POUR METTRE LES CONSTITUTIONS DE PEUPLES HORS D’ATTEINTE DES CHEFS DES ETATS, ON POURAIT ENVISAGER DANS LES REFORMES DE L’ONU DE LES DEPOSER ET PROTEGER AUX NATIONS UNIES.
Washington, USA - Plus d’un demi siècle après sa création, l’Organisation des Nations Unies est aujourd’hui débordée voire fragilisée par des situations qu’il n’était pas possible de prévoir lors de sa création en 1947 au lendemain de la deuxième guerre mondiale.
La principale condition exigible à l’époque pour être membre de l’assemblée générale des Nations Unies était d’être un état proclamé libre et indépendant ; donc disposer d’un territoire, d’un peuple et d’une constitution.
Le but fondamental des Nation Unies était et demeure de veiller au respect des droits de l’homme, de promouvoir le développement et la paix dans le monde et surtout, agissant par l’entremise du conseil de sécurité, de prévenir les conflits et de maintenir la paix entre les membres.
Ainsi donc, par le mécanisme de régulation des relations inter états, il s’agissait surtout de protéger les peuples d’un état contre les impulsions hégémoniques d’un autre état ; il avait certainement échappé aux penseurs de prévoir aussi protéger le peuple d’une nation contre les agissements déloyaux de ses dirigeants.
De nos jours, alors que tous les pays membres de l’assemblée générale des Nations Unies sont déclarés libres et indépendants et possèdent tous une constitution, l’organisation n’a toujours pas atteint ses nobles objectifs mais pire, dort d’un sommeil de plus en plus trouble. Toutes ces conditions d’adhésion étaient bonnes sauf qu’il y a manqué celle qui va suivre. De tous les coins dans le monde, des voix s’élèvent pour en exiger les reformes.
Obnubilés par l’ardant désir de se percher et gesticuler sur la tribune des Nations Unies, les chefs d’états Africains réclament à cor et à cri, deux places supplémentaires au conseil de sécurité comme si pour eux, ceci est le seul moyen et le plus efficace d’instaurer la paix entre les pays Africains, le respect du droit de l’homme envers leur concitoyens, et pour leur propre état, le développement proprement dit.
Ils y vont tous de concert et chantonnent avec une telle ardeur qu’aujourd’hui, ils arriveront certainement à entraîner la communauté internationale dans une hérésie ; celle de croire que la solution Africaine passe par l’attribution à l’Afrique, des nouveaux sièges au conseil de sécurité des Nations Unies. Comment admettre que ce que ces chefs d’états n’ont pu faire pour leur Afrique au sein de l’OUA où ils étaient 50, ils y parviendront au conseil de sécurité où ils ne seront vraisemblablement que trois ?
L’Afrique a-t-elle vraiment besoin de sièges supplémentaires autour de cette table pour solutionner ses maux ? Rien ne permet de répondre par l’affirmative tout au contraire, il serait judicieux de penser que si l’Afrique disposant d’un siège au conseil de sécurité, le nombre de conflits en Afrique a doublé depuis les indépendances, ainsi après augmentation du nombre de sièges au conseil de sécurité, ce nombre croîtra de manière proportionnelle voire exponentielle.
La question quand à savoir si l’octroie des places supplémentaires résoudrait les maux dont souffre notre Afrique, nous exige de répondre à celle de savoir quels sont les problèmes de l’Afrique. Ce n’est qu’après avoir compris et cernés les maux dont souffre notre Afrique que nous pouvons éventuellement comprendre si l’augmentation numéraire de notre présence au conseil de sécurité des Nation Unies pourrait y apporter solutions.
Une lecture synthèse de l’ensemble des conférences de diagnostic sur le mal Africain nous permet de conclure sans ambiguïté que l’Afrique souffre de la pauvreté, du sous-développement, des guerres civiles, des fuites de cerveau, des les migrations forcées, et pour finir, du VIH/SIDA.
