Un intermédiaire, un avocat parisien et un "homme de main" ont été écroués jeudi à Paris avec pour point commun de leurs déboires judiciaires d'importantes transactions d'or de la famille du président gabonais Omar Bongo Odimba.
Deux de ces transactions se sont mal terminées. Les clients ont été frappés et dévalisés par deux des suspects, a-t-on appris vendredi de source policière et judiciaire.
L'affaire, qui a débuté à Paris le 26 août dernier, a été qualifiée opar ces sources de "complexe, sensible", et elle est digne d'un roman policier.
Au début, les enquêteurs travaillaient sur la base d'une plainte déposée par un homme d'affaires parisien, qui a été agressé et dépouillé par deux hommes au cours d'une transaction d'or.
Cette transaction, selon lui, concernait une dizaine de kilos d'or contre 100.000 euros et les deux malfaiteurs ont tout pris, or et argent.
Moins banale est l'origine de l'or, la personnalité des deux suspects et ce qui va être découvert par la suite quand la police va dérouler le feuilleton de cette affaire.
L'un des agresseurs présumés, celui qui a porté les coups et qui n'a pas été identifié, a été qualifié par les enquêteurs "d'homme de main" professionnel.
L'autre, Olivier B., 36 ans, officiellement domicilié au Tchad, son présumé commanditaire, présent sur les lieux, s'est présenté comme étant chargé d'affaires pour la famille Bongo.
Il a précisé être le commanditaire de l'un des fils de la famille Bongo, qui lui aurait confié une mission, entre janvier et juin 2002, liée à des transactions d'or provenant du Congo et appartenant à la famille contre des devises.
Ces transactions revenaient à chaque fois 100.OOO et 150.OOO euros contre une dizaine de kilos de lingots.
Une dizaine de transactions ont eu lieu, selon ces sources, et les enquêteurs ont soupçonné au début de leur enquête qu'il s'agissait de contrebande d'or et de blanchiment d'argent. Cette piste n'a pas encore été totalement abandonnée, ont précisé ces sources.
Olivier B. aurait voulu doubler la famille Bongo et garder l'argent des transactions pour lui avec l'aide d'hommes de main, selon ces sources, ajoutant que cette hypothèse des enquêteurs serait encore retenue par les enquêteurs.
Les transactions ont été effectuées à Paris par l'intermédiaire d'un avocat parisien, Stéphane Boulin, 52 ans.
Celui-ci est présumé s'être chargé de trouver les clients et a été mis en examen, dans ce dossier, pour "vol avec violences en réunion, recel de vol aggravé, association de malfaiteurs en vue de préparer un vol en réunion, blanchiment aggravé, faux et usage de faux".
Les trois hommes ont été écroués.