(Libreville - L'Union, 17/12/2001) - Ils souhaitent à nouveau l'annulation pure et simple du scrutin et s'en sont pris aux leaders du RNB/RPG, du PGP, du FAR et du PSD, dont les formations ont pris part au scrutin.
PIERRE Mamboundou de l'Union du peuple gabonais (UPG), jules Aristide Bourdès Ogoulinguendé du Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ), Mouang Mbading du MESP et le général Eyeghé du Fosca, ont animé un meeting samedi 15 décembre 2001 à la place publique de Rio, au cours duquel ils ont à nouveau demandé l'annulation pure et simple des élections législatives en cours.
S'adressant à leurs partisans et "convaincus cependant que notre appel restera lettre morte, nous vous demandons de ne plus voter, comme lors du premier tour, le 24 décembre prochain (...) le pays étant en danger".
Au cours de cette manifestation, il s'agissait aussi, pour eux, désormais en nombre réduit après les départs de Mouity Nzamba (PGP) et de Léon Lbou Yembi du FAR, fidèle parmi les fidèles du président de l'UPG, de porter un regard analytique sur les résultats du premier tour du scrutin, notamment les pourcentages et le nombre de sièges obtenus par le Parti démocratique gabonais qui font craindre, selon Pierre Mamboundou, "un retour progressif au parti unique".
Ils ont à nouveau dénoncé les cas de fraude observés dans certaines circonscriptions et les manquements : absence des commissaires, des présidents et leurs adjoints, ainsi que d'assesseurs dans certains bureaux, la non-ouverture des bureaux et 1'impossibilité pour certains candidats de voter...
Autant de facteurs légaux, estime le général Eyéghé, à même d'entraîner, sans contre mesure, a-t-il précisé, l'annulation de l'élection selon les dispositions contenues dans notre code électoral.
Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé, s'appuyant sur le taux de participation, a affirmé que "le pays gagnerait beaucoup en reportant simplement ces élections, le temps de mieux se préparer".
Ensuite, Pierre Mamboundou s'en est vertement pris au reste de l'opposition composé essentiellement du RNB/RPG dont il a brocardé le principe de la "convivialité", du PSD, du PGP et du FAR, qui ont pris part au scrutin de dimanche dernier.
? À Mougoutsi
Le député PGP sortant s'engage dans une campagne de contestation du scrutin
Benoît Joseph Mouity Nzamba, battu par le candidat PDG, Pierre Nzaou Nziengul, a critiqué, mercredi 12 décembre, "un scrutin truqué à Mougoutsi, ne reflétant en rien le choix libre des citoyens".
LA mésaventure advenue, au premier tour des législatives, au député sortant de Mougoutsi, Benoît Mouity Nzamba, vice-président du Parti gabonais du progrès (PGP), a été ressentie par celui-ci comme une injustice. A priori, il a décidé de ne pas avaler cette pilule sans mot dire.
De retour à Libreville, au lendemain de l'annonce par la Commission provinciale électorale, des résultats du scrutin de dimanche 9 décembre, il a mis en cause l'organisation et l'issue de ces élections au 1er siège de la commune de Tchibanga, et du canton Doughény. Au cours d'un point de presse, qui s'est mué en définitive en une conférence de presse, mercredi 12 décembre, il a expliqué comment, et pourquoi tout donnait à penser que sa défaite avait été programmée longtemps à l'avance.
Le vice-président du PGP a fait valoir que les listes électorales qui auraient dû être "toilettées" par la Commission nationale électorale (CNE) sont revenues, à Tchibanga, telles qu'elles furent concoctées par le Centre technique des élections (CTE). Dans sa démonstration, il a mis en exergue l'existence des "listes non fiables, gonflées pour une opération évidente de truquage de résultats". Pour lui, les doublons et autres triplons ont permis les "votes multiples des personnes".
" Quel crédit accorder à de tels résultats électoraux ?", s'est il interrogé en ajoutant que les listes électorales n'ont hélas été accessibles que lors de "l'ouverture tardive des bureaux de vote".
Il a surtout fait savoir que sa "défaite annoncée" était une prétendue volonté manifeste d'installer des "hommes liges" au service de ce qui apparaît, selon lui, comme une "mafia politico-financière " "s'octroyant tous les pouvoirs locaux et contrôlant toute expression de liberté, encore moins tout esprit d'indépendance."
Face à tout cela, "nous sommes dans l'obligation de résister".
Des sympathisants de cet opposant taxé de marxiste, précipitamment après la débâcle de leur champion, craignaient avant le début de ce point de presse que le député sortant n'indique clairement quelle sera l'attitude de ce dernier. En ce sens, ils ont plus ou moins eu raison, ce d'autant que celui-ci est volontairement resté vague lorsqu'il s'est agi de révéler, si oui ou non, il envisageait un recours à la Cour constitutionnelle. "Cette solution est à l'étude" s'est-il contenté d'avancer.
Benoît Joseph Mouity Nzamba a enfin lancé l'idée de la création d'un mouvement de "démocrates de tous bords, au-delà des appartenances politiques" dans sa circonscription. Celui-ci, mis en place à 1'épreuve des faits se propose de combattre à travers ce qu'il appelle une "guérilla démocratique ininterrompue", toutes les man?uvres susceptibles de freiner l'évolution du processus démocratique si heureusement entamé dans notre pays.
Source : Journal l'Union du 17/12/2001
|