Socialisez

FacebookTwitterRSS

Gabon : La Mecque de la nature en quête de pèlerins

Auteur/Source: · Date: 1 Juin 2011
Catégorie(s): Economie,Environnement

Le pays veut devenir la destination phare des vacanciers soucieux de l’environnement. Pour que son trésor chlorophyllien et sa biodiversité fassent recette, encore faut-il que les opérateurs soient au rendez-vous.

Partir en randonnée pour pister les chimpanzés (64 000 individus), les gorilles (35 000) et les éléphants de forêt (85 000). S’amuser des cercopithèques (petits singes) à la tête bariolée, des potamochères (cochons sauvages) et des sitatungas (antilopes). Pêcher sportivement le barracuda au large de la lagune d’Iguela. Taquiner la crevette dans la mangrove du parc de Pongara (Nord-Ouest). Se lancer en pirogue à la découverte des tortues luth, compter les hippopotames, admirer les sauts périlleux des dauphins à bosse et la chorégraphie des baleines rorqual. S’extasier devant des arbres hauts de 70 mètres et dater les essences de la forêt de 10 000 ans d’âge du parc de la Lopé (Ogooué-Ivindo), le tout bercé par le chant des crapauds, à la faveur de quelques plantes hallucinogènes et arbres à fièvre… La nature a été généreuse avec le Gabon. Mais, pour le moment, l’or vert ne fait pas recette auprès des touristes.

Ici, pas question d’un Kenya bis, où les vacanciers déferlent à longueur d’année. L’aventure reste réservée à moins de 1 500 éco-explorateurs par an. Confidentialité volontaire ? Ou contrainte ?

En créant les treize parcs nationaux en 2002, sanctuarisant ainsi 11 % du territoire national, Omar Bongo Ondimba déclarait que le Gabon serait « La Mecque de la nature » et posait les jalons du tourisme durable. Dix ans plus tard, les résultats sont mitigés, mais, désormais, l’État compte mettre les moyens pour que l’écotourisme devienne rapidement un moteur de la stratégie de développement durable.

Frilosité

Sur les 15 000 entrées de visiteurs enregistrées par an depuis 2007, moins de 10 % concernent l’écotourisme. « Nous n’accueillons chaque année que 1 000 à 1 500 personnes qui viennent avec pour seul but de visiter les parcs », regrette Lee White, patron de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN).

La faute à l’absence d’infrastructures d’accueil (lodges, camps, refuges) et au manque d’accessibilité (voies de communication peu fiables). Depuis l’annonce de leur création, en 2002, jusqu’à la formation de l’ANPN, en 2007, les parcs nationaux n’ont pas bénéficié des investissements nécessaires au développement de l’activité touristique, qu’ils soient publics ou privés. « Les investisseurs admirent le potentiel, mais hésitent à s’engager », constate un cadre du ministère du Tourisme.

Une frilosité qui s’explique en partie par leur profil. La plupart de ces investisseurs sont anglo-saxons, originaires d’Afrique australe ou d’Afrique de l’Est ; ils sont habitués à travailler dans des zones de savane et craignent les aléas de la forêt équatoriale, un écosystème qui leur est étranger. Pour les opérateurs, s’installer au Gabon impose de repenser leur modèle pour l’adapter, notamment, aux intempéries du bassin du Congo et à une nature plus hostile.

Une affaire d’État

L’ANPN, si elle veut séduire les professionnels de l’écotourisme, doit impérativement maîtriser ses parcs. « Comment les investisseurs pourraient-ils venir s’ils découvrent que nos écogardes font du stop pour se déplacer ? » note Lee White. Les gardes forestiers manquent de moyens ; pourtant, leur tâche est ardue. En 2010, ils ont démantelé douze exploitations forestières clandestines et une trentaine de braconniers professionnels ont été arrêtés et écroués… La création, en avril dernier, d’une unité militaire spéciale va permettre de faire un grand pas en avant dans la sécurisation des parcs.

Les opérateurs anglo-saxons pointent plusieurs freins au développement de l’activité, dont les barrières linguistiques et culturelles – notamment la consommation de viande de brousse, qui choque les écotouristes –, le prix élevé des billets d’avion, la difficulté à obtenir des visas touristiques, l’accueil dans les aéroports et les hôtels du pays qui devrait être amélioré, le manque d’accessibilité des sites… Ils attendent par ailleurs des autorités un assouplissement de la législation du travail, visant particulièrement le fameux contrat à durée indéterminé (CDI), jugé peu incitatif.

