Socialisez

FacebookTwitterRSS

Jacques Chirac condamné à deux ans de prison avec sursis

Auteur/Source: · Date: 15 Déc 2011
Catégorie(s): Monde

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’ancien président français Jacques Chirac à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics et abus de confiance pour certains emplois fictifs de la ville de Paris – dont il fut maire.

“Le jugement est historique et la sentence est une surprise”, commente Pauline Paccard, l’envoyée spéciale de FRANCE 24 au palais de justice de Paris. L’ancien président de la République Jacques Chirac a été condamné, ce jeudi 15 décembre, à deux ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris.

L’ex-chef de l’État a été déclaré coupable de “détournement de fonds publics” et d’”abus de confiance” dans le volet parisien de l’affaire – qui porte sur 21 emplois rémunérés par la municipalité au début des années 1990 alors que Jacques Chirac était maire de la ville – et de “prise illégale d’intérêt” dans le deuxième volet de l’affaire, qui avait été instruit à Nanterre – qui porte, lui, sur sept emplois fictifs. Il devient de facto le premier ancien président sous la Ve République condamné par la justice.

“Le cerveau de l’affaire”

Les juges n’auront donc pas suivi la demande du parquet qui avait appelé le tribunal correctionnel à relaxer l’ancien président – redevenu un justiciable comme les autres depuis la perte de son immunité présidentielle – et ses neuf coprévenus. “En le condamnant, l’affaire est devenue symbolique. La justice a considéré que Jacques Chirac avait été le cerveau de l’affaire des emplois fictifs. Non pas le dilettante qui signait les salaires sans savoir”, précise Marc Perelman, spécialiste de politique française à FRANCE 24. “Les juges ont été clairs : oui, l’ancien président a bien détourné de l’argent public pour servir ses ambitions politiques.”

Selon l’un de ses avocats, Jean Veil, l’ex-président aurait accueilli le jugement “avec sérénité”. Mais parmi les fidèles chiraquiens présents au tribunal, l’émotion était de mise. Ahn Dao Traxel, la fille adoptive de l’ancien chef de l’État, semblait extrêmement affectée par le verdict. “C’est une grande douleur pour nous”, a-t-elle déclaré en sanglots.

Une réaction qui contraste avec celle de Me Georges Kiejman, l’avocat de Jacques Chirac, étonnamment mesuré : “Le jugement peut apparaître comme décevant mais il faut tenir compte de la grande modération du tribunal qui est venu rappeler les qualités personnelles du président Chirac, l’ancienneté des faits et également le rôle qu’il avait pu jouer dans l’organisation de l’encadrement du financement des partis politiques.” Pas un mot cependant sur un éventuel appel de son client. “Il est encore top tôt pour vous donner une réponse. Une décision sera prise ce soir [jeudi]”, a-t-il ajouté.

Une sentence saluée par l’opposition

Du côté de l’association Anticor, l’unique partie civile du procès – après le retrait de la Ville de Paris -, l’annonce a été accueillie avec joie et retenue. “Nous sommes satisfaits de ce jugement responsable” peut-on lire sommairement sur leur fil Twitter. “C’est une décision historique extrêmement importante pour l’avenir de la démocratie”, a également déclaré leur avocat, Me Jérôme Karsenti.

Un enthousiasme que l’on retrouve dans les rangs de l’opposition où l’on salue l’indépendance d’un système judiciaire impartial. “La justice est passée et elle devait passer, pour que ne s’installe pas un sentiment d’impunité”, a déclaré François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, à Bondy (Seine-Saint-Denis) en marge d’une visite sur le thème de la formation des enseignants. Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste (PS), se félicite lui que la justice “ne distingue pas les justiciables selon qu’ils soient puissants ou pas. C’est un bon signe pour la démocratie française”, a-t-il déclaré à l’AFP. Eva Joly, la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, va, quant à elle, jusqu’à demander la démission de l’ancien président du Conseil constitutionnel : “J’invite Jacques Chirac à tirer les conséquences de sa condamnation et de fait, à démissionner” de ses fonctions, écrit l’ancienne juge d’instruction sur son fil Twitter.

Des réactions qui étonnent Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du Front national, pourtant peu suspect de complaisance envers son ancien adversaire au second tour de la présidentielle de 2002. “On reproche au président Chirac des emplois fictifs qui existaient dans tous les partis politiques. Alors, attaquer ensuite en justice un homme qui a servi la France, je trouve cela désolant.”

Une retenue dont fait également preuve Matignon. “Je n’ai pas l’habitude de commenter des décisions de justice, je pense simplement que celle-ci arrive vraiment trop tard, plus de 20 ans après les faits”, a dit le Premier ministre français, François Fillon, dans une déclaration à la presse.

