L'INSÉCURITÉ récurrente qui prévaut dans notre pays, et singulièrement à Libreville, ne laisse personne indifférent.
A la faveur d'une déclaration de presse rendue publique dernièrement à son siège, c'est l'Union du peuple gabonais (UPG), de Pierre Mamboundou, par la voix de son secrétaire exécutif, M. Mathieu Mboumba Nziengui, qui est montée au créneau pour dénoncer ce phénomène qui s'enracine dangereusement dans notre pays, avec pour conséquence aujourd'hui : une réelle psychose au sein de la population qui se sent désormais menacée, où qu'elle se trouve.
Pourtant reconnue par la virulence de sa critique des tenants du pouvoir et des actions initiées par le gouvernement, cette formation politique a surpris l'opinion. Elle a énoncé une démarche participative à la lutte implacable que les plus hautes autorités du pays ont décidé de mener une fois de plus contre ce fléau en faisant des propositions pour "éradiquer e grand- banditisme dans nôtre pays".
PROTECTION. Dans le communiqué lu devant la presse nationale, cette formation politique estime que l'éradication de ce fléau aujourd'hui récurrent, ne pourrait s'obtenir par des interventions militaires ponctuelles, mais plutôt, estime t-on, par «la définition d'une véritable politique de sécurité basée, entre autres, sur la lutte contre la délinquance juvénile, contre l'immigration clandestine, le trafic d'armes, les réseaux de prostitution, de fausse monnaie», etc.
De même, l'UPG propose la "réforme de la police", laquelle proposition n'est en soi pas nouvelle, si l'on s'en tient au chantier ouvert par le cabinet Ntoutoume Emane depuis quelques années. Et la formation, le recyclage, la mise en place d'une police scientifique, l'ouverture de la police aux universitaires, l'utilisation du personnel spécialisé dans la protection des personnes et des biens en zone urbaine et par une dotation en équipement roulant et en moyens de communication, des unités de police, sont, entre autres, quelques-unes des solutions soulevées.
RESPONSABILITES• L'Union du peuple gabonais a aussi fait allusion à une "justice impartiale, non soumise à la pression politique", ainsi que des sanctions à prendre contre les «agents ripoux». Sur ces questions, le parti de Pierre Mamboundou, estime que l'application rigoureuse par le pouvoir des solutions, énoncées plus haut, serait de nature à faire baisser sérieusement l'insécurité dans notre pays.
Abordant l'opération actuelle caractérisée par le déploiement observé sur le terrain des forces de première et de deuxième catégorie, ce parti de ce qui reste du Haut conseil de la résistance, dénonce "l'absence des fondements légaux d'une telle opération où sont mêlées ces forces". Estimant que l'utilisation des forces de sécurité et de défense en temps de paix, pour maintenir l'ordre, est à l'origine de multiples bavures. Malgré ces critiques, cette formation reconnaît tout de même que "l'action menée actuellement s'inscrit dans le cadre des responsabilités que confère la Constitution, aux fins d'assurer la sécurité des personnes et des biens en République gabonaise".