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Et Barack Obama fit tomber un autre dictateur

Auteur/Source: · Date: 25 Déc 2011
Catégorie(s): Afrique,Commentaire,Diplomatie,Monde,Opinion

Hosni Moubarak, Ben Ali, Mouammar Kadhafi, (devrait-on ajouter Laurent Gbagbo à cette litanie?): La liste des dictateurs défaits par les peuples sous l’oeil aux apparences débonnaires, mais pourtant dur et intransigeant, de Barack Obama, ne cesse de s’allonger.

Le dictateur yéménite Ali Abdullah Saleh a annoncé samedi son départ en exil pour les USA après que sa garde républicaine s’était mise à tirer à l’arme automatique sur les 100.000 personnes qui avaient marché près de 300 kilomètres vers la capitale pour demander son départ. 400.000 autres manifestants les avaient rejoint samedi dans Sana’a, la capitale yéménite. Au moins 9 personnes ont péri lors de ces attaques.

Cela faisait des mois que les Yéménites protestaient, sans succès, le dictateur refusant de s’en aller. Son abandon partiel de pouvoir en Novembre 2011 n’avait apparemment pas suffi à satisfaire le peuple. Bien que les conditions de son départ ne soient pas encore totalement clarifiées, cela ne semble plus qu’une question de temps. Cela faisait 33 ans que Saleh dirigeait le Yémen.

Le plus fascinant dans tout cela est que, contrairement à ses prédécesseurs, le président américain actuel n’a jamais une seule fois hésité à lâcher les dictateurs fondamentalement mis à mal par leurs peuples, même quand il s’agissait d’alliés de longue date de l’Amérique comme Hosni Moubarak, qui servit longtemps d’homme tampon entre le monde arabe et Israël, ou de dictateurs comme Ali Abdullah Saleh, à qui les Etats-Unis s’étaient alliés pour faciliter leur lutte contre Al-Qaeda dans la péninsule arabique.

Pour nous, peuples d’Afrique en attente de nos “printemps nègres”, il y a comme un écho assourdissant qui ne cesse de nous référer aux discours du président américain vis-à-vis des Africains, notamment de la jeunesse, à qui il n’a cessé de demander de lui MONTRER qu’ils veulent VRAIMENT se défaire de leurs dictateurs et l’Amérique sera à leurs côtés.

Les courageux peuples arabes qui, en Libye, en Tunisie, en Egypte, au Yémen et, probablement, prochainement en Syrie, ont mis à mal leurs despotes, semblent avoir su décrypter l’écho du message du président américain, à qui ils ont montré, en se déversant par millions dans les rues, qu’ils voulaient VRAIMENT se défaire de leurs despotes. Et Obama, à chaque fois que l’insurrection des peuples s’était montrée irréversible, n’a pas manqué d’être à leurs côtés comme promis en déclarant justement ces leaders illégitimes et, donc, indignes de diriger leurs peuples. On sait généralement les conséquences qu’ont eu ces phrases fatidiques du président américain sur la survie des dictateurs ainsi lâchés.

Pour le moment, les peuples d’Afrique noire semblent hésitants, malgré des contextes électoraux propices à des “printemps nègres”, notamment dans des pays comme la RDC et le Gabon où des élections frauduleuses ont récemment été organisées. Pourquoi?

Manque de leadership? Manque de courage? Manque de stratégie et de détermination de la part des oppositions africaines? La question reste posée.

Il n’en demeure pas moins que les signes du temps ne trompent pas. Que les peuples qui veulent VRAIMENT se défaire de leurs dictateurs le MONTRENT. Tout simplement. C’est cela le message d’Obama aux Africains. L’Amérique ne viendra pas les libérer de leurs dictateurs à leur place. Mais à chaque fois qu’ils MONTRERONT VRAIMENT qu’ils ne veulent plus de leurs dictateurs, à chaque fois qu’ils MONTRERONT une DETERMINATION irréversible dans les rues et par des moyens insurrectionnels divers, même armés comme en Libye ou en Syrie, Barack Obama sera à leurs côtés pour dire aux dictateurs qu’ils ont perdu toute légitimité pour diriger leurs pays, et qu’ils doivent partir.

Dr. Daniel Mengara
Président du mouvement “Bongo Doit Partir”
http://www.bdpgabon.org

Article remis à jour le 26 décembre 2011, 11h30 (Matin, heure de New York). 


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