D’une manière générale, l’Afrique souffre du manque d’idéal et de vision politiques ainsi que de l’absence totale du sens de patriotisme imputable à ses dirigeants. L’Afrique souffre de l’égocentrisme des chefs des états Africains qui pensent séparément chacun dans son coin, que son pays est le centre de l’Afrique à défaut d’être l’Afrique.
Sans pour autant que cette liste soit exhaustive, il est universellement reconnu que notre Afrique est malheureusement l’intersection où se rencontrent et foisonnent tous les maux de la planète, lesquels maux sont la caractéristique fondamentale du sous développement, ce sous-développement lui-même étant l'aboutissement ultime d'un disfonctionnement chez NOS CHEFS D’ETAT.
Le mal Africain n’est donc pas notre faiblesse numéraire au conseil de sécurité, mais la relation inter Africains, l’absence de vision politique, de la forme déplorable des relations qui lient les chefs d’états Africains à leur concitoyens ; La mal Africain, c’est donc NOS CHEFS D’ETAT.
Au Vatican, dans son Message pour la Journée mondiale de la Paix le 1er janvier 2005, le Pape Jean-Paul II a rappelé que "le mal n’est pas une force anonyme qui agit dans le monde en vertu des mécanismes déterministes et impersonnels. Le mal passe par la liberté humaine. Le mal a toujours un visage et un nom : le visage et le nom des hommes et des femmes qui le choisissent librement".
A Yaoundé, dans son allocution de fins d’années au corps diplomatiques en présence, appelant à la reforme des Nations Unies et plaidant en faveur de l’augmentation des sièges pour l’Afrique au conseil de sécurité, le président Biya du Cameroun a souhaité que "la communauté internationale se mobilise pour ramener à la raison les responsables des drames humanitaires". Je pense qu’il sait pour une fois ce de quoi il parle. (Hé le diable et LE BON DIEU côte à côte ? Non ! L’un dit la vérité et l’autre tend un piège).
Le rétablissement de l'équilibre ou la solution du mal Africain, ne peut se faire qu'en travaillant sur les causes originelles de ce mal que sont nos chefs d’état et eux-mêmes le disent. Rassurez-vous, ce n’est pas de gaîté de cœur que je cite Paul BIYA, mais reconnaissons tout de même qu’il a le mérite de dire de manière implicite qu’il est la cause du mal de son pays et que c’est lui qu’il faut ramener à la raison pour en obtenir solution et par transitivité, sur tous les autres chefs des états Africains.
La solution des problèmes de l’Afrique tels la pauvreté, les guerres civiles, les sous développement, les migrations forcées des citoyens, le VIH/SIDA, est endogène et c’est sur nos chefs qu’il faudrait agir.
Ce sont les barrières auxquelles ils pourraient se heurter qui freineraient les élans de nos chefs d’états. Il faut les empêcher des poser les actes aux conséquences antagonistes aux objectifs des Nations Unies.
Cette proposition, tout en affichant l'ambition d'être rigoureuse sur les plans politique et économique, suggèrera aux spécialistes, analystes et décideurs de la communauté internationale, une approche de solution efficace de la lutte pour le maintien de la paix dans le monde, de la lutte en vue de la réduction des migrations forcées vecteur incontestées de la pauvreté ainsi que du VIH/SIDA, solution qui n’est certainement pas l’attribution des sièges supplémentaires à l’Afrique.
Pour des raisons aux contours forts fuyants mais sommes toutes identiques, l’intolérance, l’avidité et la soif insatiable du pouvoir des chefs d’états Africains, poussent des millions de leur concitoyens à abandonner derrière eux leurs biens, leur terre ou leur pays d’origines pour se jeter dans la nature sans lendemain, sans abris et sans logis, à la merci des intempéries, des risques inimaginables aux conséquences insoutenables.
Au regard des évènements ayant cours au TOGO, à travers une correspondance de Thierry Amougou depuis Bruxelles, le journal électronique Cameroun-info.net dans son édition du 14 février 2005, a titré : A quoi sert la constitution en Afrique subsaharienne ? D’entrée de jeu le célèbre auteur de l’article dit je cite « Quoiqu’elle soit aujourd’hui jugée peu satisfaisante et inachevée par la société civile occidentale, la démocratie représente tout de même une grande avancée en ce sens que contrairement à l’Ancien Régime, elle permet au peuple d’être acteur de son histoire et maître de son destin par délégation de pouvoir »…..
