Une partie des membres de ce syndicat n'approuve pas la grève qui paralyse les deux grandes unités sanitaires depuis la semaine dernière.
La grève des personnels de la Fondation Jeanne Ebori et de l'Hôpital pédiatrique d'Owendo (HPO), amorcée la semaine dernière à l'initiative de la branche du Syndicat national de la Caisse nationale de sécurité nationale (SYNA CNSS), dirigée par Jeannette Nsiama Ontsia, s'est poursuivie hier. Les malades en quête de soins, qui se sont rendus hier dans les deux grandes unités sanitaires n'y ont trouvé que portails fermés et des agents rassemblés dans la cour, scandant des slogans hostiles.
Mais ce mouvement ne fait pas l'unanimité. En effet, l'aile du SYNA CNSS dirigée par Viviane Maganga, la présidente légale du syndicat, n'approuve pas du tout cette grève. Réunis hier en assemblée générale à la Fondation Jeanne Ebori, les membres du bureau reconnu par la tutelle ont fustigé le comportement de leurs collègues qui, ont-ils relevé, agissent à la hussarde.
Concrètement, Jeannette Nsiama-Ontsia et les siens utilisent la manière forte pour contraindre les personnels des deux hôpitaux a faire grève. Hier les agents réfractaires au mouvement ont été brutalisés. Tout comme des journalistes qui ont été pris à partie. Les partisans des deux ailes se sont affrontés à fleurets mouchetés.
Las des comportements qu'ils ont qualifiés de péremptoires et rétrogrades, Viviane Maganga et son équipe sont allés rencontrer la direction générale de la CNSS. Cette entrevue a permis aux uns et autres de démêler les fils de l'écheveau. D'emblée, le directeur général de cette entité, Antoine Yalanzèle, a fustigé ce qu'il a présenté comme l'amateurisme des grévistes. De même, il a dit ne pas comprendre le fait que Jeannette Nsiama-Ontsia continue à parler au non du syndicat dont elle est pourtant exclue. «Je suis un légaliste. Mme Nsiama-Ontsia n'est plus habilitée à parler au nom du SYNA CNSS. La COSYGA (Confédérations syndicale gabonaise, Ndr) à laque est affilié ce syndicat a été claire : le bureau légal est celui dirigé par la présidente Viviane Maganga», a-t-il dit.
Antoine Yalanzèle a tenu à dissiper un certain nombre de Malentendus générés par un déficit de communication entre la structure syndicale et la tutelle. Aussi, a-t-il démenti certaines rumeurs dont celle faisant état de l'éventuelle suspension par la CNSS des salaires des infirmiers, du fait de l'autonomisation des hôpitaux qui sont désormais gérés par une nouvelle entité dénommée Fondation des hôpitaux de la sécurité sociale (FHSS).
«Pour quelle raison vais-je vous supprimer les salaires ? Que m'avez-vous fait pour que je vous fasse cela ? Ne suivez pas ceux qui vous disent cela. C'est de la diversion. Si ceux qui vous disent cela n'ont plus d'arguments pour vous amener à les suivre, qu'ils se taisent », a ajouté le directeur général de la CNSS.
ADVERSITÉ • Abordant la situation de l'avenir des agents avec le projet d'autonomisation des hôpitaux, qui étaient sous la tutelle de la CNSS, Antoine Yalanzèle a dit qu'il n'y aura pas de licenciements massifs, comme le laissent entendre de mauvaises langues. « Le président de la République est intervenu personnellement pour qu'il n'y ait pas de dégraissage. Il adonne des instructions pour que tout le monde soit casé. Certes, tous les agents ne seront pas repris par Fondation des hôpitaux dont l'objectif est de faire des, bénéfices; mats on trouvera un moyen pour caser les agents lui ne sont pas encore en âge d'aller à la retraite a-t-il déclaré.
Avant d'ajouter: « Le président a demandé qu'on n'envoie pas des spécialistes prématurément à la retraite, parce que leur formation n'est pas une chose aisée. Une grande structure comme l'HPO n'a que deux chirurgiens : l'un est dans l'administration et l'autre travaille douze mois sur douze. Vous comprenez qu'on ne peut pas se permettre d'envoyer très tôt à la retraite des spécialistes qu'on remplace souvent difficilement.»
Pourtant, Antoine Yalanzèlè ne s'est pas embarrassé d'interrogations : avec le projet d'autonomisation des hôpitaux de la CNSS, le nouveau gestionnaire ne reprendra pas plus de mille personnes. Mais il a assuré que celles qui ne seront bas retenues seront reversées dans son entité.
S'agissant d'autres préoccupations posées, M. Yalanzèle a demandé aux syndicalistes de se référer désormais à leur nouvel interlocuteur u'est la FHSS. Il a dit s'imposer un droit de réserve pour ne pas empiéter sur les prérogatives des hiérarques de la Fondation. Avant de prendre congé de ses interlocuteurs, il a réaffirmé la nécessité pour ceux-ci de pour suivre le travail. Il reste qu'ils seront confrontés à l'adversité de leurs collègues grévistes.
Peut-être faut-il que comme à l'Université Omar Bongo - les autorités dépêchent les forces de l'ordre à la Fondation Jeanne. Ebori pour que les agents désireux de travailler y accèdent librement, sans être brutalisés.