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Quand les Bongo voulaient corrompre Bakchich

Auteur/Source: · Date: 28 Déc 2011
Catégorie(s): Politique,Révélations,Rumeurs

Au cours de ses 5 ans de vie, Bakchich a connu bien des aventures. Dont une rocambolesque tentative de corruption par le Gabon, fort bien narrée par les auteurs du livre Le Scandale des bien mal acquis. Souvenirs, souvenirs….

4 ans déjà que l’immobilier africain traverse une (petite) crise à Paris. Depuis que des malandrins, avocats droits de l’hommistes, ONG incorruptibles et ressortissants africains un peu las de voir les ressources de leurs pays servir à acheter des luxueux pieds-à-terre à Paris ont lancé les procédures judiciaires de Biens mal acquis.

Dans cette palpitante (et encore inachevée) saga, Bakchich a apporté son lot de révélations. Que ce soit sur les chèques cadeaux de la famille Bongo, le testament d’Omar, patriarche qui était loin d’être une pince, ou encore la villa azuréenne de l’Angolais Dos Santos, ou bien encore les notes enterrées de Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère des finances, sur le train de vie des présidents africains en France.

Autant de lézardes dans le massif édifice de la Françafrique, encore loin, très loin de vaciller sous le souffle d’un printemps africain. Pas une raison pour s’arrêter de le titiller. D’autant que dans cette aventure, les plumes ne manquent pas. A l’instar des écrits cliniques de Thomas Hofnung et Xavier Harel, auteur du Scandale des biens mal acquis, enquête sur les milliards de la Françafrique, livre salutaire (et pas seulement parce qu’il cite Bakchich).

Pillages et impunité, mamelles françafricaines

Ne se contentant de compulser les procès verbaux et autres pièces judiciaires, les deux gratte-papiers ont su mettre en commun leurs réseaux, leurs connaissances de l’Afrique et de ses dirigeants pour rédiger une sorte de précis de cette affaire à tiroirs et à milliards.

L’une de leurs révélations, les déclarations de Mickaël Jocktane, ex du cabinet d’Omar Bongo accusant Sarko Ier d’avoir été financé par le potentat gabonais a fait le tour de la sphère médiatique. Ce n’est pas la seule qui mérite l’attention.

Au delà du pillage auxquels se livrent les dirigeants africains de leur propre pays, c’est l’impunité dans laquelle ils agissent qui fascine. Et les méthodes, rustiques, qu’ils emploient pour acheter les silences complices.

Bakchich et l’auteur de ces lignes ont même été l’objet de ces attentions. Une jolie histoire, que par pudeur Bakchich n’avait jamais dévoilé dans les grandes lignes; et que par égocentrisme de fin d’année, nous livrons à nos lecteurs. Elle narrée avec simplicité par Hofnung et Harel dans leur livre. Extraits.

Tentative de corruption de…Bakchich

« En 2009, des journalistes français ont également été approchés. C’est notamment le cas de Xavier Monnier, l’un des responsables du site Bakchich. Lancé en 2006 par Nicolas Beau, un ancien du Canard Enchaîné, et ce jeune journaliste, ce média se présente comme un “journal d’enquêtes, d’information et de Mauvais esprit». Or Bakchich va chroniquer les affres de la famille Bongo avec une tendresse particulière. Au cours de l’année 2009, la santé déclinante d’Omar Bongo provoque de fortes tensions entre ses deux enfants, Ali et Pascaline Bongo. Et les coups bas médiatiques commencent à pleuvoir. Xavier Monnier, vieux routier -malgré son jeune âge – des intrigues du palais de Bord de Mer, devient le témoin averti de ce combat des chefs.

Les rendez vous dans les grands hôtels parisiens se multiplient. Mickaël Moussa, l’un des principaux conseillers d’Ali Bongo, reçoit le journaliste à l’hôtel Hyatt, à deux pas de la place Vendôme, à Paris.

