Mary Rose Uche Chinykwere est accusée de trafic et d'exploitation d'enfant, tandis que Youssouf Mahamat nest présumé coupable de viol d'une fillette de 11 ans.
L'OPÉRATION de lutte contre le trafic et l'exploitation des enfants lancée le 8 mars dernier à Libreville ne faiblit pas au niveau des forces de sécurité qui continuent de traquer ces esclavagistes des temps modernes. Dame Mary Rose Uche Chinykwere, une Nigériane de 40 ans, en a récemment fait les frais. Elle a été interpellée par la police judiciaire pour trafic et exploitation, depuis plus de cinq ans, d'un enfant dont elle n'a pu prouver leurs liens de parenté.
En effet, d'après les enquêtes menées, par les services des moeurs et de la protection des mineurs de la police judiciaire, Dame une Chinykwere, une commerçante exerçant à Mont-Bouët avait fait venir de son pays en 2001 un jeune garçon, alors âgé de 13 ans, après avoir adressé une correspondance à sa soeur, restée au Nigeria. Ainsi, profitant du voyage de l'une de ses compatriotes au Gabon, sa soeur lui expédie l'enfant demandé, qu'elle exploitait comme un esclave. Son bourreau interpellé, le jeune garçon, aujourd'hui un adolescent de 17 ans, a été remis à l'ambassade du Nigeria, en vue de son rapatriement.
Le Code pénal, dans son article 20, stipule que "Quiconque aura organisé, facilité un trafic d'enfants ou y aura participé, notamment par le transport, l'introduction sur le territoire national, l'accueil, l'hébergement, la vente, l'emploi illicite ou en aura tiré un avantage quelconque, sera puni de la réclusion criminelle à temps et d'une amende de dix à vingt millions. de francs cfa". Les complices et les instigateurs encourent également les mêmes peines que les auteurs principaux, conformément aux dispositions des articles 6, 48 et 49 du Code pénal, et sont exclus. du bénéfice du sursis.
Tout ceci pour dire que le sort réservé à dame Uche Chinykwere, déférée devant le parquet hier, dépendra de l'application effective la loi par les autorités judiciaires.
Pour sa part, Youssouf Mahamat, de nationalité tchadienne, gardien à l'économat de la Fopi; lui aussi déféré devant le parquet hier, est accusé d'avoir violé une fillette de 11 ans. Selon sa déposition à la PJ, il ressort que la gamine serait venue lui demander de l'argent chez lui. N'ayant pas de petite monnaie, le Tchadien qui avait certainement déjà mûri son plan, va envoyer la fillette lui acheter du jus de fruit au bar d'à côté.
A son retour, Mahamat a entraîné la victime dans sa chambre à coucher: selon le présumé violeur, celle-ci lui aurait demandé à regarder une cassette vidéo. Malheureusement; le Tchadien n'en avait pas. Mais au lieu de laisser partir la gamine, Youssouf Mahamat en profitera pour assouvir ses bas instincts, même s'il nie avoir eu des rapports sexuels avec la petite. Seul le parquet devant lequel il devait être présenté hier saura établir sa responsabilité dans l'acte ignoble de viol d'une mineure dont il est accusé.
A noter que la scène s'est passée au camp de la Fopi, où Mahamat exerçait comme gardien de l'économat.