- Bongo Doit Partir - http://www.bdpgabon.org -

Paul Biyoghé Mba : “Mon objectif, une croissance à deux chiffres en 2016”

[1]Par Georges Dougueli

Dans le cadre de la “politique de l’émergence”, le Premier ministre gabonais, Paul Biyoghé Mba, suit de près les dossiers économiques. Finances publiques, investissements, emploi, projets phares pour 2012… Le point sur ce qui attend le pays.

Nommé Premier ministre en 2009, Paul Biyoghé Mba a su trouver ses marques dans le duo qu’il constitue avec Ali Bongo Ondimba à la tête de l’exécutif gabonais. En dépit de fausses notes dues aux lenteurs administratives et à la corruption persistant dans la fonction publique, son gouvernement a fait avancer les dossiers dans un contexte budgétaire difficile. Fort de la bonne tenue de ses troupes, cet économiste de 58 ans, diplômé de l’université de Rennes (France), a consolidé sa place de chef d’orchestre de la politique définie par le président. Contrôleur général des finances, puis tour à tour ministre du Commerce, du Contrôle d’État, des PME et de l’Agriculture, le chef du gouvernement est un VRP crédible de l’économie gabonaise.

Jeune Afrique : Quelles sont les perspectives de croissance au Gabon ?

Paul Biyoghé Mba : L’économie gabonaise a enregistré de bons résultats en 2011, avec un taux de croissance de plus de 5,6 %. Elle a bénéficié de la hausse du prix des matières premières sur les marchés internationaux et d’une importante demande publique en matière d’infra­structures et d’équipements susceptibles de soutenir le développement économique. En 2012, nous prévoyons que la croissance se poursuivra à un rythme soutenu, de l’ordre de 5 % à 6 %, selon les projections actuelles. Atteindre 6 % m’intéresse plus, et c’est réalisable. J’ai toujours comme objectif un taux de croissance à deux chiffres à l’horizon 2016.

Sur quels secteurs comptez-vous le plus pour gagner des points de croissance ?

Tous les secteurs d’activité sont concernés par cette vitalité de l’économie gabonaise. Le secteur primaire, hors pétrole, connaîtra une croissance appréciable, en raison des bonnes perspectives de la production minière, qui doit croître de 12,5 %, et de la reprise de l’exploitation forestière, qui fera un bond de 15 %. L’agriculture, domaine prioritaire, ne sera nullement en reste, quoi qu’il y ait beaucoup à faire.

Pour le secteur secondaire, une croissance de 5,5 % est prévue. Elle résultera notamment de la relance des travaux de construction des infrastructures de base (routes, logements, barrages hydrauliques…) et de la finalisation des chantiers relatifs à la CAN 2012 [Coupe d’Afrique des nations 2012, du 21 janvier au 12 février, NDLR]. Une accélération est également attendue dans les industries du bois, avec une progression de 16,5 % du volume de l’activité dans ce secteur. L’électricité devrait quant à elle progresser de 12 % et les autres industries de 4 %. Enfin, le secteur tertiaire connaîtra une hausse de 6,3 %.

Qu’attendez-vous des zones économiques spéciales (ZES) telles que celle de Nkok ?

À l’instar de ce qui se passe dans d’autres pays, la création des ZES au Gabon vise à mettre à la disposition des entreprises des sites propices à l’investissement.

La ZES de Nkok constitue un enjeu particulier dans la mise en oeuvre du volet économique du plan stratégique Gabon émergent, dont le principal objectif est l’industrialisation des ressources naturelles locales, notamment forestières. La ZES de Nkok devra favoriser en particulier l’industrialisation de la filière bois, dont la restructuration a été rendue nécessaire par l’interdiction d’exporter des grumes, afin de garantir une gestion pérenne de la ressource. L’implantation dans ces ZES de plusieurs entreprises va permettre d’accroître en particulier le capital étranger.

Comment comptez-vous financer la hausse du budget d’investissement prévue en 2012 ?

