EN sa qualité de président du groupement Gabon presse édition (GPE), l'abbé Noël Ngwa Nguema, directeur de publication de l'hebdomadaire '"Misamu" - toujours suspendu - était face à la presse vendredi dernier à l'hôtel Rapontchombo. Au cours de l'échange avec les journalistes, l'homme d'église, versé depuis quelques années dans l'édition, a vertement dénoncé les "dérives" du Conseil national de la communication (CNC) qui, à ses yeux, brille depuis quelque temps par une volonté affirmée de suspendre les "titres qui gênent".
L'intervenant a saisi l'occasion pour solliciter l'arbitrage du chef de l'Etat auprès de qui lui et ses amis ont d'ailleurs introduit, un recours en grâce pour l'ensemble des journaux suspendus.
En effet, des titres de la presse privée et un média électronique ont été ces derniers mois frappés de suspension à des degrés divers. On citera pêle-mêle "Gabon Show", Radio-Télé Nazareth, "Le Temps°, "Misamu"...
Pour l'abbé, cette façon de faire de l'organe de régulation s'inscrit dans une «logique qui vise à freiner la liberté de la presse». «En prenant le risque de tuer la presse, le CNC prend sur lui la responsabilité de tuer le débat démocratique au Gabon» a déploré le saint homme qui a également qualifié de "honteux", «la distribution arbitraire, voire partisane du fonds d'aide à la presse».
Sur un tout autre plan, l'interlocuteur des journalistes a dénoncé les conditions fixées par le même CNC pour l'attribution de la carte professionnelle de presse dont l'instauration remonte, rappelons-le, au début de l'année écoulée.
Aujourd'hui, aussi bien dans les milieux des médias de service public qu'au sein des organes privés, des voix s'élèvent de plus en plus pour critiquer le CNC qui ferait dans l"'abus de pouvoir". Les observateurs de la scène médiatique gabonaise craignent toutefois une chose: que le Conseil national de la communication, institution mise en place en 1992 dans la foulée du renouveau démocratique, ne se transforme rapidement en "Cimetière national de la communication"