L'Opération de révision de listes électorales initiée depuis le 1er janvier 2005 par le ministère de l'Intérieur prend fin le 31 mars prochain, date ultime au terme de prend laquelle la liste nationale électorale sera vidée de ses aspérités, doublons et autres erreurs, avant son affichage en vue des prochaines élections politiques qui doivent avoir lieu en décembre 2005 et au cours de l'année 2006.
Plus que deux semaines restent pour connaître le nombre réel des électeurs devant prendre part au vote. Ces deux semaines à venir sont donc cruciales pour le département en charge des opérations électorales qui devra finaliser sa campagne de sensibilisation à travers les médias audiovisuels des secteurs public et privé, la presse et les affiches. Ces quinze prochains jours seront tout autant cruciaux pour les chefs de quartiers mis à contribution par ce même ministère, ainsi que pour les acteurs et partis politiques concernes au premier chef par le vote de leur candidat lors des prochaines élections politiques.
Ces différents acteurs impliqués dans le jeu politique et électoral devront tous intensifier la mobilisation afin, d'amener leurs compatriotes à s'inscrire massivement sur les listes électorales. Et lutter de la même façon contre le phénomène de l'abstention qui constitue au Gabon et même dans les plus vieilles démocraties, un véritable danger pour l'expression du suffrage et la vie démocratique.
RAISONS. L'abstention dont la lutte est aujourd'hui au centre de toutes les campagnes peut être définie comme étant le fait qu'un citoyen ou un groupe de personnes refusent à la fois de s'inscrire sur une liste électorale et de voter. Sous un autre angle, elle peut aussi être le fait qu'un individu inscrit, refuse de prendre part au vote. Ce refus exprimé est une négation du devoir civique qui est celui de voter au cours d'une consultation politique en vue de la désignation des élus locaux et/ou nationaux, du président de la République et même lors d'un référendum portant sur une question fondamentale qui engage l'avenir du pays.
Aujourd'hui, l'ampleur du phénomène, pour ne pas dire la crainte qu'il suscité au sein des état-major, politiques et des administrations électorales, devrait amener les uns et les autres à s'interroger sur les raisons profondes de cette abstention dont on parle beaucoup dans le pays aujourd'hui. Des questions devraient également être posées sur les motivations de nombreux compatriotes qui refusent de prendre part au vote et à s'aliéner le processus démocratique en cours dans notre pays depuis une quinzaine d'années. Pourtant, conscients ou non (c'est selon) de ce qu'une élection à faible participation au vote fausse la vision que l'on peut avoir de la poursuite du processus démocratique d'un pays, et singulièrement de celui du Gabon.
SANCTION• Dans cette optique, la compréhension des ressorts du phénomène de l'abstention dans notre pays devrait passer par une analyse de la pratique quotidienne de la politique dans notre pays. Un exercice au cours duquel une nécessaire identification des acteurs politiques, élus locaux et nationaux, c'est-à-dire, les députés et sénateurs qui ont été lors des dernières consultations électorales face à leurs électeurs, devrait être opérée. Laquelle identification devrait être suivie d'un examen critique sur le déroulement des dernières campagnes électorales. Démarche analytique indispensable afin de cerner réellement les comportements de ces acteurs au contact du peuple souverain. Et qui les a poussés, avec autant de hargne et de rancoeur, à préconiser l'abstention comme sanction forte à infliger à toute la classe politique gabonaise. Et comme le refus des attitudes et autres comportements d'élus locaux et nationaux qui sont présentés devant eux pour briguer leurs suffrages.
Si tel est le cas, nul doute que cette sanction sera de mise lors de la prochaine élection du président de la République. Les candidats à cette importante consultation électorale méritent-ils cela ? Est-il normal, dans ce contexte que les populations gabonaises, le système démocratique gabonais, notamment l'expression démocratique basée sur le vote, pâtissent des erreurs, comportements et de la pratique politique qui a caractérisé les dernières consultations électorales ? Autant d'interrogations qui devraient susciter, au-delà des différentes campagnes de sensibilisation, une réelle prise de conscience sur le phénomène de l'abstention dans notre pays et ses conséquences sur la vie démocratique gabonaise.