Impact sur la présidentielle ?

Reste à savoir si cette condamnation pourrait avoir un quelconque impact sur l’échéance électorale de 2012. “C’est une question délicate, reconnaît Marc Perelman, Du côté de la majorité présidentielle, tout le monde connaît l’animosité existante entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. De là à penser que cette sentence pourrait peser sur la campagne de l’actuel président, il y a un pas.”

Selon lui, la condamnation de l’ancien président pourrait davantage mettre un bâton dans les roues du PS. “La gauche a accusé l’ancien président de 1 000 maux quand il était au pouvoir. Aujourd’hui, les socialistes ont changé leur fusil d’épaule. Depuis que Jacques Chirac a – volontairement ou non – apporté son soutien à François Hollande [lors d’un déplacement en Corrèze, en juin dernier], la donne a changé. Aujourd’hui, les rapports entre Jacques Chirac et le PS se sont complexifiés”, conclut le journaliste.

LES AUTRES CONDAMNATIONS
Parmi les neuf coprévenus de Jacques Chirac, seul Michel Roussin, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac, et Pierre Boué, un proche des milieux sportifs, ont été relaxés par le tribunal correctionnel. Les autres prévenus, dont François Debré, le frère de l’actuel président du Conseil constitutionnel et Jean de Gaulle, le petit fils du Général ont, eux, été reconnus coupables.
 


