Tout le monde en parle : le pays est abandonné à lui-même, et chacun en fait à sa tête, dans son pré carré, puisque l'Etat a foutu le camp. L'Etat, aujourd'hui, c'est pour une poignée de personnes, membres du couvent.
L'Etat, c'est désormais lorsqu'il faut frapper une « certaine presse » qui parle trop, c'est-à-dire, dénonce les « faits de guerre » des dirigeants. C'est aussi lorsqu'il faut défendre les acquis, biens et personnes des élus de « dieu ».
Dans la santé, l'administration, le transport (que de morts sur les routes et dans les airs), les forces d'(in)sécurité (braquage, rackettage, banditisme au nom de l'Etat), la foi (eh oui, Jésus rend très riche), l'enseignement... les voix ont cessé de s'élever tellement, personne ne prête plus l'oreille à ces jérémiades, car les chiens aboient ... La suite est connue de tous.
Le rackettage s'est installé partout, au vu et au su de tout le monde. Le dire, c'est chercher à diviser les pauvres gabonais. Entendez : « Silence, on pille ». Que n'a-t-on pas encore dit par rapport à l'enseignement primaire et secondaire (MST, vol des tables bancs pour les établissements privés, rackettage, marchandage des inscriptions, etc.…) ? Aujourd'hui, c'est depuis le foyer privilégié de l'intelligence, de l'excellence, que nous arrivent les « bonnes nouvelles », comme partout ailleurs.
A la faculté des lettres, par exemple, il faut se lever de bonne heure pour occuper une place des six heures du matin, en attendant de se la disputer avec un cacique (un redoublant) qui vous menace de vous « casser en deux » si vous ne dégagez pas. Car c'est lui qui occupe ce banc depuis l'ère de la rénovation. Et tous les jours, sans aucun arbitrage, les étudiants se disputent bruyamment les tables bancs qui manquent par rapport au nombre croissant des étudiants.
Les plus forts sont assis, les autres sont obligés d'adopter n'importe quelle position pour suivre les cours et prendre les notes. A côté de cela, ce sont les professeurs qui en rajoutent en lorgnant dons les poches des pauvres étudiants.
Un professeur de linguistique générale persécute à sa manière les étudiants, qui doivent verser une petite somme de 2 000 francs CFA chacun s'ils veulent avoir des cours photocopiés. A la date du 11 février 2005, tout étudiant devait verser cette somme, ou était tout simplement rayé de ses effectifs.
Parions qu'à cette allure, si les autorités ne font rien pour épargner au moins l'Université au Gabon, les trois quarts des bacheliers seront bons pour faire des mamans marchandes ou devenir des taximen. Tout est fait à dessein.
Quel triste sort que de ne pas voir le jour dans un foyer naturellement riche !