Socialisez

FacebookTwitterRSS

Egypte. Les violences place Tahrir s’intensifient

Auteur/Source: · Date: 21 nov 2011
Catégorie(s): Afrique

Le bilan est grimpé dimanche dans la nuit à 13 morts au Caire. Des affrontements violents se poursuivaient dans la nuit près du ministère de l’Intérieur.

Les violences entre la police et des manifestants réclamant la fin du pouvoir militaire ont fait 13 morts dimanche au Caire, portant à 15 le nombre de morts en deux jours d’affrontements en Egypte, à une semaine du premier scrutin législatif depuis le départ d’Hosni Moubarak.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des milliers d’Egyptiens occupaient la place Tahrir, au Caire, après avoir repoussé la police, tandis que de violents affrontements se poursuivaient dans les rues adjacentes au site emblématique, foyer de la révolte qui a chassé le président Moubarak en février.

Des contestataires lançaient des pierres et des cocktails Molotov en direction des policiers, dont certains, positionnés sur le toit d’un immeuble à proximité du ministère de l’Intérieur, proche de la place Tahrir, répliquaient avec des tirs de fusils et de balles de caoutchouc, a rapporté un journaliste de l’AFP.

“Le peuple veut l’exécution du maréchal”

Les policiers continuaient également à tirer de nombreuses grenades lacrymogènes, alors que des manifestants leur renvoyaient en criant “Le peuple veut l’exécution du maréchal” Hussein Tantaoui, dirigeant de facto du pays, selon le journaliste de l’AFP.

Outre les 13 morts, recensés par des responsables de la morgue, dont au moins quatre par balles réelles, un homme avait déjà été tué samedi sur la place Tahrir.

Plusieurs médecins ont affirmé soigner de nombreuses blessures par balles. Le docteur Mohammed Taher a déclaré à l’AFP avoir vu un homme ayant reçu une balle dans la tête et un autre au cou, tous deux étaient dans un état grave. Le ministère de la Santé a de son côté recensé 10 morts dimanche et 1.700 blessés depuis samedi, selon l’agence officielle Mena.

Des manifestants défilaient également à el-Arich, dans le Sinaï et à Ismaïlia, sur le canal de Suez, tandis que des heurts ont éclaté à l’issue des funérailles d’un jeune homme tué samedi à Alexandrie (nord), selon l’agence officielle Mena.

Cinquante-cinq personnes arrêtées

A Suez, des militaires tiraient en l’air pour disperser des manifestants, au lendemain d’affrontements dans cette ville située sur la mer Rouge, selon un correspondant de l’AFP.

Des défilés réclamant que le pouvoir, aux mains de l’armée depuis plus de neuf mois, soit restitué aux civils, avaient également lieu dans le centre du pays à Qena, où la télévision d’Etat a fait état de heurts, et à Assiout, selon des responsables de la sécurité.

Cinquante-cinq personnes ont été arrêtées dimanche, selon la même source.

Ces affrontements rappelant les scènes de la révolte contre le régime au début de l’année ont débuté samedi au lendemain d’une manifestation place Tahrir de dizaines de milliers de personnes.

Cette démonstration de force, menée par les islamistes, visait à réclamer le retrait d’une déclaration constitutionnelle présentée par le gouvernement, qui exemptait en particulier le budget de l’armée de tout contrôle parlementaire.

Inquiétudes pour les législatives

L’armée s’est engagée à rendre le pouvoir aux civils après l’élection d’un nouveau président. La date de la présidentielle qui doit suivre les législatives n’est toutefois pas encore connue, ce qui suscite de nombreuses craintes de voir les militaires s’accrocher au pouvoir.

Ces troubles ont relancé les craintes que les législatives, qui doivent débuter le 28 novembre et s’étaler sur plusieurs mois, ne soient émaillées de violences.

L’armée a dit “regretter” les événements actuels, appelant le gouvernement a rencontrer les forces politiques pour y mettre fin, tout en réaffirmant s’en tenir au calendrier électoral établi, dans un communiqué lu dans la soirée à la télévision publique.

