L'argent était destiné au paiement des salaires du mois de mars, du personnel de l'entreprise espagnole Necso Cubiertas.
LES nouvelles ne sont pas bonnes, en cette fin de mars 2005, pour les employés de Necso Cubiertas, la société espagnole chargée du bitumage de l'axe Lambaréné-Fougamou, L'argent destiné au paiement e leurs salaires a été emporté jeudi soir par des bandits armés jusqu'aux dents. Les malfrats ont braqué les deux agents dépêchés par l'entreprise pour aller retirer les fonds à l'Union gabonaise des banque (UGB). Pourtant, rien ne présageait une telle fin de mois pour l'entreprise, tant l'opération bancaire a toujours été effectuée sans problèmes.
Mais jeudi, la transaction financière a tourné au cauchemar. II était 15 heures quand le directeur général e Cubiertas Necso, Adrien joaquin, et le directeur administratif et financier, Martinez Antonio, dépêchent deux agents pour aller récupérer les fonds à l'UGB, pour payer les salaires du personnel du projet de Lambaréné. Muni d'un chèque de 55 millions, les deux émissaires - un Espagnol et un Gabonais - s'embarquent dans un Toyota Land Cruiser et quittent le siège de la société, sise à l'immeuble Diamant, au centre-ville.
À la banque où ils arrivent quelques minutes après, la bousculade est de mise. En cette fin de mois, de nombreux citoyens sont venus percevoir leurs salaires. Les émissaires sont contraints de faire la queue, comme les autres clients. Après avoir attendu un bon moment, ils accèdent, à leur tour, au guichet pour effectuer la transaction financière pour laquelle ils ont été mandatés. Une fois les formalités remplies, le caissier sort la coquette somme de 55 millions de francs mentionnée sur le chèque. Les agents de Cubiertas Necso réceptionnent l'argent et le rangent soigneusement dans la sacoche emmenée pour la circonstance. Sans le savoir encore, cet argent n'arrivera pas dans les caisses de l'entreprise.
Munis de leur sacoche, les deux agents quittent la banque. Ils s'embarquent dans leur véhicule gare au parking pour rallier le siège de la société. Il est un peu plus de 17 heures. Bientôt, le bouchon se forme sur la principale voie qui mène au bord de mer. Pour ne pas perdre de temps, les deux émissaires de la société espagnole ont emprunté la bretelle qui va de l'ancien immeuble Air Afrique pour sortir à l'immeuble Diamant, laquelle semble le chemin le pus court.
ENQUÊTE • Pourtant, ce n'est pas celui qui fera forcément arriver l'argent à bon port. Arrivés devant le bâtiment qui abrite les bureaux de Cubiertas, les deux agents garent le véhicule au parking. Mais quel n'est pas leur étonnement de voir des individus puissamment armés venir immobiliser leur voiture contre la leur ?
Face à ce danger, les deux agents décident de ne pas descendre du véhicule, ils y restent calfeutrés et donnent un coup de fil à la hiérarchie pour signaler la menace qui pèse sur eux. Mais c'était sans compter avec la détermination des braqueurs, au nombre de trois à bord d'un véhicule de marque Toyota Corolla de couleur grise.
Sans tarder, deux des bandits descendent du véhicule et tentent d'ouvrir la portière du chauffeur. Mais ce dernier a le réflexe d'appuyer le bouton de sûreté, lequel rend l'ouverture de la portière impossible. Pour tenter de repousser les assaillants, le chauffeur de Cubiertas Necso démarre le véhicule et tente une marche arrière dans le parking.
A l'aide du pare-chocs arrière, il heurte plusieurs fois la voiture de bandits. Mais il ne réussit qu'à casser les feux de détresse, Le véhicule de liaison des bandits a obstrué le passage et les agents sont coincés dans le parking. Ils ne peuvent pas aller plus loin pour fuir leurs agresseurs. Devant cette résistance, les bandits passent à la vitesse supérieure. Ils font le tour du véhicule de Cubiertas et se rabattent du côté droit. C'est là qu'ils trouveront le maillon faible.
Dans la panique, l'agent accompagnant le chauffeur n'a pas eu le même réflexe de bloquer sa portière. Les malfrats réussissent à ouvrir celle-ci et s'emparent de la mallette contenant la somme de 50 millions de francs.
Avant de s'évanouir dans la nature, les braqueurs vont tirer deux coups de feu en l'air. Ce hold-up digne d'un polar s'est déroulé sous les regards indifférents des nombreux clients du Snack bar la Coupole, situé au rez-de-chaussée de l'immeuble Diamant. Les malfrats ont opéré avec une dextérité qui a laissé pantois tous les témoins oculaires.
Ce braquage intervenu à une heure de pointe a rappelé aux uns et aux autre le hold-up sanglant survenu l'année dernière devant le siège du Parti démocratique gabonais (PDG). La question que tout le monde se pose aujourd'hui est de savoir pourquoi la société Cubiertas n'a-t-elle pas recouru aux agents d'une société de gardiennage pour escorter une si importante somme ?
Aussitôt après le braquage, la Police judiciaire (PJ), saisie, a ouvert une enquête pour essayer de rattraper les bandits.