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Présidentielle au Sénégal 2012 : troubles à Dakar après la validation de la candidature de Wade

[1]Les réactions n’ont pas tardé après l’annonce par le Conseil constitutionnel de la validation de la candidature d’Abdoulaye Wade à la présidentielle de février et du rejet de celle du chanteur populaire Youssou N’Dour.

De violentes altercations ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi à Dakar et dans plusieurs villes du Sénégal entre manifestants et forces de l’ordre. La police affirme qu’un de ses membres a été tué dans ces affrontements.

L’opposition dénonce un coup d’Etat institutionnel et appelle à manifester vers le palais présidentiel. Abdoulaye Wade est bien autorisé à briguer un troisième mandat. Les candidatures de 12 autres personnalités dont des anciens Premiers ministres passés à l’opposition ont également été validées.

Dès l’annonce de la validation par le Conseil constitutionnel de la candidature du président sénégalais, Abdoulaye Wade, les manifestants présents place de l’Obélisque ont commencé à courir dans plusieurs directions et à laisser éclater leur colère. Des jeunes ont mis le feu à des pneus, des tables pour constituer au milieu de la chaussée des barrages de fortune et les accrochages ont commencé avec la police : jets de pierre contre gaz lacrymogènes.

Les violences ont duré jusque dans la nuit. « Wade n’a qu’à s’en aller, il faut dégage » hurlaient à la lumière des flammes des jeunes manifestants rencontrés dans le quartier populaire de la Medina. «Nous avons entendu que sa candidature a été validée par le Conseil constitutionnel, nous dénonçons cette énième violation de la Constitution » expliquait un autre avant d’ajouter « la seule voie qui permette de pousser le président Wade à reculer, c’est d’occuper la rue ».

En toute fin de soirée les leaders du M23, le mouvement du 23 juin qui rassemble des partis d’opposition et des organisations de la société civile se sont discrètement réunis au domicile de l’un d’eux. Ils affirment que leur mouvement a été infiltré par des éléments qui ont semé la violence, et annoncent qu’ils déposeront un recours devant le Conseil constitutionnel. Ils ont prévu de se retrouver, aujourd’hui, samedi pour voir comment amplifier ce qu’ils appellent une résistance citoyenne active.

Réactions

D’abord du côté des autorités sénégalaises, on se montre plutôt serein. Selon Sérigne Mbacké Ndiaye, porte-parole de la présidence, le« peuple » sénégalais est satisfait de la décision du Conseil constitutionnel.

Sérigne Mbacké Ndiaye, Porte-parole de la présidence: “Ce ne sont pas 300 manifestants voire mille, deux mille qui nous effraient : le peuple sénégalais est satisfait de cette décision. Dire que c’est un coup d’Etat constitutionnel, c’est une réaction de mauvais perdant.”

Sérigne Mbacké Ndiaye affirme même que « le peuple a accueilli avec soulagement » cette décision, et il promet « des mesures contre certains candidats qui ne sont pas en règle avec le fisc », dit-il.

Pour sa part, Youssou N’Dour, pénalisé par la décision du Conseil constitutionnel, dénonce un « coup de force » du président Wade, ajoutant «Je suis candidat et je le reste », et précisant qu’il avait « 48 heures pour un recours » contre la décision du Conseil. Le dossier de la star internationale de la musique, particulièrement populaire dans son pays, est rejeté, officiellement, pour un problème de signatures, en nombre insuffisant pour soutenir sa candidature.

Macky Sall, président de l’APR, Alliance pour la République, ancien président de l’Assemblée nationale, dont la candidature à la présidentielle a été validée par le Conseil constitutionnel, parle de coup d’Etat constitutonnel et déplore la répression de la manifestation de l’opposition vendredi soir.

Macky Sall, Président de l’APR Alliance pour la République, dont la candidature à la présidentielle a été validée par le Conseil constitutionnel: “Cela prouve que le Conseil constitutionnel a été mis au pas Il ne reste plus au peuple sénégalais qu’à résister et à se libérer devant cette forfaiture.”

Ibrahima Fall, opposant dont la candidature a été validée, se dit non surpris par l’annonce du Conseil constitutionnel.

Ibrahima Fall, Opposant dont la candidature à la présidentielle sénégalaise a été validée: “Tous les membres du Conseil sont nommés par le président de la République (…) Il leur a accordé aussi, en plus de leur salaire une indemnité depuis plus de six mois, de cinq millions de francs CFA.”

Du côté de la Raddho, la rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme, on parle de « coup d’Etat constitutionnel », pareil à ce qui s’est passé en Côté d’Ivoire. Selon Alioune Tine son président déclare : «Nous ne sommes pas très surpris. Tous les membres du Conseil constitutionnel ont été nommés par Abdulaye Wade. Ce qui s’est produit c’est la porte ouverte à l’incertitude. Nous allons voir comment organiser la résistance à ce coup d’Etat constitutionnel ».

Le rappeur Thiat, porte-parole de « Y en a marre », -un mouvement de jeunes crée il ya tout juste un an et qui demande le changement dans leur pays-, exprime aussi sa déception et sa colère.

Thiat, Un des rappeurs et porte-parole du mouvement de jeunes Y en a marre: “Le peuple sénégalais est dégoûté et a honte. On ne s’attendait pas à cette nouvelle.” 


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