Dans un texte paru le 19 juillet dernier sur son site Internet et intitulé: " Dissensions au sein de l'opposition gabonaise : Autopsie d'un échec vieux de 15 ans et nécessité d'un radicalisme nationaliste ", le plus célèbre des néo-opposants au pouvoir Bongo en place au Gabon, prend le risque de s'aliéner toute l'opposition interne.
Choqué et sonné par la demande Rpégiste de voir de Mba Abessole diriger la campagne présidentielle d'Omar Bongo en 2005, Daniel Mengara, sur un ton dur, incisif, musclé et professoral, s'en prend ouvertement aux actuels personnalités qualifiés d'opposants à Ondimba. Dès les premières ligne dudit texte, D. Mengara chef de file de l'opposition externe écrit au sujet de l'opposition interne : " la prise de pouvoir est restée une idée presque effrayante. Alors qu'avec un peu de radicalisme, elle aurait pu avoir TOUT le pouvoir, elle s'est contentée de le mendier et de prendre les " miettes " que lui donnait le régime ". Face à ce qui lui paraît être une incurie, il propose à ses pairs " une nouvelle forme d'opposition au Gabon qui unifiée, utilisera le radicalisme nationaliste comme idéologie de base " Poursuivant un ton irrévérencieux et peu respectueux, il s'insurge sur la croyance mégalomaniaque des leaders politiques gabonais, des plus petits aux plus grands, en leur capacité de devenir président-et ceci malgré les évidences personnelles (manque de charisme et de crédibilité, etc.), politiques (manque de structure et d'idéologie, etc.) et sociologiques (manque de représentativité et de soutien, etc.) qui se dégagent du contexte politique national et qui suggèrent le contraire. Tout cela termine t-il a indubitablement pesé d'un poids meurtrier.
Parmi ces leaders en manque de charisme, Mengara cite Paul Mba Abessole ,Pierre Louis Agondjo Okawé, Pierre Claver Maganga Moussavou ou feu Simon Oyono Abaga, en passant par tous les autres prétendants affiliés ou non affiliés, indépendants ou sans partis comme Martin Edzodzomo-Ela. Ce qui a principalement caractérisé ces personnages, dit-il est leur incroyable et presque maladive croyance en l'inévitabilité de leur destin présidentiel. Là où peu le rejoindrait, c'est lorsque Mengara va jusqu'à contester le charisme et la représentativité sociologique de Pierre Mamboundou.
Ceci dit, on peut néanmoins s'interroger sur la sienne, auraient certainement répondu les politiciens concernés, en rappelant qu'il n'a jamais été vu sur le terrain, jamais vu en meeting….. " la critique est aisée, mais…. ".
Qu'importe, le patron du BDP à fini ainsi par élargir son analyse de la situation politique gabonaise, en reconnaissant l'incapacité intrèseque de certains de ses pairs actuels à gouverner. Ce que la presse locale( Misamu et la Griffe déjà en leur temps) n'a eu de cesse de constater tout en fustigeant les atermoiements desdits pseudos opposants.
Le camps d'Omar Bongo n'échappe pas aux foudres de Mengara. Des gens comme Casimir Oyé Mba, Emile Doumba, Paulin Obame Nguéma en faisant de l'entrisme, ont perdu toute légitimité, selon l'enseignant de l'Université du New Jesrsey.
Mais celui qui concentre l'ire de Mengara du côté de l'opposition( si tant est qu'il y sois encore) est Mba Abessole. Selon lui, la convivialité est le nouveau fléau de la politique gabonaise, semée par Mba Abessole, dont le seul but semble avoir été de venir au Gabon pour détruire au profit de Bongo les velléités de changement que le peuple avait exprimées. Profitant de son statut de prêtre au service de Dieu, il aurait su exploiter au profit du régime le profond christianisme des Gabonais. Usant de son d'une habile ironie, Mengara ajoute : " au Gabon, maintenant, c'est la loi du " tous pour moi, et moi pour moi qui prévaut "
Comme nouvelle idéologie et ligne politique, le Bédépiste en chef avance le radicalisme nationaliste. Celui-ci tel que défini par le BDP-Gabon Nouveau, part de la reconnaissance que rien de bon ne peut plus se passer au Gabon tant que le régime Bongo est au pouvoir. Et ce radicalisme nationaliste prôné suppose des leaders financièrement ou professionnellement indépendants. Ce qui permet à Mengara de terminer son analyse par son habituelle campagne d'autopromotion, on lit entre autre que : " la nouvelle génération d'hommes politiques est symbolisé par le Dr. Mengara ; il ne vit pas dans une situation de précarité économique ;il a sa profession de professeur aux Etats-Unis qui lui assure de travailler encore pendant 20 ou 30 ans, avec à la prime une bonne retraite d'assurée ! ! ! " les gabonais apprécieront.
Derrière cette diatribe se dessine un enjeu majeur, le leadership au sein de toute la frange opposante à Omar Bongo Ondimba. Daniel Mengara tente de donner le coup de grâce à ses pairs déjà affaibli par les stratèges du PDG. Il veut se présenter dorénavant comme le plus apte à contrecarrer le régime en place.
Comment vont donc réagir les concernés peu habitués au débat d'idées !
Article relatif: Dissensions au sein de l’opposition gabonaise : Autopsie d’un échec vieux de 15 ans et nécessité d’un radicalisme nationaliste