Auparavant, le général Mohsen al-Fangari avait assuré que les élections auraient lieu comme prévu: “Nous n’allons pas céder aux appels pour reporter le scrutin. Les forces armées et le ministère de l’Intérieur sont capables d’assurer la sécurité des bureaux de vote”.

“Nous ne partirons pas”

Plusieurs personnalités politiques et des intellectuels, parmi lesquels l’ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei, ont réclamé un délai supplémentaire pour ces élections, dans le cadre d’une révision du calendrier politique.

Ils proposent d’élire d’abord une assemblée constituante, puis un président et enfin un Parlement.

Sur la place Tahrir, de nombreux manifestants, la plupart en sang, étaient régulièrement évacués, alors que des manifestants scandaient “Nous ne partirons pas” et “Le peuple veut la chute du maréchal”, à l’adresse de ce militaire septuagénaire, ministre de la Défense de Mousni Moubarak pendant vingt ans.

Réactions diplomatiques

A l’étranger, le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a estimé que la loi et l’ordre devaient être assurés “dans le respect des droits de l’homme”, alors que le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, a jugé ces affrontements “très troublants”.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a “condamné la violence”, tandis que Rome et Berlin ont exprimé leur “extrême préoccupation” face à cette situation et “invité toutes les parties à mettre un terme immédiatement aux actes de violences”.

Par ailleurs, l’ambassadeur d’Israël en Egypte, Yitzhak Levanon, a regagné le Caire ce dimanche plus de deux mois après avoir quitté la capitale égyptienne à la suite d’une violente manifestation contre son ambassade, a déclaré à l’AFP un responsable à l’aéroport. “L’arrivée de l’ambassadeur n’a pas été annoncée et son voyage s’est fait en toute confidentialité”, a précisé ce responsable. L’Egypte est le premier pays arabe à avoir conclu un accord de paix avec l’Etat hébreu, en 1979.

La place Tahrir en vidéos

Le journaliste Amr Moussa, membre du Conseil exécutif pour la défense des acquis de la révolution avait fait savoir un plus tôt dans la journée au “Nouvel Observateur” que 508 personnes ont été blessées, cinq personnes tuées et 10 personnes arrêtées depuis le 19 novembre lorsque des rassemblements place Tahrir ont commencé. Le Conseil exécutif pour la défense des acquis de la révolution a fait savoir également qu’il demandait la démission du maréchal Hussein Tantaoui (à la tête du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis le départ du président Hosni Moubarak) et le transfert du pouvoir à un président élu. Il demande aussi l’élaboration d’une nouvelle constitution, la libération de tous les prisonniers politiques, ainsi que l’arrêt des jugements devant le tribunal militaire.

Amr Moussa a transmis au “Nouvel Observateur” ces vidéos de la place Tahrir filmée samedi 19 novembre :

Rassemblements place Tahrir par Nouvelobs

Rassemblements place Tahrir par Nouvelobs

Place Tahrir au Caire

Intoxications au gaz lacrymogènes

Dans des hôpitaux improvisés dans les mosquées aux abords de la place Tahrir, quelques manifestants étaient soignés dimanche pour des intoxications au gaz lacrymogènes et d’autres après avoir été touchés par des balles en caoutchouc ou des plombs de chasse, a constaté la journaliste.

Sur la place, des groupes de manifestants scandaient des slogans hostiles au pouvoir militaire, réclamant la chute du maréchal Hussein Tantaoui. “Le Conseil des forces armées poursuit la politique de Moubarak, rien n’a changé après la révolution”, a déclaré à l’AFP Khaled, 29 ans, alors qu’il installait une tente au centre de la place Tahrir.

De nombreuses personnes brandissaient des grenades lacrymogènes et des balles de fusils de chasse, alors que d’autres balayaient la place jonchée de détritus calcinés.

Le premier scrutin législatif depuis la chute de Hosni Moubarak doit débuter le 28 novembre.