D’autres obstacles, structurels, entravent la progression de l’écotourisme, comme le montre la cessation des activités du principal opérateur du pays dans ce domaine.

Nouveaux partenaires

Installé depuis dix ans dans le parc de Loango, Africa’s Eden SA s’est retiré en septembre dernier à la suite d’un différend opposant sa filiale, SCD Aviation, aux autorités de l’aviation civile gabonaise. « Nous sommes sur le point de signer des accords avec trois investisseurs importants, dédramatise-t-on à l’ANPN. En juin prochain, au plus tard, va commencer la construction de dix lodges haut de gamme, qui vont nous aider à lancer la destination Gabon », chacun de ces hébergements étant appelé à générer entre 100 et 200 emplois, selon les prévisions.

En janvier, la société sud-africaine Sustainable Forestry Management Africa (SFM Africa) s’est en effet associée au gouvernement gabonais pour la réalisation d’un projet de développement durable axé sur une meilleure gestion du patrimoine forestier et sur la création d’infrastructures touristiques, notamment dans la région de Mayumba (Sud). Le projet prévoit la construction de lodges de luxe dans plusieurs parcs nationaux, en coordination avec l’ANPN et les administrations gabonaises compétentes.

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : À la poursuite du Gabon vert | Gabon : La Mecque de la nature en quête de pèlerins | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique  


