D'un coût de deux milliards de francs, les travaux de réhabilitation du complexe industriel de Lambaréné s'achèvent d'ici fin mars. L'investissement permettra aux consommateurs de retrouver, courant avril, l'huile de table raffinée « Cuisin'or » et le savon de ménage « Pursavon ».
L'ATTENTE se faisait déjà longue mais aujourd'hui, les langues commencent à se délier sur le retour des produits oléagineux made in Gabon sur le marché national, près d'un an après la reprise des actifs d'Agrogabon, d'Hevegab et du ranch Nyanga par le groupe belge Siat (Société d'Investissement pour l'agriculture tropicale).
Eh bien ! ce n'est plus qu'une question de jours et les produits (l'huile de table et le savon de ménage) fabriqués par Siat-Gabon, le nouveau leader national de la production des produits oléagineux, seront visibles sur le marché national.
En tout cas, les dirigeants de Siat-Gabon (filiale du groupe belge Siat) mettent les bouchées doubles : les travaux de réhabilitation du complexe industriel de Lambaréné ont amorcé le dernier virage pour que les produits (Cuisin'or et Pursavon) de l'entreprise soient sur le marché courant avril.
Connus pour leur excellente qualité et prisés par les ménages, Cuisin'or et Pursavon viendront, assurément, combler de joie les consommateurs qui souffraient de leur absence sur le marché depuis plusieurs années, suite aux difficultés rencontrées par la défunte Agrogabon.
On se rappelle, en effet, que le 5 avril 2004, l'Etat gabonais avait signé avec le groupe belge Siat, une convention par laquelle l'industrie belge reprenait les actifs de trois entités parapubliques agroindustrielles (Agrogabon, Hevegab et le ranch Nyanga), dans le cadre du programme d'ajustement structurel en cours d'exécution depuis juillet 1995 où l'Etat avait décidé de se désengager du secteur productif au profit du secteur privé afin de rendre performant l'ensemble de son économie.
« Nous venons au Gabon pour faire notre métier, apporter notre savoir-faire, le combiner avec l'expertise qui existe déjà ici pour un profit mutuel », avait affirme à l'époque Pierre Vandebeeck, le patron de Siat Gabon.
Aujourd'hui, le pari est en train d'être tenu. Et pour cause.
Après avoir hérité de ces structures, les dirigeants de Siat-Gabon ont immédiatement engagé une restructuration de l’entreprise comme l'a demandé le gouvernement, via le comité de privatisation.
Cette restructuration a permis de redimensionner l'entreprise en termes d'effectifs afin de démarrer les activités en toute quiétude et sur des bases économiquement saines. Le personnel a été sélectionné en fonction du « business plan » de l'industriel belge. Les agents non retenus ont perçu leurs droits, conformément à la législation du travail en vigueur.
Ce palier franchi, les dirigeants de Siat-Gabon se sont lancés dans une entreprise titanesque, consistant à procéder à la réhabilitation de l'ensemble des installations héritées, à savoir : les blocs industriels de Mitzic et de Bitam, les usines de Makouké et de Lambaréné, et le ranch Nyanga de Moulengui Binza, dans la province de la Nyanga.
C'est dans ce schéma de modernisation de l'outil de production que le complexe industriel de Lambaréné, resté longtemps arrêté du fait de la gestion erratique d'Agrogabon, subit une véritable cure de jouvence.
Le raffinage, le fractionnement, la saponification, la finition savon, le conditionnement oléine... Tout est passé au crible pour que les premières bouteilles d'huile raffinée de Cuisin'or et les premiers morceaux de savon Pursavon « made in Siat-Gabon » soient sur le marché au courant du mois d'avril.
Les équipements sont en place, d'autres sont progressivement installés jusqu’à la fin du mois en cours. Les petits plats sont mis dans les grands pour que l'usine de fabrication de l'huile et du savon soit opérationnelle d'ici la première semaine du mois d'avril.
Les investissements réalisés pour cette grande œuvre de réhabilitation sont évalués à deux milliards de francs pour la seule usine de Lambaréné.