Le Nouvel Observateur – AFP
 


SUR LE MÊME SUJET
Nouvelle flambée de violences en Egypte, deux morts
Deux manifestants sont morts vendredi au Caire, asphyxiés par des gaz lacrymogènes, ont indiqué des sources médicales alors qu'une nouvelle flambée de violences traverse l'Egypte après le drame du match de football meurtrier à Port-Saïd. Ces deux victimes ont été transportées à l'hôpital inconscientes après s'être jointes aux manifestants dans la capitale, près du ministère de l'Intérieur, où la police anti-émeutes tirait des gaz lacrymogènes et les protestataires ripostaient par des jets de pierres. Les affrontements ont repris vendredi en Egypte entre policiers et manifestants réclamant le départ du pouvoir militaire, dans une nouvelle flambée de violences après le drame du match ...
Lire l'article
Egypte: la peine de mort requise contre Hosni Moubarak
Le parquet a requis jeudi la peine capitale contre l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, 83 ans, accusé du meurtre de manifestants durant la révolte qui l'a chassé du pouvoir début 2011. Un procureur, Moustafa Khater, a demandé la "peine maximale" pour celui qui régna sans partage sur l'Egypte pendant trois décennies, en rappelant que "la loi prévoit la peine de mort pour le meurtre prémédité". La peine de mort a également été requise contre l'ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli et six ex-responsables des services de sécurité, jugés en même temps. Le procureur a aussi demandé la "peine maximale" pour les deux fils ...
Lire l'article
Retour des violences au Caire
Des affrontements opposent pour le deuxième jour consécutif manifestants et forces de l'ordre dans le secteur de la place Tahrir. Au moins huit personnes ont péri vendredi. Le premier ministre égyptien dénonce une «contre-révolution». La tension ne retombe pas au Caire. Pour le deuxième jour consécutif, la place Tahrir et ses abords sont le théâtre ce samedi de violents affrontements entre opposants au pouvoir militaire et forces de l'ordre. Les heurts se sont étendus de la place, d'où s'élève un épais nuage de fumée, à un pont sur le Nil à proximité. Les protestataires, qui sont armés de pierres, sont eux-mêmes ...
Lire l'article
L'Egypte a assuré le service minimum, en s'imposant par la plus petite des marges sur le Gabon (1-0), ce dimanche soir pour la première journée du groupe B de la CAN des moins de 23 ans, qualificative pour les JO 2012. Un but et c'est tout. L'Egypte a assuré le service minimum contre le Gabon (1-0), ce dimanche soir pour la première journée du groupe B de la CAN des moins de 23 ans, qualificative pour les JO 2012. Les Jeunes Pharaons ont marqué par Ahmed Magdy au retour des vestiaires (56ème), avant de résister aux tentatives gabonaises en ...
Lire l'article
La place Tahrir fait reculer la junte égyptienne
Par Adrien Jaulmes Le maréchal Tantaoui promet un transfert accéléré du pouvoir aux civils. De notre envoyé spécial au Caire La place Tahrir ressemble à un immense organisme vivant. Autour du rond-point central où le village de tentes est réapparu, des centaines de milliers de personnes tournent, s'arrêtent, se regroupent, agitent des drapeaux égyptiens, reprennent en chœur des slogans: «Le peuple veut le départ du Maréchal!» Des marchands ambulants vendent à boire, thé ou jus de fruits, à manger, du kochari, le plat populaire égyptien, du pop-corn, sans oublier l'équipement de base du manifestant: masque à gaz, lunettes de sécurité et casque de ...
Lire l'article
