A mesure que l'échéance présidentielle se profile à l'horizon, le landerneau politique national vit à l'heure de ce scrutin capital pour l'avenir du pays, au regard de l'intense activité déployée par l'ensemble des formations politiques du Gabon.
Au moment où le camp présidentiel se lance sur le terrain pour appeler à la candidature d'Omar Bongo Ondimba et engage une croisade contre l'abstention en invitant les Gabonais à aller se faire inscrire sur les listes électorales, l'opposition semble avoir décidé de faire durer le suspens sur sa participation à cette consultation électorale prévue cette fin d'année.
Effectivement après le silence stratégique affiché par les autres formations politiques qui éludent quasiment la question lors de leurs différentes sorties publiques, le Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ) de Jules-Aristide Bourdès Ogouliguendé s'est inscrit dans la même logique lors d'une Assemble générale tenue samedi dernier à Libreville. D'autant qu'au cours de cette rencontre organisée à Petit-Paris, en présence des responsables des forces politiques du Front des partis du changement (FPC), réduit désormais à trois (RNB, CDJ, URDP de Malolas), suite au départ de Max Mebalé qui a rejoint le camp de la majorité présidentielle dernièrement, Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé ne s'est nullement prononcé sur une éventuelle candidature. Ou encore un quelconque soutien de son parti à une candidature à la prochaine l'élection présidentielle de 2005 qui cristallise déjà l'attention de tous les acteurs politiques.
TRANSPARENCE• Nul ne sait donc encore si le CDJ présentera un candidat ou s'il préférera soutenir une candidature issue des rangs du Front des partis du changement. M. Ogouliguendé et les autres hauts cadres du CDJ se gardent encore de fixer définitivement l'opinion nationale et internationale sur leur position. Le leader cédéjiste arguant de ce que le Congrès pour la démocratie et la Justice se déterminera lors d'une rencontre qui sera organisée dans les prochaines semaines.
«Je ne peux pas vous dire aujourd'hui si le secrétaire général du CDJ (Ogouliguendé) a des ambitions d'être ou non candidat à l'élection présidentielle, avant le congrès. C'est le congrès qui déterminera s'il peut d'abord présenter un candidat».
Une position qui marque bien la volonté du CDJ et plus généralement des autres partis de ne pas dévoiler leurs stratégies dix mois avant la tenue de cette échéance capitale. Pour autant, cela ne l'a pas empêché d'aborder avec la presse la question préjudicielle. de l'organisation de ce vote. En effet, samedi dernier, le secrétaire général du CDJ a remis au goût du jour les critiques de son parti portant sur les conditions dans lesquelles les précédentes élections politiques ont été organisées dans le pays. Jules-Aristide Bourdès Ogouligendé s'est effectivement élevé contre le tripatouillage des élections depuis 1990 qui commence, selon lui, par la manipulation des listes électorales.
ANTIENNE. Il a déclaré que son parti a toujours plaidé pour l'élaboration dans notre Pays d'un Code électoral qui garantisse une totale transparence électorale et des élections libres, justes et honnêtes. Estimant, d'ailleurs que l'actuel Code, pourtant élaboré au terme du consensus de la classe politique gabonaise réunie à l'initiative du président Omar Bongo Ondimba, favorise le maintien au pouvoir du régime actuel. «Les dispositions actuelles du Code électoral sont des dispositions qui permettent la magouille électorale (...)».
Aussi s'est-il interrogé sur la nécessité de suggérer aujourd'hui une modification de .plus du Code électoral, regrettant le peu de temps qui reste avant la Présidentielle et les législatives prochaines. Un é situation,qu il déplore, arguant que la responsabilité du gouvernement est engagée dans le désintérêt observé actuellement pour le vote. «Les Gabonais ne croient plus à la vérité des urnes».
Une antienne connue dans la stratégie pré-électorale du camp de l'opposition résolue; et c'est de bonne guerre, à mettre la pression en cette période de préparatifs sur les tenants du pouvoir en place. Mais cette rengaine ne cache pas moins une volonté du CDJ ,de voir les prochains scrutins se tenir dans des conditions de transparence.