Socialisez

FacebookTwitterRSS

Biafreries d’Ali: Sous Omar Bongo comme sous Ali Bongo, le Gabon reste dominé par un régime autoritaire

Auteur/Source: · Date: 3 Fév 2012
Catégorie(s): Analyses,Commentaire,Editoriaux,Griffaronades,Politique,Rapports

Le 27 janvier dernier, nous publiions un article sur le rapport 2012 de Freedom House sur la Liberté dans le monde qui depuis 2009, classe le Gabon parmi les pays du monde sous dictature puisque “pas libre” du tout. (voir ce lien: http://www.bdpgabon.org/articles/2012/01/27/le-gabon-classe-non-libre).

Mais il existe une autre publication par le magazine britannique, The Economist, qui chaque année publie un “Indice de la Démocratie” dans le monde. Il se trouve justement que cet indice n’est pas non plus gentil avec le Gabon d’Ali Bongo puisque le Gabon y est classé parmi les régimes dits “autoritaires”.

Selon Wikipédia, The Economist calcule cet indice à partir de 60 critères différents et a réparti les 167 pays étudiés en 4 différents types de régime :

– les démocraties, qui sont les pays qui ont un indice entre 8 et 10.
– les démocraties imparfaites, qui sont les pays qui ont un indice entre 6 et 8.
– les régimes hybrides, qui sont les pays qui ont un indice entre 4 et 6.
– les régimes autoritaires, qui sont les pays qui ont un indice inférieur à 4.

L’indice de démocratie, indique toujours Wikipédia, est basé sur cinq catégories de critères : le processus électoral et le pluralisme, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, la culture politique. Elles sont interdépendantes et conçues comme un tout conceptuel cohérent ; les élections libres et justes, la liberté politique sont considérées comme des conditions sine qua non à l’idée de liberté politique. Sont également pris en compte les libertés d’expression, de religion, d’association, et le droit à un procès juste et équitable.

Le Gabon, selon cet indice, était à la 139e place en 2008 avec seulement 3 points, battu même par le Cameroun et le Burkina Faso, qui se situaient respectivement à la 126e place (3,46 points) et à la 122e place (3,60 points). En 2010, le Gabon se situait à la 133e place avec 3,29 points) et en 2011, à la 128e place, avec 3,48 points), c’est-à-dire sans aucun progrès notable puisque la variation ne se joue même pas sur un demi point, le pays ne progressant que de 3 points à 3,48 points. Le déficit démocratique au Gabon est donc si sévère qu’en quatre ans de 2008 à 2012, le pays a été incapable de progresser d’un maigre demi point. Ce n’est donc pas sous Ali Bongo que le Gabon se démocratisera.

Il reste à noter les bons points de 8 pays africains qui apparaissent dans le rang des démocraties reconnues, quoique “imparfaites”, dont le Botswana qui fait presque jeu égale avec la France dans la catégorie des “démocraties imparfaites”, se situant au 33e rang (7,63 points) et et 29e rang (7,77 points) respectivement, l’Afrique du Sud, qui bat la France avec 7.79 points (28e), le Mali (6,36 points, 63e), le Lesotho (64e), la Namibie (68e), la Zambie (71e), le Bénin, 76e et le Ghana (78e).

On ne peut donc plus dire ici qu’il existe de la part des opposants un faux procès d’intention envers les Bongo. Tous les observatoires de démocraties, y compris le rapport annuel du Département d’Etat américain, ne peuvent pas tous se tromper sur le Gabon et arriver aux mêmes conclusions d’autoritarisme! Ils ne peuvent pas tous avoir une dent contre les Bongo non plus au point de vouloir leur faire un faux procès d’intention sur l’état de la démocratie au Gabon. Ils n’en ont rien à cirer, des Bongo, il nous semble. Ils disent ce qui est réel et que les Gabonais subissent tous les jours.

Il faut donc conclure à une seule chose: puisque cela prend un tout petit mois pour démocratiser ou réformer pleinement un pays (c’est le temps que cela avait pris à Omar Bongo pour imposer la dictature dès 1968), le fait que le Gabon soit resté sous dictat pendant les années Omar Bongo (42 ans) et les années Ali Bongo (3 ans bientôt) montre que le Gabon ne sera jamais une démocratie sous les Bongo. Le fait qu’Ali Bongo ait unilatéralement resserré le système électoral par ordonnance en août 2011 pour se garantir des victoires encore plus frauduleuses qu’avant ne doit donc plus étonner les Gabonais. Le Gabon ne changera pas par les urnes.

Le Gabon d’Ali Bongo Ondimba ne s’est donc pas amélioré depuis son arrivée au pouvoir en 2009 puisque le rapport 2011 de Freedeom House comme celui de The Economist confirment le Gabon comme un pays sous dictat.

Malgré le pluralisme politique qui y est observé, le Gabon est, en fait, sous un tel étau dictatorial que ce pluralisme ne se distingue pas du tout, en pratique, d’un système de parti unique où toutes les libertés sont confisquées.