«On peut aider ton journal et améliorer ton quotidien»

André Christ Nguimbi, ministre délégué à la Santé et proche de Pascaline Bongo, prend ses quartiers au Novotel Paris Tour Eiffel, face à la Maison de la Radio. Au fil des entrevues, André Christ Nguimbi et Mickael Moussa, chacun de son côté, se montrent de plus en plus entreprenants, nous a confié Xavier Monnier. L’affaire des Biens Mal acquis est alors perçue comme une opération de déstabilisation de la famille Bongo. Les deux camps n’hésitent pas à «draguer» les journalistes chargé du dossier. «Tu es sûr tu n’as besoin de rien d’autre? On peut aider ton journal et même améliorer ton quotidien si tu le souhaites» propose-t-on à Xavier Monnier.

Le journaliste de Bakchich décline poliment les propositions, mais suggère à André Christ Nguimbi de coucher par écrit ce qu’il attend de lui. Le ministre lui remet en mars 2009 une note explicite.

« Suite à la mission que m’a chargé d’effectuer Mme Pascaline Mferri Bongo-Ondimba, directrice de cabinet de M. le président de la République, mission au cours de laquelle je dois rencontrer Xavier Monnier, directeur adjoint de la rédaction et directeur de publication du journal Bakchich, il m’a été assigné de voir avec l’intéressé 4 points», écrit-il en préambule de ce document dont nous avons pu prendre connaissance. Le premier point pose le principe d’une rencontre entre Pascaline Bongo et Xavier Monnier, afin – deuxième point – d’« obtenir des noms de certaines personnes, qui alimenteraient la presse ou des groupes de pression [sic]». Troisième point, la mise en place d’un «système d’alerte sur tous les sujets qui fâchent venant du Gabon ou étant ici en France, […] afin qu’à l’avenir la presse ou autres groupes de pressions ne s’acharnent pas sur le président comme c’est le cas en ce moment».

Faire taire certaines histoires

Le quatrième et dernier point résume sans fioritures ni périphrases les méthodes et préoccupations de Pascaline Bongo :«si collaboration future il y a, et telle est la volonté de Mme la directrice de cabinet, connaître les prétentions financières de M. Xavier Monnier et voir avec son entregent s’il serait possible d’approcher William Bourdon afin de taire certaines histoires qui minent les relations entre la France et le Gabon.» Pour la famille Bongo tout s’achète, il suffit d’y mettre le prix. Xavier Monnier conserve la note sans donner suite. Mais les conseillers de la directrice de cabinet du président ne désarment pas et se montrent encore plus audacieux. Quelques semaines plus tard, lors d’un rendez vous dans un bar à jus de fruits du centre commercial du Palais des Congrès, André Christ Nguimbi glisse carrément une enveloppe dans le sac de Xavier Monnier, affirme ce dernier. Le journaliste y plonge la main pour en ressortir l’enveloppe «bourrée de 12000 euros en billets de 500», raconte-t-il. «Un cadeau de Pascaline Bongo», lui dit le ministre.

12000 euros en liquide, ce n’est pas de la corruption

Un court moment le journaliste hésite: «j’avais envie de la prendre et faire un sujet video pour expliquer les méthodes de la famille Bongo. Mais j’ai également pensé à un piège. S’il me filmait conservant l’enveloppe contenant les vingt quatre billets mauves, j’étais cuit». Il préfère la restituer immédiatement. «”Ce n’est pas de la corruption, s’est défendu André Christ Nguimbi, juste un geste pour montrer que nous apprécions votre travail”, rapporte le journaliste. Ils étaient à la fois surpris et très vexés que je refuse. Je suis rentré au journal. J’étais sonné. Je savais qu’il s’agissait d’une pratique courante jusque dans les années 1990. Mais je pensais que c’était de l’histoire ancienne.» Les traditions perdurent…

Par Xavier Monnier
Bakchich 


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Une Réponse à Quand les Bongo voulaient corrompre Bakchich

  1. Davari Fard

    29 Déc 2011 a 14:46

    Je confirme ! Xavier Monnier est pur !
    Je confirme : pour avoir lutté contre les pratiques des potentats africains mis en place par les dirigeants français, ils sont bien tous pourris !

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