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Mba Abessole: "Pour le moment, nous ne faisons pas de l'opposition"
Auteur:  L'Union  | Date: 15 Janvier 2002  | Réactions ()

(Libreville - 15 janvier 2002)- Toutefois, le président du Rassemblement souligne que son parti entre au gouvernement avec ses idées, essentiellement pour "sauver la République" dans le cadre de ce qu'il a appelé une "majorité républicaine".

Monsieur le président du RNB/RPG, plus de dix ans après votre première expérience gouvernementale de 1990 marquée par la présence de Mme Cécile Kama, comme ministre de la justice, Garde des Sceaux dans le gouvernement de transition, pourquoi entrez-vous aujourd'hui dans le gouvernement d'ouverture ?

Paul Mba Abessole: Vous devez savoir qu'en 1990 nous étions en train de lancer un processus à l'issue duquel un gouvernement avait été formé avant les élections. Il avait pour mission de préparer des élections transparentes. Si vous reprenez les textes du boycott du 28 octobre 1990, vous lirez les conditions que nous avions posées pour que se tiennent des élections transparentes.

Nous avions justement placé notre ministre dans ce gouvernement parce que nous pensions que cette équipe avait pour mission de préparer la transparence électorale et de poser les bases de la marche de notre République. Tout le monde allait en discuter pour mettre sur pied les principes acceptables par tous. Voilà pourquoi nous avions, à l'époque, accepté d'avoir un ministre dans ce gouvernement. Puisque ce que nous attendions n'avait pas été respecté après les élections, nous avons demandé à Mme Cécile Kama de se retirer du gouvernement.

Si vous suivez ma logique, il se trouve que c'est exactement la même situation aujourd'hui. Nous avons constaté des élections législatives mal organisées. Le président de la République dit : "nous allons nous retrouver pour poser les bases afin d'arriver à des consensus pour que les prochaines élections soient transparentes". La logique voudrait que nous participons à ce gouvernement. Elle est restée la même parce que nous pensons que ce gouvernement va travailler et pour la transparence électorale, et aussi pour pouvoir essayer de répondre aux urgences actuelles de la crise dans laquelle nous nous trouvons. Il faut que tout le monde participe à l'éradication de cette crise. Il faut que toutes les intelligences se rencontrent.

Est-ce à dire que vous adhérez au Pacte national de solidarité et développement sur la base duquel le président Omar Bongo a été élu en 1998 ?

J'avais déjà mon programme de l'école cadeau, hôpital cadeau. Nous avons dit que puisque nous allons résoudre les problèmes nationaux chacun mettait entre parenthèses son programme. Nous n'avons pas accepté d'entrer au gouvernement pour appliquer un programme. Nous serons dans ce gouvernement pour exprimer notre point de vue sur des questions touchant à la vie de la nation et dans le sens de construire un Gabon positif.

Etes-vous prêt vous-même à faire partie de cette équipe ?

A partir du moment où le parti s'est réuni en congrès, je précise bien en congrès, et adonné son accord de principe pour aller au gouvernement, ce même parti est libre d'y envoyer qui il veut. Le parti peut dire: "M. le président nous pensons que vous pouvez y aller". A ce moment, le président prend ses dispositions et il s'exécute.

Avez-vous eu des garanties par rapport à votre marge de man?uvre au sein du futur gouvernement ?

Lorsqu'il s'agit d'une action posée pour une communauté humaine, il y a toujours un risque. Le problème du Gabonais est qu'il ne sait rien faire sans risque. Celui qui a peur du risque ne peut pas arriver à son but. Nous n'avons pas besoin de faire des éclats. En 1990, nous n'avons pas posé de conditions pour entrer dans le gouvernement. Pour nous, le principe c'est "Gabon d'abord" dans la mesure où nous sommes sûrs que les actes que nous posons profiteront à tous les Gabonais. Nous pensons que le président de la République connaît suffisamment ce que nous voulons.

Votre parti est-il encore de l'opposition?

J'ai déjà dit une fois que l'on ne se définit pas par rapport au terme d'opposition. Je me définis par rapport à mon projet de société. C'est par rapport à celui-là que je me suis opposé au président Bongo. A partir du moment où le président de la République appelle le Rassemblement, il sait très bien que je ne renoncerai jamais à mes idées. S'il appelle mon parti, c'est aussi parce qu'il sait que nos idées peuvent apporter quelque chose au pays. A partir du moment où l'on est dans une majorité républicaine, on ne peut pas être là et ne pas être là en même temps. Pour l'instant nous ne faisons pas de l'opposition. Nous disons simplement que nous sommes venus ici pour faire telle chose et si cette chose n'est pas faite, nous nous retirons. Il y a ceux qui parlent de ralliement. Le ralliement veut dire abandonner ses idées pour épouser celles de l'autre. Les idées du Rassemblement restent et seront affirmées avec force dans le cadre du gouvernement sans que l'on soit obligé de faire des éclats.

Qu'entendez vous par majorité républicaine ?

La majorité républicaine est cette majorité dans laquelle nous nous fixons un ou deux objectifs parce que nous pensons qu'un camp ne peut plus travailler tout seul. Nous voulons sauver la République par rapport aux élections, car notre pays est complètement disqualifié pour l'organisation des élections. Il faut qu'on y réfléchisse ensemble, que l'on prenne des décisions ensemble. C'est la République qui est en cause. J'ppelle majorité républicaine, le fait de décider de faire un bout de chemin avec le président de la République pour régler tel ou tel problème et pour arriver à un consensus. Il ne s'agit pas de majorité parlementaire ou présidentielle.

Dans l'opinion nombreux sont ceux qui estiment que vous tentez de réaliser le rêve de mettre en place le Rassemblement social démocrate gabonais (RSDG) pour lequel vous vous êtes battu en 1990 lors de la Conférence nationale. Votre commentaire.

Le RSDG n'a jamais été un rêve, mais une réalité. Je savais très bien qu'il n'y avait pas d'autre chemin, car il était normal que l'on passe par cette phase d'apprentissage. Il faut d'abord apprendre.

Source : Journal l'Union du 15/01/2002


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