Bilan pathétique donc, qui confirme Ali Bongo comme un semeur d’illusions doublé d’un dictateur, exactement comme son père le fut: les deux ont souvent confondu le développement du Gabon et le bien-être des Gabonais avec la construction d’immeubles, l’organisation de la CAN, stades et ponts réalisés, de surcroit, avec l’argent de la mendicité du Gabon auprès des Chinois. Le Gabon des Bongo Ondimba ayant souvent été incapable de construire quoi que ce soit avec ses fonds propres, on se rend bien vite compte que les Bongo n’ont jamais compris que “rénover” ou faire “émerger” un pays passe obligatoirement par sa démocratisation et la mise en place d’un Etat de droit qui soit, justement, capable de garantir à ses citoyens la compétition politique libre et transparente, un climat où les libertés civiles sont respectées et protégées, une activité civique et des médias indépendants. Même après avoir promis à la CAF de rénover notre propre stade omnisports pour la CAN 2012, Ali Bongo a dû abandonner le projet, l’argent ayant été bouffé.

Et puisque, en fin de compte, cela fait 44 ans que les Gabonais sont incapables d’élire librement leurs dirigeants à cause de l’hégémonie politique du clan des Bongo, un clan où l’on se passe désormais le pouvoir de père en fils, il semble bien que le peuple gabonais n’aura finalement que deux choix: se résigner ou se révolter.

Quel sera le choix des Gabonais, donc?

Dr. Daniel Mengara
Président, BDP-MODWOAM.

