L'idée qui n'est certes pas nouvelle n'a jamais donné lieu à un véritable débat. Au sein du ministère, la réflexion est largement engagée, tant les avantages sont nombreux.
LA question peut faire passer celui qui la pose pour un iconoclaste, mais elle mérite d'être posée le système de journée de travail en deux temps est-il encore adapté au Gabon, au regard notamment du contexte et des conditions de vie actuels ? Une question en appelant une autre ou sa réponse, ne faut-il pas, aujourd'hui, pour des raisons pratiques et de bon sens, s'orienter vers un système de journée continue ?
Au ministère de la Fonction publique, de la Réforme administrative et de la Modernisation de l'État, où on note que le débat n'a jamais été engagé de manière décisive au sein des institutions politiques de notre pays - encore qu'il ait été soulevé, certes sans trop d'insistance et il y a longtemps, par le Conseil économique et social, certains partis politiques de l’opposition et quelques syndicats ; la réflexion suit son cours.
D'autant qu'il est apparu au département dirigé par Égide Boundono-Simangoye qu'il y avait une attente plus ou moins forte par rapport à un éventuel changement d'horaires de travail au Gabon, lesquels sont calqués sur le modèle de l'ancienne métropole. D'autant aussi, à la lumière de quelques expériences ici ou là, que les avantages ne manquent pas.
On sait par exemple que des sociétés implantées dans la zone portuaire d'Owendo pratiquent depuis pas mal d'années le système de journée continue. Question, il est vrai, de réalisme: Owendo est très éloigné de la commune de Libreville où réside le gros de leurs employés. Ceux-ci, partis le matin au travail, ne regagnent donc leurs domiciles que vers 16h pour attendre le lendemain.
AVANTAGES* S'agissant précisément des arguments qu'on met en avant à la Fonction publique pour proposer on opte pour un nouvel horaire, il y a, primo, l'insuffisance des moyens de transport urbains, publics (bus) et privés (taxis et taxis-bus), elle-même aggravée par l'inexistence d'un système de transport au sein de la majorité des entreprises gabonaises.
À cet égard, Sobraga, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Gabon Poste, Gabon Télécom, SGS et Vigile Service font figure de pionniers.
Nombre de services administratifs de l'État manquent de cars de ramassage des agents. Seuls les cadres bénéficient de véhicules de fonction, tandis que les agents subalternes sont exposés aux aléas du transport en commun et de la météo (forte chaleur ou pluie abondante). On imagine à quel point il serait pragmatique et effectivement avantageux de réduire le nombre des allers et venues entre le domicile des travailleurs et leur lieu de travail.
Secundo, les gains en matière de productivité. Laquelle, contrairement à ce qu'on pourrait penser, n'en souffrirait nullement, soutient-on au ministère de la Fonction publique. Après tout le temps que dure la journée de travail avec le système actuel, c'est-à-dire huit heures, serait exactement le même observé si on instaurait le gond unique ou journée continue: 7h30-15h30 avec une pause-déjeuner de 30 minutes à 11h30.
Tertio enfin, le temps dont disposeraient les travailleurs pour se consacrer à autre chose: études-formation (pour relever le niveau professionnel), activité productive et lucrative (pour créer de nouvelles richesses et lutter contre la pauvreté), sport et activité de loisir, etc.
En termes de disponibilité des agents, d'efficacité de la machine administrative, mais aussi de recherche de gisements d'emplois, on mesure la portée qu'aurait un tel changement.