SUR LE MÊME SUJET
Le feu d’artifice organisé samedi au bord de mer comme de coutume, à l’occasion du réveillon de l’année 2012, a été un spectacle immense pour des nombreux citoyens présents sur les lieux. Il était précisément 0h00, lorsque les premiers feux d’artifice ont commencé à envahir le ciel, au bord de mer. Des coups de feu, tels des canons des guerres retentissaient et des boules lumineuses de divers couleurs étaient propulsées vers le ciel. Au même moment, le son de la musique résonnait à travers des grands hauts parleurs disposés pour la circonstance au centre ville. Quelques minutes de pose, le temps ...
Lire l'article
A la veille de la fête de la Tabaski, 50 fidèles des mosquées gabonaises se sont vus offrir des billets d’avion afin d’ effectuer le pèlerinage à la Mecque par le Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba. Comme le recommande Allah lui-même dans les cinq(5) piliers de l’Islam : « tout musulman, dans sa vie, doit faire le pèlerinage au moins une fois » afin d’expier ses péchés. C’est dans cette optique que le Président gabonais Ali BONGO ONDIMBA, en tant que Raïs de la comunauté musulmane du Gabon, a décidé de mettre en place un comité permettant la sélection des ...
Lire l'article
Le gouvernement gabonais a annoncé, dans un communiqué rendu public jeudi à Libreville à l’issue du conseil des ministres, réuni par le président par Ali Bongo Ondimba, qu'il allait s’approprier tout bois abandonné dans la nature. ’’A l’issue du délai de six mois prévu à l’article 134 du Code Forestier, le bois abandonné devient propriété de l’Etat", souligne le communiqué, ajoutant qu’un tronc d’arbre abattu, ébranché, étêté, tronçonné ou scié issu d’une exploitation forestière, et les bois délaissés dans les parcs à bois et chantiers fonctionnels sont considéres comme du bois abandonné. Cette mesure a pour but de préserver ...
Lire l'article
Le président gabonais Ali Bongo Ondimba et son épouse Sylvia Bongo étaient lundi en Arabie Saoudite pour le pèlerinage musulman annuel de La Mecque, a rapporté la première chaîne de télévision publique gabonaise lors de son journal du soir. Selon la télévision, le président gabonais, qui doit effectuer le grand pèlerinage en se rendant sur les 9 sites sacrés de l'islam, s'est notamment rendu à la Kaaba, sur le site de Mina et au Mont Arafat. Les images de la télévision montraient le chef de l'Etat gabonais vêtu d'un simple pagne blanc, comme tous les pèlerins. Ali Bongo Ondimba est le fils ...
Lire l'article
Le Collectif des réalisateurs et producteurs indépendants du Gabon (CREPIG) s’est entretenu le 14 juillet à Libreville avec le ministre de la Communication, Laure Olga Gondjout. Le collectif a notamment exprimé son besoin d’obtenir une aide pour créer une véritable industrie locale de films et séries télévisées. Face à la diffusion massive des productions étrangères sur les chaînes locales, notamment les telenovelas sud-américaines, le Collectif des réalisateurs et producteurs indépendants du Gabon (CREPIG) a rencontré le 14 juillet à Libreville le ministre de la Communication, Laure Olga Gondjout. «Nous sommes venus lui présenter le CREPIG qui est le ...
Lire l'article
Dans le cadre du lancement du programme d’Identification du champ des entreprises et des industries culturelles (ICIC) en Afrique centrale, une mission de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) s’est entretenue le 13 juillet à Libreville avec des membres du Conseil nationale de la communication (CNC). Une délégation de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a été reçue le 13 juillet à Libreville par plusieurs membres de Conseil nationale de la communication (CNC). Cette séance de travail s’inscrivait dans le cadre du lancement du programme d’identification du champ des entreprises et des industries culturelles (ICIC) au Gabon. «Nous exécutons une ...
Lire l'article
Dans le cadre du financement de la Stratégie nationale de développement statistique (SNDS), entériné lors du Conseil des ministres du 26 mai, le gouvernement et plusieurs bailleurs de fonds se sont concertés le 29 juin à Libreville. Le Premier ministre, Paul Biyoghe Mba, a présidé le 29 juin à Libreville, une réunion de concertation avec plusieurs bailleurs de fonds dans le cadre de la matérialisation de la Stratégie nationale de développement statistique (SNDS), dont le financement est estimé à près de 22,5 milliards de francs CFA. Cet outil, dont le document a été validé au Conseil des ministres du 26 mai, ...
Lire l'article
la Liane sans fin ou Liane magique encore appelée « Orane Myené, qui parcours, selon le guide de cette réserve, tout l’Arboretum de Sibang (16 hectares) dans le 6ème arrondissement de Libreville, n’a pas de fin comme l’indique son nom, et possède des particularités spéciales. Selon le guide la forêt de Sibang, les femmes adultères ou frivoles, qui ne désirent pas faire d’enfants pendant une période bien précise, se rendraient très souvent au pied de la liane sans fin, pour la traverser en prononçant une formule rituelle censée agir et apporter satisfaction à leur doléance. A l’en croire, elles disent: « Je ...
Lire l'article
Le ministère de l’Environnement a réuni les responsables de ce département et les représentants de la société civile engagés dans la cause environnementale pour réfléchir aux modalités de la mise en place de la Commission nationale de la protection de la nature (CNPN). Ce beau monde a tenu ces assises sur le site de Pongara, en face de Libreville, qui est une vitrine mondialement reconnue de la biodiversité au Gabon. La mangrove de Wingombé, au cœur du parc de Pongara sur la Pointe Denis, a récemment accueilli les premiers travaux de réflexion pour la mise en place de la Commission ...
Lire l'article
L’arboretum de Sibang, à Libreville, a ouvert jeudi ses portes au grand public, qui est venu découvrir les richesses de la forêt gabonaise en pleine zone urbaine. Les visiteurs se sont imprégnés de cet immense site où arbres à cadenas, ébène, Okoumé, ainsi que de nombreux fruits et plantes et bien d’autres espèces végétales, ont su capté leur attention, bercée par les chants de cigales et d’oiseaux. « De fortes pressions atmosphériques de tout ordre exercent une menace potentielle et permanente de ce riche patrimoine. Par l’absence de barrière, l’exploitation anarchique de ces arbres est de plus en plus fréquente», a ...
Lire l'article
Spectacle grandeur nature au bord de mer
Ali Bongo Ondimba offre des billets pour La Mecque aux musulmans du Gabon
L’Etat gabonais décide de s’approprier le bois abandonné dans la nature
Gabon: le président gabonais et son épouse en pèlerinage à La Mecque
Gabon : Le CREPIG en quête de fonds
Gabon : L’OIF en quête d’industries culturelles
Gabon : Biyoghe Mba en quête de fonds pour la SNDS
Gabon: La Liane sans fin, une « gardienne » d’enfants en pleine nature
La Commission nationale de la protection de la nature cherche ses marques à Pongara
Gabon: L’arboretum de Sibang: la nature au cœur de la ville


Votez cet article (Cliquez les étoiles · 1 = mauvais - 5 = excellent)
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)
Loading...

Auteur/Source: · Date: 1 Juin 2011
Catégorie(s): Economie,Environnement
Fil RSS 2.0 · Commentaires/Trackback autorisés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*