Des problèmes académiques et d'ordre social sont à l'origine de cette nouvelle montée d'adrénaline chez les étudiants, qui ont barricadé l'entrée dés salles de classe et du rectorat.
LES étudiants de la section techniciens supérieurs de biologie médicale (BSTM) dont le mouvement de grève, du 15 au 26 février dernier, avait paralysé le fonctionnement de l'Université des sciences de la santé (USS) avaient menacé de redescendre dans la rue, si les problèmes posés à leurs responsables académiques et administratifs ne trouvaient pas de solutions.
Après deux semaines de trêve, cette menace a été mise à exécution. Avec pour particularité que la grève concerne cette fois, l'ensemble des étudiants. En effet, au sortir d'une assemblée générale le 11 mars dernier, ils ont décidé de généraliser le mouvement pour mieux se faire entendre.
Ainsi, lundi dernier, les étudiants de l'USS, à l'instar de leurs camarades de l'Université Omar Bongo, sont descendus dans la rue, en érigeant des barricades sur la voie publique. Pénalisant ainsi de nombreux usagers de la route. Heureusement que les forces de l'ordre sont intervenues rapidement pour rétablir la circulation.
Depuis lors, le mouvement est cantonné au niveau des structures académiques. L'accès aux salles de classe et au rectorat a été barricadé.
À l'origine de ce mouvement, des problèmes académiques et sociaux comme la réouverture du restaurant universitaire, l'ouverture de la bibliothèque universitaire, d'une salle informatique avec Internet, des bus de transport pour assurer la liaison lors des stages et des cas d'urgences, une unité de soins de santé primaire pour des premières prises en charge rapides des étudiants malades et autres accidents; l'adoption du système d'examen avec passerelle, etc.
CORRESPONDANCE • Nous ne céderons pas d'un iota tant qu'on ne nous aura pas entendus. Et si, à cause des troubles que nous causons, des étudiants sont molestés ou jetés en prison, nous serons responsables et non-coupables; nos dirigeants devront répondre devant la nation, parce qu'ils nous y auraient contraints», écrivent les étudiants dans une correspondance adressée au chef de l'Etat dont ils sollicitent l'intervention.
Rappelons que la grève des étudiants de la section TSBM, détonateur de ce mouvement, avait pour motif l'absence de réactifs pour les stages en laboratoires et la violation de l'article 44 du règlement intérieur de l'USS, relatif à la durée de formation. A ces points s'est greffée la non tenue de la réunion tripartite entre les responsables académiques, la mutuelle et le collectif des TSBM, alors que lest sur la base de cette promesse que les grévistes avaient accepté de suspendre leur mouvement en février dernier:
En somme, c'est donc une grève sur fond de revendications académiques et sociales. Sur ce dernier aspect, le directeur du Centre des oeuvres universitaires (COU) auprès de l'USS, Guy-josselyn Koussou, que nous avons rencontré, a, détails et chiffres à l'appui, expliqué les principales raisons de ces difficultés de la vie en cité universitaire. Ainsi, si le campus a été ouvert au lendemain des journées de réflexion du COU, tenues en décembre 2004, le restaurant tarde encore à l'être en raison des travaux d'extension en cours, et de la vétusté des installations et de la batterie de cuisine, qu'il faut nécessairement réhabiliter.
Un regain d'espoir réside dans l'aboutissement de la convention d'un montant de 1,6 milliard de francs signée depuis 2002 et portant sur la livraison des équipements de toutes les entités de l'université, «Aujourd'hui, l'Etat a fait un effort en payant l'équivalent de 1milliard francs, pour livrer les équipements de cuisine, du restaurant, du rectorat, du campus et des laboratoires», précise Koussou.
L'entreprise étant rentrée dans ses fonds au début de ce mois de mars, les choses devraient donc s'accélérer, afin de répondre aux attentes les plus urgentes des étudiants. Notamment la réouverture du restaurant que les entrepreneurs ont fixée à fin avril-début mai.
Les autres problèmes relèvent de l'insuffisance du budget alloué à l'USS. Pour M. Koussou en effet, l'université, en tant qu'institution, a besoin d'être soutenue dans le cadre des rallonges. Face à l'augmentation de ses effectifs, le budget alloué l'USS, en tant qu'institution autonome après sa séparation d'avec l'UOB et l'USTM, est insuffisant par rapport aux besoins élémentaires en cité universitaire. Le cas de l'alimentation dont il faudra nécessairement améliorer la qualité lors de la réouverture du restaurant.
L'absence d'un centre de soins de santé dont M. Koussou reconnaît la nécessité pour une université des sciences de la santé d'en disposer, s'inscrit dans la même logique. Il n'y a ni personnel affecté, ni locaux pour abriter cet hôpital. L'USS est «une jeune université. À sa création, on ne lui a pas donné les moyens de se doter des unités lui permettant de faire face à tous ces besoins». Il en est ainsi au niveau du campus où les étudiants ne disposent d'aucun cadre de rencontres, ou encore des activités sportives, par manque d'aires de jeux alors que l'espace est disponible.
La question du bus de transport se heurte également à cette insuffisance de moyens. Les requêtes formulées dans ce sens auprès de la tutelle et du ministère de la Planification sont restées vaines, ajoute le directeur du COU de l'USS.