SUR LE MÊME SUJET
Affaire Bourgi: pas d’enquête visant Chirac et Villepin
Le parquet de Paris a choisi de ne pas poursuivre les investigations sur les éventuelles remises de mallettes de billets à Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Le parquet de Paris a tranché: faute de preuves, pas d'enquête sur d'éventuelles mallettes de billets remises à Jacques Chirac et Dominique de Villepin. L'enquête préliminaire ouverte après les accusations de l'ex-conseiller officieux de l'Elysée Robert Bourgi sur la remise de fonds africains occultes à Jacques Chirac et Dominique de Villepin a été classée sans suite, a-t-on appris ce mercredi auprès du parquet de Paris. Dans une retentissante interview au JDD le ...
Lire l'article
De Corinne DELPUECH (AFP) L'avocat Robert Bourgi a continué à distiller ses accusations sur les bénéficiaires de l'argent noir de la "Françafrique" en y incluant lundi Jean-Marie Le Pen, provoquant une avalanche de réactions politiques et la curiosité du barreau de Paris sur ses activités. "M. Jean-Marie Le Pen a été reçu par le président Bongo et le président Bongo a financé la campagne électorale de M. Jean-Marie Le Pen en 1988", a affirmé Me Bourgi à BFMTV lundi soir, citant l'ex-président du Gabon. Le fondateur du Front national a aussitôt démenti des accusations "ridicules", "téléguidées" selon lui par Nicolas Sarkozy, avant d'annoncer ...
Lire l'article
En vue d’examiner les conséquences de l’interdiction d’exporter les grumes et étudier les mesures d’accompagnement de cette décision, un forum sur la gestion forestière au Gabon a été organisé du 15 au 17 février dernier à Libreville. Ayant rassemblé tous les acteurs du secteur, les travaux ont débouché sur la nécessité d'adoucir l'interdiction d'exportation des grumes en janvier 2010 et ont notamment recommandé un calendrier progressif jusqu'en 2012. Réunis autour du thème «bilan de la gestion forestière au Gabon et perspectives pour la valorisation des produits forestiers», plus de 500 experts représentant les administrations impliquées, les opérateurs privés de la ...
Lire l'article
Le directeur général d'Addax Petroleum Gabon, Gérard Hautavoine, a finalement été condamné à 3 mois de prison avec sursis par la Cour d'appel de Port-Gentil le 27 janvier. Il avait initialement été condamné le 10 novembre dernier à 3 mois de prison ferme pour licenciement abusif et outrage à magistrat puis mis en liberté conditionnelle 15 jours plus tard. La Cour d’appel de la capitale économique a jugé le directeur général d’ADDAX Petroleum GAbon, Gérard Hautavoine, absent à l'audience, coupable de licenciement abusif de son adjoint et d'outrage envers le tribunal et l'a condamné à 3 mois ...
Lire l'article
Le tribunal de première instance de Mouila, chef-lieu de la province de la Ngounié (sud) a condamné jeudi dernier, l’enseignant Patricien Mombo a deux ans de prison dont un ferme pour avoir violé une élève de 14 ans, rapporte dimanche le correspondant de l’AGP. L’enseignant dont l’audience a vu la présence de plusieurs élèves du collège d’enseignement secondaire (CES) Albert Martin Sambat qui attendaient le verdict rendu par le tribunal. M. Mombo avait abusé sexuellement de cette mineure qui était son élève à son domicile après avoir usé de malice pour l’entraîner dans son lit. Le l’enseignant indélicat aurait demandé à la jeune ...
Lire l'article
Le Gabon peut enfin entrer dans l'histoire en changeant de statut et devenir une véritable filiale de Total, avec un conseil d'administration de personnalités de choix : Chirac, Le Floch'Prigent, Pasqua... et un conseiller en or de la société BK consulting. Conseil d'administration houleux au Gabon Le conseil d'administration exceptionnel du Gabon qui se tenait ce mardi à Libreville s'est déroulé dans une atmosphère tendue. En effet, le président du conseil et représentant de l'actionnaire majoritaire (UMP), Nicolas Sarkozy, a été accueilli sous les huées d'une poignée de salariés, remettant en cause la politique sociale de l'entreprise. Avant même l'ouverture de la ...
Lire l'article
Chers Amis, Je viens de voir passer ce matin au Palais du bord de l’océan, les deux néo-colonisateurs français Nicolas Sarkozy et son meilleur ennemi Jacques Chirac ; qui sont venus, comme d’autres avec eux, faire semblant de pleurer et de s’incliner sur le cercueil en bois d’OZIGO de notre cher « presida ». Je peux déjà vous dire que les choses n’ont pas vraiment été faciles pour eux, surtout pour le jumeaux de l’autre (jumeau par la taille, j’entendais). En effet, le nabot SARKO Ier a été copieusement hué par la foule de gabonais qui se trouvait là aux abords du ...
Lire l'article
Le président français Nicolas Sarkozy, accompagné de son prédécesseur Jacques Chirac, a rendu mardi à Libreville un dernier hommage à Omar Bongo, le doyen des chefs d'Etat africains qui a régné sans partage sur cet "émirat pétrolier" du golfe de Guinée pendant 41 ans. Une quarantaine de chefs d'Etat africains ou de leurs représentants ont également fait le déplacement pour la cérémonie d'hommage au défunt, qui sera suivie d'un défilé militaire. La dépouille de "Papa Bongo", comme l'appelaient affectueusement ses compatriotes, gagnera ensuite par avion Franceville, dans sa province natale du Haut-Ogooué, dans le sud-est du pays, pour y être inhumée jeudi ...
Lire l'article
L'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing a affirmé mardi que le président du Gabon Omar Bongo, décédé lundi, avait soutenu "financièrement" Jacques Chirac pendant la campagne présidentielle de 1981. Invité sur Europe 1 à évoquer les souvenirs qu'il avait du président gabonais, M. Giscard d'Estaing a raconté : En 1981, "normalement vous savez qu'on n'acceptait pas des versements de fonds provenant de pays étrangers qui soutenaient des candidats en France. Et j'ai appris que Bongo soutenait financièrement Jacques Chirac". "Moi j'étais président de la République à l'époque, a-t-il poursuivi, j'ai appelé Bongo et je lui ai dit : +vous soutenez actuellement ...
Lire l'article
Le leader centrafricain de l’Armée patriotique pour le rétablissement de la démocratie (APRD), Jean-Jacques Demafouth, a eu une séance de travail avec le président gabonais Bongo Ondimba, le 7 mai dernier, pour baliser le bon déroulement du dialogue politique inclusif que le président Bozizé entreprendra prochainement avec l’opposition et les troupes rebelles en vue d'un rétablissement de la paix sociale en République centrafricaine. Quinze jours après la visite du président Bozizé, l’opposant Jean Jacques Demafouth est venu rencontrer le président Bongo Ondimba pour baliser la résolution du conflit centrafricain. L’ancien ministre centrafricain de la Défense et leader de l’Armée Patriotique ...
Lire l'article
Affaire Bourgi: pas d’enquête visant Chirac et Villepin
Après Chirac et Villepin, Bourgi accuse Le Pen de financement occulte
Gabon : Deux ans de sursis pour industrialiser la filière bois ?
Gabon : 3 mois de prison avec sursis pour le directeur d’ADDAX
Gabon: Un enseignant condamné à 2 ans de prison dont un ferme
Chirac, nouveau PDG de la S.A. GABON
Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac sont donc simplement venus s’assurer que les deux rejetons étaient fin prêts
Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac aux funérailles d’Omar Bongo
Giscard d’Estaing: Bongo a soutenu “financièrement” Chirac pendant la campagne de 81
Gabon : Jean-Jacques Demafouth en conclave avec Bongo Ondimba pour la stabilisation politique en RCA


Votez cet article (Cliquez les étoiles · 1 = mauvais - 5 = excellent)
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)
Loading...

Auteur/Source: · Date: 15 Déc 2011
Catégorie(s): Monde
Fil RSS 2.0 · Commentaires/Trackback autorisés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*