Après la démonstration de force du 12 mars 2005, le Parti démocratique gabonais se doit, dans la perspective de la présidentielle, de maintenir les troupes en éveil, son unité et sa cohésion, et d’amener le gouvernement à répondre davantage aux attentes des populations.
Au lendemain de la célébration de son 37e anniversaire au cours duquel le Parti démocratique gabonais a démontré sa capacité de mobilisation, la question qui taraude aujourd'hui les esprits est de savoir si le parti au pouvoir parviendra à relever le défi de la mobilisation générale en vue de la présidentielle de fin d'année 2005 ?
Dans plusieurs milieux politiques où la démonstration de force enregistrée les 12 et 13 mars derniers a été perçue comme un acte positif et un véritable signe de vigueur de la principale formation politique du pays, nombreux sont les acteurs politiques qui estiment que le maintien de cette dynamique jusqu'aux prochaines joutes électorales, exige de ce parti qu'il se donne les moyens de garder les troupes en éveil et d'aider le gouvernement à répondre davantage aux attentes des populations gabonaises.
Pour ce faire, le PDG qui a pourtant su se positionner au mieux dans le système de compétition politique de mise depuis quinze ans aujourd'hui, se doit de résoudre le problème relatif à l'élargissement de sa base électorale. Cette option exige de cette formation politique qu'elle maintienne jusqu'au bout l'opération de sensibilisation lancée sur l'ensemble du pays en vue d'amener ses militants et d'autres compatriotes à s'inscrire sur les listes électorales.
A côté de cette action qui devra prendre fin dans une semaine, les instances dirigeantes du parti doivent déployer une action forte pour améliorer le fonctionnement du parti. Ce, en améliorant les rapports en son sein, notamment entre la base et la hiérarchie locales et les différentes instances.
Cette étape indispensable devrait permettre au parti de mieux imprimer la dynamique souhaitée à l'action gouvernementale. Face à ces nombreux défis qui se posent à la hiérarchie de la principale force politique du pays, un haut cadre sous couvert d'anonymat, indique qu'il est nécessaire et urgent aujourd'hui que les instances dirigeantes mettent plus sérieusement en œuvre les grandes orientations politiques issues du Congrès de la refondation des 19 et 20 juillet 2003 et du Conseil national de février 2004.
Lors de ces importantes assises, le président-fondateur avait clairement défini des axes clairs à toutes les composantes en insistant davantage sur la cohésion, le respect de la discipline du parti et l'indispensable concertation entre les différents pôles du pouvoir entre les mains des pédégistes.
INDISCIPLINE. Or, dans plusieurs fédérations du parti la dynamique voulue depuis lors par Omar Bongo Ondimba se heurte encore, le plus souvent, à une sorte de fracture entre certains cadres, hauts cadres et leurs bases militantes qui très souvent ne se reconnaissent pas dans les attitudes égocentriques, les ambitions démesurées affichées par certains dirigeants locaux ou nationaux du parti, c'est selon.
Les actes d'indiscipline non réprimandés sont légions et donnent du coup, dans les rangs l'impression négative de l'impunité au sein du parti. Effectivement, il n'est pas nouveau de voir, dans certaines circonscriptions politiques, des acteurs locaux se livrer une guerre sans merci pour le leadership qui divise les instances locales et militants locaux partagés entre les différents protagonistes.
Et même des militants, surtout des hauts cadres fouler aux pieds les textes qui régissent le parti sans êtres sanctionnés. Une situation qui fragilise la cohésion des forces et qui, si elle persiste, risque d'avoir une influence négative sur le degré d'engagement, de mobilisation des troupes lors du prochain vote pour lequel ils appellent encore à la candidature du président Bongo Ondimba.
RESPONSABILITES. Au plan de la concertation entre les pôles du pouvoir, l'absence de procédures de mise en place et de fonctionnement du Comité de concertation au sein du parti, pose un problème de cohésion entre les instances dirigeantes du parti, le Parlement et le gouvernement.
A ce niveau, la recommandation faite par les parlementaires du groupe PDG à l'Assemblée nationale lors des journées organisées à Lambaréné les 24 et 25 février derniers, s'impose aujourd'hui plus qu'avant en vue d'une harmonisation de leurs actions respectives. L'application de celle-ci serait, en tout cas importante, pour le maintien de la dynamique unitaire et pour l'efficacité de l'action politique.
Celle-ci permettra au PDG, qui par sa position de parti au pouvoir a des responsabilités particulières vis-à-vis des Gabonais, d'engager le gouvernement Ntoutoume Emane à prendre, plus que par le passé, en compte les attentes du peuple, ses préoccupations et ses besoins les plus cruciaux.
A ce niveau, l'enjeu est de concrétiser et de finaliser les idées sociales, économiques fortes contenues dans le Pacte national de Solidarité et de développement sur la base duquel le président Bongo Ondimba a été élu en 1998.
Les pédégistes ne devraient pas oublier que l'action politique du président Bongo Ondimba, s'il se portait à nouveau candidat, sera jugée à l'aune des acquis, certes, assez nombreux. Mais, au cours du septennat qui prend fin cette année, ceux-ci méritent, en tout cas, d'être renforcés, indiquent des nombreux hauts cadres et surtout parlementaires du PDG, relayant ainsi les préoccupations de leurs électeurs.
C’est du moins, un sentiment partagé par plusieurs élus nationaux en phase avec l'objectif partagé au plus haut niveau du pays et principalement par le chef de l'Etat, Bongo Ondimba. Ce but exige des efforts supplémentaires dans plusieurs domaines. Au niveau de la santé publique, du social et au plan économique, principalement dans la lutte contre la précarité, l'accès aux soins, aux médicaments, la protection sociale, l'aménagement urbain à travers le programme des fêtes du 17 août et le chômage, pour ne citer que ceux-là.
Des éléments positifs à mettre à l'actif de la politique menée par le président de la Répub1ique, lui-même.
Reste qu'à neuf (9) mois de l'échéance capitale du vote du président de la République, il est évident que la bataille du parti au pouvoir, qui a l'ambition de faire élire son président-fondateur, doit l'amener plus que par le passé à impulser une action forte au sein du gouvernement afin qu'il dope son action sur le terrain, apporte des réponses davantage concrètes aux préoccupations des Gabonais.