N'ayant pas subi une cure de jouvence ces dernières années, cette voie de communication se transforme lentement en une véritable piste d'éléphants. Au grand dam de ses usagers.
TROUVER un moyen de transport, à partir d'Avorbam (nord de Libreville), pour se rendre au Ca Estérias - à quelque 27 km de la capitale - n'est plus une sinécure. En effet, le mauvais état de la route qui relie ces deux localités rebute désormais les automobilistes. Ceux-ci préfèrent ne plus s'y aventurer pour ne pas abîmer leurs véhicules. Car, cette voie de communication s'est considérablement dégradée, au point de ressembler à une piste d'éléphants.
En réalité, la route du Cap Estérias n'a plus subi une véritable cure de jouvence ces dernières années. En l'absence donc d'un entretien permanent, elle est devenue sur certains tronçons une piste qui ferait le bonheur des amateurs de rallyes. Des trous parfois profonds truffent la chaussée. Pour y circuler, l'automobiliste doit se livrer à un exercice fastidieux de zigzags, comme un ivrogne cherchant son chemin.
Mais une mauvaise appréciation du terrain peut entraîner la détérioration du véhicule. Le réservoir, le carter et les amortisseurs, peuvent en prendre un sérieux coup après que le véhicule est violemment tombé dans un trou ou a heurté les dos d'ânes créés par l'action corrosive des eaux de pluies diluviennes. Devant cette situation, nombreux sont les automobilistes qui préfèrent ne plus s'y aventurer:
Toutes choses qui pénalisent sérieusement les habitants du Cap Estérias. Lesquels passent désormais des journées entières sans voir 'ombre d'un véhicule en provenance de Libreville. Pour-. tant, ce bourg est un site touristique magnifique. Les plages ensoleillées, les bancs de sable, en ont toujours fait une destination très prisée.
Mais ces derniers temps, le mauvais état de la route rebute désormais les touristes. Les rares véhicules qui s'y aventurent sont ceux des personnes qui ont construit au Cap Estérias ou celles qui y vont souvent chercher leur salut chez des tradipraticiens, dans des campements construits dans la forêt environnante.
Les touristes se font de plus en plus rares. Bars, restaurants et hôtels sont vides, même les week-ends. Une femme d'affaires française installée depuis des années nous a confié qu'elle s'apprête à plier bagages pour aller s'établir ailleurs, en raison du mauvais état de la route qui constitue désormais un frein à la prospérité de son complexe touristique. Un Libanais s'est dit prêt a lui emboîter le pas.
À quand donc la réfection de cette voie de communication très fréquentée les week-ends, en attendant (?) la construction de la fameuse autoroute à quatre voies promise par les pouvoirs publics, mais qui tend à ressembler à un serpent de mer ?