P.O. Box 3216 TCB
West Orange, NJ 07052
USA

Tél./Fax: (+1) 973-447-9763

http://www.bdpgabon.org  


SUR LE MÊME SUJET
Les Panthères du Gabon ont conservé le 11ème rang au classement africain Fifa du mois d'avril 2011 avec un total de 529 points et à la 59ème place au classement mondial. Classement africain du mois d'avril 2011 1er, Ghana: 918 points (15ème mondial) 2è, Côte d'ivoire: 867 points (21ème mondial) 3è, Egypte: 676 points (36ème mondial) 4è, Nigeria: 637 points (38ème mondial) 5è, Afrique du Sud: 616 points (39ème mondial) 6è, Algérie: 609 points (40ème mondial) 7è, Burkina Faso: 600 points (42ème mondial) 8è, Cameroun: 572 points (48ème mondial) 9è, Sénégal: 561 points (51ème mondial) 10è, Libye: 534 points (58ème mondial) 11è, Gabon: 529 points (59ème mondial)
Lire l'article
De Philippe RATER (AFP) PARIS — L'Afrique retrouve un ministre dans le gouvernement français, puisque le portefeuille de la Coopération est de nouveau attribué, à Henri de Raincourt, mais la relation si complexe de Paris avec ses anciennes colonies devrait continuer d'être gérée de l'Elysée. Le premier dossier brûlant que devrait trouver le nouveau ministre, 62 ans mercredi, sur son bureau de la Convention, une annexe du Quai d'Orsay dans le sud de Paris, va être la Guinée. Les résultats du premier scrutin présidentiel démocratique du pays opposent les deux candidats en lice sur fond de heurts. Face à lui, Henri de Raincourt ...
Lire l'article
Gabon : Les Biafreries d’Ali : Le Bongo se donne 10 sur 20. Le FMI dit : « Momoh ! Tu as zéro sur 20 » (Dr. Daniel Mengara)
Le 8 septembre 2010, GabonEco, site de news gabonais, a  publié un article qui en dit long sur la situation actuelle de la politique dite d’ « émergence » au Gabon, près d’un an après l’arrivée frauduleuse d’Ali Bongo au pouvoir suite à l’élection présidentielle anticipée d’août 2009. Cette fois, le régime Bongo ne pourra plus accuser l’opposition de jouer les mauvais perdants, encore moins accuser le mouvement « Bongo Doit Partir » de n’être qu’un regroupement d’aigris qui, sur fond d’injures et d’affabulations, proclament, de derrière leurs claviers et écrans d’ordinateurs, hamburgers et cocas à la bouche, leur rancœur en semant le trouble et la confusion ...
Lire l'article
Auteur de bandes dessinées, caricaturiste, dessinateur de presse, Patrick Essono, dit "Pahé", n'a pas son crayon dans sa poche sur la situation politique du Gabon. "Certains s'étonnent que je sois opposant. Ca me paraît évident. Je suis né sous (Omar) Bongo, j'ai grandi sous Bongo, je ne veux pas mourir sous un Bongo. Le Gabon est devenue une monarchie, une société anonyme propriété des Bongo. C'est Gabon S.A.", affirme à l'AFP Pahé, 36 ans, à propos de l'élection présidentielle gabonaise qui a vu Ali Bongo, le fils d'Omar Bongo décédé en juin, succéder à son père. Un de ses dessins montre Ali ...
Lire l'article
Sous réserve de l'homologation, par la compétence de la Ligue nationale de football, le classement aux points du championnat national de football de D1 après la 20ème journée est le suivant: 1er Mangasport - 40 points, 2e USB - 37 points (un match de retard) 3e Football Canon 105 - 36 points 4e SOGEA FC - 31 points 5e CMS - 29 points 6e Missile FC - 26 points 7e Stade Mandji - 26 points 8e Wongosport - 24 points 9e USM - 22 points 10e USO - 20 points 11e Téléstars - 17 points 12e ASCM - 17 points On rappelle que l'As Corawood de Port Gentil et As Pélican de Lambaréné ...
Lire l'article
En deux décennies au pouvoir, il semblait en mesure de résister à tout. Avec sa mise en cause, lundi 14 juillet, par la Cour pénale internationale (CPI) pour les crimes commis au Darfour, voilà le président soudanais, Omar Al-Bachir, confronté à l'épreuve la plus difficile d'une existence sortie du rang. Quel chemin parcouru depuis sa naissance en 1944 dans une famille de paysans pauvres du nord de Khartoum ! En guise de capital, Omar Al-Bachir ne possède alors que son appartenance à l'une des trois tribus qui monopolisent le pouvoir au Soudan depuis l'indépendance. Il est entré tôt dans l'armée, ...
Lire l'article
Les départements de Littérature de l’Université Omar Bongo de Libreville (UOB), organisent du 21 au 25 janvier le Colloque international de Libreville consacré à la critique Littéraire dont le thème central est: « La critique africaine existe-t-elle ?». Il s’agira de faire un bilan de la marche effectuée par la littérature africaine, depuis le légendaire colloque international de 1973 à Yaoundé (Cameroun) et plus près de nous, celui de Lubumbashi en RD-Congo, en 2005 jusqu’à nos jours et de s’interroger sur les perspectives d’une véritable critique africaine africaniste. Selon Silvère Mbondobari, le Chargé de la communication internationale de ce colloque, cette ...
Lire l'article
Non! Monsieur Albert Bernard Bongo,   La France qui est une démocratie mûre de plusieurs siècles ne veut plus se faire manipuler par les mensonges d'une dictature fossilisée comme la vôtre. Vous êtes devenu pour les nouvelles générations africaines un embarrassant fossile d'un autre temps. Et la France ne veut plus traîner à ses pieds le boulet encombrant que vous représentez. Vous aurez donc beau vous baigner dans la boue mensongère de vos gris-gris et aligner vos tours de prestidigitation mal pensés, les Français ne sont plus dupes; ils ont la liste des dictatures d'Afrique à faire choir et vous en faites partie. ...
Lire l'article
Communiqué de Presse, pour diffusion immédiate Montclair, 5 décembre 2005 (BDP Presse) C'est ce qui ressort des résolutions de la réunion du Comité Directeur du BDP-Gabon Nouveau, tenue de toute urgence et à titre extraordinaire le samedi 3 décembre 2005. Le texte des résolutions, publié aujourd'hui même sur le site du BDP-Gabon Nouveau, clarifie la position du BDP-Gabon Nouveau suite à la mascarade électorale qui a vu Omar Bongo frauduleusement reconduit à la tête de l'état Gabonais. Ainsi, note le Comité Directeur, "les élections présidentielles des 25 et 27 novembre 2005 au Gabon furent frauduleuses et soutenues par un processus truqué, non transparent ...
Lire l'article
Football – Classement FIFA Avril 2011: Le Gabon reste au 11ème rang africain et au 59ème au classement mondial
La Coopération se dote d’un ministre mais reste sous coupe élyséenne
Gabon : Les Biafreries d’Ali : Le Bongo se donne 10 sur 20. Le FMI dit : « Momoh ! Tu as zéro sur 20
Bongo Doit Partir
Gabon: Pahé, caricaturiste né sous Omar Bongo, va se “lâcher avec le fils”
Sous réserve de l’homologation, par la compétence de la Ligue nationale de football, le classement aux points du championnat national de football de D1 après
Omar Al-Bachir, le symbole d’un régime sanglant et autoritaire
Gabon: L’Université Omar Bongo accueil du 21 au 25 janvier le Colloque international de Libreville sous le thème : « La critique africaine existe-t-elle ?»
Réaction du Porte parole politique du BDP-Gabon Nouveau: Un roitelêt négrillon comme Omar Bongo n’a pas la capacité de diriger un pays comme le Gabon
Le BDP-Gabon Nouveau ne reconnaît pas Omar Bongo comme président du Gabon


Votez cet article (Cliquez les étoiles · 1 = mauvais - 5 = excellent)
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)
Loading...

Auteur/Source: · Date: 3 Fév 2012
Catégorie(s): Analyses,Commentaire,Editoriaux,Griffaronades,Politique,Rapports
Fil RSS 2.0 · Commentaires/Trackback autorisés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*