Comme moi, vous avez certainement lu «… par délégation de pouvoir ». De tout temps, la constitution d’un pays a été l’instrument de manifestation de la souveraineté du peuple. Tout peuple manifeste sa souveraineté en délégant le pouvoir à ses dirigeants pour protéger et faire respecter sa constitution qui, une fois adoptée, pouvoir est délégué aux dirigeants pour la protéger et en veiller au respect. C’est ainsi que lors de la prise de fonction, tout chef d’état prête serment devant DIEU et les hommes, et jure de protéger et de faire respecter la constitution de son pays.
Aux États-Unis par exemple, bien contenant des clauses rendant impossible toute modification à des fins personnels voire lobbyistes, l’étalon de la constitution est écrit sous forme pratiquement inaltérable puis placé dans un coffre fort réputé inaccessible. Le coffre fort est à son tour placé dans un palais truffé de sécurité électronique, et l’ensemble ensuite placés sous haute surveillance des marines hautement armés et délimitant une zone de haute sécurité infranchissable même par le chef de l’état qui ne peut y accéder que par des méthodes et procédures biens précises, d’autant plus qu’il n’a pas le pouvoir d’y accéder à volonté. Question de dire que la constitution non seulement s’auto protège textuellement, mais encore la volonté du peuple lui concède un protocole de garde physique qui atteste son caractère précieux.
Toute constitution est une arme redoutable si elle vient à se retrouver à la portée d’un seul homme. Une façon de dire qu’en Afrique, la constitution est à la merci du premier vandale fut-il chef d’état, lequel vandale s’arroge unilatéralement droit de la tailler à sa mesure à défaut de la confisquer purement et simplement. C’est donc la manipulation volontaire encore appelée violation de la constitution qui est le noyau central des maux Africains et nos chefs d’états la principale cause.
En Afrique comme partout ailleurs, il suffit de tenter de changer un seul iota sur la constitution d’un état pour provoquer des troubles sociaux pouvant aller jusqu’à la guerre civile, laquelle guerre à son tour entrave toute économie, ralenti ou détruit tout développement non sans provoquer des migrations forcées des citoyens, qui concentrés dans des camps sont les cercles de développement et de propagation par excellence du VIH/SIDA.
Quelle économie trouve t-on dans les camps de réfugiés ? Quelle situation sanitaire, quel droit de l’homme ? On ne saurait parler d’économie, de développement, de santé et de paix dans tout pays en état de trouble consécutif à la violation de sa constitution. A travers cette imagerie, ne voyez-vous pas encore l’avalanche des maux dont souffre notre Afrique ?
En réalité, le mal Africain réside donc dans la vulnérabilité des constitutions des états Africains et le nombre de sièges Africains au conseil de sécurité ne peut pas empêcher un chef d’état Africain de violer la constitution de son pays. Seule la protection de la constitution par les nations Unies peut dissuader le zèle d’un chef d’état à tailler une constitution à sa mesure au mépris des troubles sociaux y consécutifs.
Généralement arrivés au pouvoir à la suite d’un hold-up électoral si ce n’est un coup d’état sanglant, ces hommes qui nous gouvernent sont à tel point conscients de leur forfaiture qu’ils en sont à commettre une de trop pour se doter d’une immunité post-mandat à vie. Après avoir caressé de manière éhontée le rêve d’une transmission oligarchique du pouvoir, ils perdent de vue que les Généraux PINOCHET et MOUBOUTOU bien que « immunisés à vie » sont mort de tourments.
Il faut les convaincre à apprendre à marcher la tête haute en Afrique après leur passage ’’patrioticide’’ à la tête d’un état. Ce n’est pas la constitution taillée sur mesure qui les protègera mais la grâce du peuple, sa décision de respecter sa constitution en dépit de tout. DE CLERK en sait quelque chose,
Parlant de cette autre insanité politique ayant cours au TOGO, le respect de la constitution a été demandé à maintes reprises par tous les intervenants y compris la France qui par la voix de son président a appelé dixit «au respect de la constitution ».
