Un groupe de journaux privés gabonais a demandé vendredi à Libreville la levée de l'interdiction frappant plusieurs titres privés, dénonçant l'organe de régulation des médias, le Conseil national de la communication (CNC) comme "un frein à la liberté de la presse".
"Nous sollicitons l'arbitrage du chef de l'Etat, auprès de qui nous avons introduit un recours en grâce pour l'ensemble des journaux suspendus", a annoncé dans une conférence de presse l'abbé Noël Ngwa Nguema, président du groupement Gabon presse édition (GPE).
Rappelant les suspensions de quatre titres de la presse privée par le CNC en 2003 et celles, ces derniers mois, du périodique Gabon Show, de Radio Télé Nazareth et du journal Le Temps, l'abbé Noël a regretté que le CNC ait continué "dans sa logique de freiner la liberté de la presse".
"En prenant le risque de tuer la presse, le CNC prend sur lui la responsabilité de tuer le débat démocratique au Gabon", a-t-il regretté, dénonçant par ailleurs "la distribution arbitraire, voire partisane, du fond d'aide à la presse". "C'est une honte!", a estimé le président du GPE.
L'abbé Ngwa Nguema a enfin annoncé le dépôt devant le Conseil d'Etat d'un recours dénonçant les conditions fixées par le CNC pour l'attribution de la carte professionnelle de presse, instaurée début 2004.
Organe gouvernemental, le CNC est composé de neuf membres: trois sont nommés par le chef de l'Etat, trois par le président de l'Assemblée nationale et trois par le président du Sénat. Le chef de l'Etat choisit le président du CNC parmi ces neuf membres.