Le budget d’investissement 2012 se chiffre à 699,4 milliards de F CFA [plus de 1 milliard d’euros], dont 100 milliards au titre du financement extérieur. La différence se fait sur fonds propres. Ce montant, qui reste soutenu par rapport à 2011, traduit la volonté de l’État de se doter de moyens suffisants pour le développement. Le financement de cet effort se fera par une augmentation significative des recettes hors pétrole.

Quelles sont les perspectives sur le marché de l’emploi ?

Elles sont très favorables, au regard des programmes d’investissement qui se poursuivent et qui vont s’accélérer, avec la mise en oeuvre du plan Gabon émergent dans tous les secteurs, notamment la construction des infrastructures de base : routes, logements, hôpitaux, universités, barrages hydroélectriques… Par ailleurs, depuis deux ans, de nombreuses réformes institutionnelles ont vu le jour, dans la perspective d’une meilleure adéquation formation-emploi en vue d’améliorer l’insertion professionnelle.

Quels sont les projets phares de 2012 sur le plan économique ?

Conformément aux orientations du chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, l’année 2012 doit consacrer la réalisation de nombreux projets de développement. S’agissant de l’agriculture et de la pêche, il est prévu le développement des palmeraies, la construction et l’extension des centres de pêche.

En matière d’industrialisation de la filière bois, il est envisagé l’implantation de nouvelles usines de transformation.

Pour ce qui est des mines et du pétrole, deux compagnies nationales ont été créées, la Compagnie équatoriale des mines et Gabon Oil Company.

Enfin, dans le secteur des infrastructures : la construction et l’extension de ports ; l’accélération des travaux de l’île Mandji ; la mise en oeuvre du Plan directeur national d’infrastructures, qui concerne les secteurs des transports, de l’énergie, de l’habitat et de la communication ; le nouvel aéroport d’Andem, près de Libreville ; le port franc de Ndendé ; et la poursuite des barrages de l’Impératrice, sur la Ngounié, et de FE II, sur l’Okano.

La diversification porte sur les partenaires, les marchés, les produits et les financements.

L’année 2011 a-t-elle été bonne pour les finances publiques ?

Dans l’ensemble, elle a été excellente, avec plus de 11 % de hausse des recettes propres par rapport à 2010 et un endettement maîtrisé en dépit de l’accroissement de l’investissement public. Cette situation devrait encore nettement s’améliorer en 2012 du fait de la baisse prévue du niveau d’investissement de 9 %. Toutefois, des efforts s’avèrent encore nécessaires pour parvenir à une plus grande maîtrise des dépenses de fonctionnement, notamment en ce qui concerne les salaires et les transferts.

Les charges exceptionnelles relevant de la préparation de la CAN 2012 ont-elles pesé sur vos comptes ?

Les dépenses liées à la CAN 2012 ont été programmées depuis plusieurs années. Cela a été plus facile depuis la décision de porter à 40 % le budget d’investissement.

Avez-vous fait une estimation des éventuels bénéfices de la CAN 2012 sur l’économie gabonaise ?

Ce rendez-vous sportif sera une occasion de mieux faire connaître le Gabon au monde. Nous attendons des milliers de visiteurs. Il est évident que cet événement aura un impact sur l’activité économique nationale en général. Les bénéfices attendus de la CAN s’apprécieront à moyen et long termes.

Où en est la politique de diversification de l’économie ?

Le développement des secteurs non pétroliers reste l’un des principaux objectifs de la « politique de l’émergence ». Il s’agit de sortir de la dépendance vis-à-vis du secteur pétrolier et de valoriser davantage les matières premières par leur transformation effective sur le territoire national. Pour illustrer cette dynamique de diversification, on peut rappeler l’implantation de plusieurs usines de transformation de bois, ainsi que le traitement d’une partie de la production de manganèse dans des entreprises comme Eramet. Cette diversification porte sur les trois piliers du programme du chef de l’État – l’industrie, l’environnement et les services – et est liée à la fois aux partenaires, aux marchés, aux produits transformés et aux techniques de financement.

