il suffit, dans ce cas, de choisir le mode de décapitation de régime que l’on veut ou que l’on a prévu (coup d’état ? rébellion militaire ? insurrection populaire ? etc. ?). La Tunisie constitue un bon exemple de décapitation par voie d’insurrection populaire.

La notion de décapitation de régime est revenue à la mode dans les années 2000 lorsque, sous prétexte de combattre Al Qaeda suite aux événements du 11 septembre 2001, le régime du Président George W. Bush lança un ultimatum à Saddam Hussein, lui demandant de quitter le pays ou de subir les conséquences. Ce que George Bush visait principalement, c’était une décapitation du régime. Saddam Hussein ayant refusé, George Bush le traqua comme un rat avec ses missiles, rendant ingouvernable l’Irak puisque le chef dictateur se cachait désormais comme un rat dans des trous, et c’est d’ailleurs comme un rat… et dans un trou, qu’il fut capturé.

La notion de décapitation de régime est d’autant plus importante qu’elle permet de faire une claire distinction entre les pédégistes qui, comme le reste des Gabonais, subissent tout autant la misère qui tue à petit feu notre peuple depuis 43 ans sous le règne des Bongo, et les bongoïstes qui, eux, sont incurablement criminalisés et prêts à tout pour maintenir les Bongo au pouvoir, car la présence des Bongo leur garantit toutes les formes de privilèges qui leur permettent d’aller se soigner en France quand la plupart des Gabonais meurent comme des rats dans des hôpitaux-mouroirs. Les bongoïstes sont ceux qui tuent le Gabon. Ce sont eux la cible de toute insurrection.

Pour le Gabon, donc, tout acte insurrectionnel doit absolument intégrer la mise en orbite d’une stratégie visant à une décapitation du régime en place, une décapitation que nous avons appelée « décapitation républicaine », car découlant d’un acte insurrectionnel trouvant son fondement dans les élans patriotiques qui veulent rétablir au Gabon une république au service de tous et non au service d’un clan.

Les cibles de la révolution, donc de la décapitation, sont donc toutes indiquées : elles s’appellent Ali Bongo Ondimba, Rose Francine Rogombé, et Madeleine Mborantsuo. Ces noms doivent être dits, amplifiés, codifiés, répercutés, inculqués, jusqu’à la démesure. C’est une étape propagandiste obligatoire.

Ceux qui comprennent comprendront.

Dr. Daniel Mengara
Président
Mouvement « Bongo Doit Partir »

P.O. Box 3216 TCB
West Orange, NJ 07052, USA
Tél./Fax: 973-447-9763


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