Le mal Africain c’est l’impulsion que possèdent les dirigeants de s’emparer ou de violer les constitutions sous le regard prétendu impuissant de la communauté internationale. Il était donc impossible en 1947 lors de la création du système des Nations Unies, d’intégrer dans les pensées stratégiques, que la constitution d’un état pourrait à l’avenir être violée par ceux là mêmes chargés de la protéger et mettre ainsi en péril le devenir de l’humanité dont les Nations Unies ont l’auguste devoir de protéger.
L’exemple de la protection aux États Unis met la constitution à l’abri de toute velléité fut t-elle de son gardien le chef de l’état. A quelques exceptions près, les chefs des états des pays Africains sont par nature tous «des constitutionivores invétérés » et présentent donc très peu ou pas du tout de garanti à la protéger ; alors pourquoi dans les reformes ne pourrait-on pas envisager de « déposer et protéger tel un brevet des peuples, les constitutions des états Africains auprès des Nations Unies » ?
La reforme actuelle des Nations Unies gagnerait à intégrer non seulement le dépôt, mais aussi l’obligation d’avoir une constitution intégrant les solutions acceptables sur un certain nombre de points qui expliquent les élans ’’constitutionivores’’ de nos chefs d’états.
L’ONU doit se doter alors de tous les pouvoirs pour agir et arriver à temps sur le terrain et sauver des âmes en péril, et nom lorsque l’incompréhensible désastre est consommé. (Rwanda, Kosovo). C’est ça aussi la prévention.
En cas de violation de constitution, l’embargo, les sanctions diplomatiques ou économiques sont depuis longtemps dépassées. Ils n’ont de nos jours aucun effet sur chefs d’états à vaincre, mais plutôt un effet dévastateur sur les peuples. (Irak, Libye, Cuba.)
Ceci est techniquement possible avec les mêmes principes qui motivent le dépôt du brevet d’une invention dans un système des nations Unies, la constitution d’un peuple peut être admise à protection par les Nations Unies puisque à ce jour elles sont victimes de ceux là mêmes qui sont chargés de la protéger. Ce qui entrave totalement la mission des Nations Unies et ses Organisations annexes.
Le programme de bonne gouvernance, de gestion transparente, les initiatives PPTE, la réduction ou l’épongement des dettes n’ont à ce jour apporté aucune amélioration substantielle à la destruction du tissu économique des états Africains qui s’enfoncent sans cesse.
Les pays soumis à ces programmes sont ceux-là mêmes qui posent problème. Ils y sont arrives parce que quelque part les dirigeants ont manqué de respect à leur constitution. Ils peuvent être les seuls concernés par le dépôt de leur constitution aux Nations Unies
Comment ne pas admettre que le respect (disons ici protection) d’une constitution est un indice de crédibilité du gouvernement, de stabilité qui bien sûr ne saurait être confondue avec longévité au pouvoir. La longévité au pouvoir n’est pas synonyme de stabilité politique, c’est plutôt le meilleur indicateur d’une explosion sociale retardée. (TOGO, RD-CONGO etc.) Bientôt le Cameroun.
Lors de la création des Nations Unis en 1947, pour être admis membre des Nations Unies, il fallait être une nation libre et indépendante, disposer d’une constitution. Ces critères ne sont plus suffisants à ce jour pour permettre à l’ONU d’atteindre ses objectifs. La communauté internationale gagnerait à intégrer comme autre condition faire homologuer et déposer cette constitution, mieux pour des raisons humanitaires, être prompt à intervenir en cas de violation.
Le débat sur la protection des constitutions comme gage certain de paix et de développement est ainsi ouvert et lancé. Près d’un demi-siècle après sa création, les reformes des Nations Unies s’imposent, le devoir nous appelle tous à contribuer chacun à son niveau à l’amélioration de la structure stratégique qu’est l’ONU.