Après avoir annoncé la démission du gouvernement hier soir, le président égyptien a nommé aujourd'hui un vice-premier ministre et un nouveau Premier ministre pour diriger le pays à ses côtés. C'est une grande première en Égypte. Le chef du Renseignement égyptien, Omar Souleimane, a prêté serment samedi 29 janvier en tant que vice-président, premier poste du genre depuis que le président Hosni Moubarak a pris le pouvoir en 1981. Le général Souleimane, né en 1934, considéré comme le numéro deux du régime, joue un rôle politique important depuis plusieurs années, et est responsable de dossiers délicats de politique étrangère, notamment celui ...
Lire l'article
LIBREVILLE (AGP) - La France a estimé lundi que les violences de ces derniers jours au Gabon ont été exagérées, tout en continuant d'appeler les ressortissants français à la prudence, rapporte l’AFP. "Les événements ont été un peu grossis (…), à Libreville la situation est normale et à Port-Gentil, à quoi a-t-on à faire? A des pillages", a-t-on souligné à l'Elysée. "Un peu de confusion" n'est pas surprenant "dans un pays qui depuis quarante ans n'a pas connu une élection aussi libre que celle-ci", ajoute la même source. "Le plus inquiétant, ce n'est pas les quelques incidents qu'il y a eu mais plutôt ...
Lire l'article
LIBREVILLE (AGP) – La situation revenait progressivement à la normale lundi matin à Port-Gentil (sud-ouest), après des violences post-électorales qui ont fait officiellement trois morts à la suite de la proclamation des résultats de la présidentielle, selon des sources concordantes sur place. ’’Les taxis et autres véhicules ont commencé à circuler dans la ville. Tout semble calme ici’’, a affirmé Marlyse, une habitante de Bac aviation, quartier populaire ayant été touché par ces violences qui ont duré 3 jours. ’’Certains magasins ont rouvert leurs portes, mais la plupart d’entre eux sont restés fermés aujourd’hui (lundi)’’, a ajouté Marlyse jointe par téléphone par ...
Lire l'article
Dans la matinée précédant la proclamation du scrutin du dimanche 30 août, les forces de l’ordre ont brutalement dispersé les partisans des candidats à la présidence Pierre Mamboundou et André Mba Obame, rivaux d'Ali Bongo Ondimba. La prison de Port-Gentil, capitale économique du pays, a été détruite et ses prisonniers libérés par des manifestants. © Static/gaboneco - Les forces de l'ordre face aux manifestants devant la Cité de la Démocratie. Les partisans des deux rivaux d'Ali Bongo dans la course à la présidentielle gabonaise, Pierre Mamboundou et André Mba Obame, ont ...
Lire l'article
Des affrontements violents ont opposé, hier, à Libreville, au Gabon, plusieurs milliers de manifestants aux forces de l'ordre. Ces heurts ont éclaté après la dispersion d'un rassemblement - interdit par les autorités - de plusieurs centaines d'opposants qui demandaient la démission du gouvernement du ministre de la Défense, Ali Ben Bongo, fils du défunt président Omar Bongo et candidat à la présidentielle du 30août. «Le Gabon n'est pas une monarchie. C'est le peuple qui doit décider. Ali, va-t-en», a lancé un étudiant. «L'ère du PDG (Ndlr: Parti démocratique gabonais fondé par le président Bongo) est révolu. L'ère du Parti des ...
Lire l'article
Nouvelle flambée de violences en Egypte, deux morts
Egypte: la peine de mort requise contre Hosni Moubarak
Retour des violences au Caire
CAN U23 : Egypte – Gabon (1-0)
La place Tahrir fait reculer la junte égyptienne
Égypte : Hosni Moubarak nomme des proches dans le nouveau gouvernement
Gabon-France-violences : Paris minimise les violences tout en appelant à la prudence
Présidentielle/violences : Retour progressif lundi des activités à Port-Gentil après des violences post-électorales
Gabon : Violences politiques à Libreville et Port-Gentil
Gabon: Violences lors d’une manifestation «anti-Ali Bongo»


Votez cet article (Cliquez les étoiles · 1 = mauvais - 5 = excellent)
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)
Loading ... Loading ...

Auteur/Source: · Date: 21 nov 2011
Catégorie(s): Afrique
Fil RSS 2.0 · Commentaires/Trackback autorisés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>