__

Propos recueillis par Georges Dougueli 


SUR LE MÊME SUJET
GABON : Paul Biyoghé Mba évalue les travaux du plan d’urgence
Le Premier ministre a pu évaluer hier l’avancement des travaux engagés dans le cadre du plan d’urgence élaboré par le gouvernement en vue d’assainir les quartiers de Libreville avant et après la CAN 2012, lors d’une visite effectuée hier en compagnie de quelques membres du gouvernement et du maire de Libreville, Jean-François Ntoutoume Emane. Le Premier ministre, Paul Biyoghé Mba, a effectué hier une visite sur les chantiers lancés dans le cadre du plan d’urgence élaboré par le gouvernement, visant à assainir les quartiers de Libreville. Accompagné des ministres Léon Nzouba de l’Equipement, de Blaise Louembé de l’Habitat, d’Emmanuel Issozé Ngondet ...
Lire l'article [2]
Le Gabon s’attend à réaliser en 2012 une croissance de 5,6% alors que, dans ses prévisions, le Fonds monétaire international (FMI) a tablé sur un taux de croissance de 3, 3% pour ce pays qui a adopté un budget de 2452 milliards de FCFA pour l’année prochaine, soit une hausse de 3,4% par rapport à celui du précédent exercice (2370,8 milliards de FCFA). ’Il n’y a aucune raison que nous ayons un taux de croissance qui chute à 3% l’année prochaine’’, a estimé le Chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, lors d’une conférence de presse à la fin du Conseil ...
Lire l'article [3]
Gabon : La croissance économique dévalorisée à 5,6% en 2011
Les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport "Perspectives de l’économie mondiale, septembre 2011" indiquent que la croissance de l’économie gabonaise devrait atteindre 5,6% en 2011 contre 5,7% en 2010 avec des fortes tensions inflationnistes (+2,3%). Une estimation en baisse par rapport aux 5,8% attendus cette année par le gouvernement. L’année 2012 s’annonce encore moins bonne pour le Gabon qui devrait enregistrer le plus faible taux de croissance de la zone Cemac (3,3%). Selon les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport "Perspectives de l’économie mondiale, septembre 2011", le taux de croissance de l’économie ...
Lire l'article [4]
Le premier ministre Paul Biyoghé Mba a décidé, mercredi à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 12ème journée Africaine de l’Administration et du Service public organisée par le ministère du Budget, des Comptes Publiques, de la fonction Publique, chargé de la Réforme de l’Etat, de décerner dès l’année prochaine (2012), le trophée de l’administration gabonaise afin de récompenser les meilleurs agents publics, a constaté GABONEWS. Selon le chef du gouvernement ce trophée permettra de tirer vers le haut les différentes l’administration gabonaises et combattre la bureaucratie et la technocratie et de laisser place à une administration émergente au service ...
Lire l'article [5]
Le gouvernement et les Nations unies ont signé, le 17 juin à Libreville, le Plan cadre des Nations unies pour l’aide au développement (UNDAF) pour la période 2012-2016. Estimé à près 15 milliards de francs CFA, ce plan soutiendra les efforts du Gabon dans la réalisation de ses priorités et stratégies de développement pour le prochain quinquennat. La signature du Plan cadre des Nations unies pour l’aide au développement (UNDAF) couvrant le cycle de coopération 2012-2016, s’est déroulé le 17 juin à Libreville entre les Nations unies et le gouvernent gabonais. Le document a été scellé par le ministre de ...
Lire l'article [6]
Le premier ministre, chef du gouvernement, Paul Biyoghé Mba, a visité, ce jeudi, le site du nouveau cimetière de Libreville situé dans la zone de Bambochine sur la nationale 1, aux côtés de certains membres de son équipe et autres techniciens du ministère de l’Equipement, a constaté GABONEWS. Le chantier du nouveau cimetière s’étend sur 12 km dans le village Nkoulamvam , lequel jouxte celui appelé « Koubougou ». Ainsi, des activités, à hauteur de 7%, ont déjà été réalisés, à ce jour, à en croire les agents de la Direction des travaux routiers. Il ressort que sur le site ...
Lire l'article [7]
Les responsables du groupe « Adelfia », composé d’hommes d’Affaires Espagnols, partenaires au développement, étaient chez le premier ministre gabonais, Paul Biyoghe Mba, avec qui ils ont fait le point des avancées sur un certain nombre de dossiers conformément au protocole d’accord signé entre les deux parties, le 6 mai dernier à Libreville. Le 6 mai dernier, le groupe Adelfia et le gouvernement gabonais, par le canal du premier ministre, Paul Biyoghe Mba, s’étaient accordés, en vue d’un éventuel partenariat, sur la réalisation des études de certains projets tels que la construction des stades, le développement de l’agriculture, la construction des ...
Lire l'article [8]
Le premier ministre Paul Biyoghé Mba a jugé satisfaisant mardi un bilan d’étape de sa gouvernance en revenant sur l’action du gouvernement durant les six derniers mois, au cours d’une conférence de presse donnée, la première depuis sa nomination à la tête du gouvernement de l’émergence, le 17 0ctobre 2009. ‘‘Après six mois, il m’a semblé qu’il était bon d’échanger avec les médias qui sont le relais des populations, pour faire un rapport d’étape. J’envisage donner au moins deux conférences de presse par as pour dire comment je vois les choses se faire, comment je vois les choses évoluer, quelles sont ...
Lire l'article [9]
Le premier ministre et vice-président du parti démocratique gabonais (PDG), Paul Biyoghé Mba a rencontré, notables, femmes, jeunes et les agents administratifs de M akokou la capitale provinciale de l’Ogooué Ivindo en marge des 7èmes journées parlementaires du PDG. ‘’Pour moi c’est une satisfaction totale parce que c’est un cas rare. Un premier ministre arrive, il souhaite rencontrer les notables. C’est tout à fait normal parce que nous qui gérons nos populations, on connaît tout ce qui se passe dans nos quartiers. Pour nous aujourd’hui, c’est une vraie une joie, parce qu’on a pu rencontrer le Premier ministre en personne’’, a ...
Lire l'article [10]
Paul Biyoghe Mba, actuel ministre gabonais de l'Agriculture et de l'Elevage, a été nommé, par décret de la présidente de la République gabonaise, au poste de Premier ministre, a annoncé vendredi soir le secrétaire général de la présidence Mamadou Diop sur la chaîne de télévision nationale. M. Biyoghe Mba, 53 ans, succède à Jean Eyeghe Ndong qui a démissionné dans la journée après avoir passé 3 ans à la tête du gouvernement (janvier 2006-juilet 2009). Suite au décès du président Bongo Ondimba le 8 juin dernier, M. Eyeghe Ndong avait remis son tablier avant d'être reconduit le 19 juin dernier pour conduire le ...
Lire l'article [11]
GABON : Paul Biyoghé Mba évalue les travaux du plan d’urgence
Le Gabon table sur une croissance de 5,6% en 2012 contre 3% pour le FMI
Gabon : La croissance économique dévalorisée à 5,6% en 2011
Le trophée de l’administration gabonaise sera décerné l’an prochain, selon Paul Biyoghé Mba
Gabon : Signature de l’UNDAF 2012-2016
Paul Biyoghé Mba a visité le site du nouveau cimetière de Libreville
Les responsables du groupe Adelfia font le point avec Paul Biyoghe Mba
Le premier ministre Paul Biyoghe Mba satisfait de l’action du gouvernement
Paul Biyoghé Mba à l’écoute des populations de l’arrière pays
Gabon : Paul Biyoghe Mba nommé Premier ministre